ERP et gestion financière
Facture électronique : objectif septembre 2026… et après !
12 mai 2026
1. Les entreprises se disent prêtes mais toutes ne maîtrisent pas encore la réforme
Avec Vianney Donadoni, Product Marketing Manager chez Cegid
Vianney Donadoni souligne un paradoxe. Selon une étude Ipsos, 71 % des entreprises déclarent être prêtes pour la facturation électronique. Mais lorsqu’on entre dans le détail, seules 39 % affirment maîtriser parfaitement la réforme. Entre les deux, beaucoup reconnaissent encore des zones d’ombre.
Ce décalage se vérifie aussi sur le terrain. Le faible niveau d’inscription à l’annuaire des entreprises concernées montre que la préparation réelle reste inégale. Ce n’est pas seulement un sujet de calendrier. C’est le signe que beaucoup d’organisations n’ont pas encore pleinement mesuré l’ampleur du chantier. La réforme dépasse largement la simple émission ou réception de factures. En effet, elle touche les processus, les données, les outils et l’organisation interne.
2. La menace des sanctions : l’indulgence sera limitée dans le temps
Avec Sabrina Hué, Directrice de projet RFE chez KaOra Partners et Karine Lacombe, Product Marketing Manager Cegid XRP Ultimate chez Cegid
La question des sanctions a également été abordée. Si les sanctions existent, les pouvoirs publics semblent privilégier une logique de montée en charge progressive. L’objectif n’est pas de sanctionner brutalement dès le 1er septembre 2026, mais de pousser les entreprises à s’engager réellement dans la mise en conformité.
« La distinction importante se situe entre les entreprises de bonne foi, qui auront lancé leur démarche mais rencontreront encore des difficultés, et celles qui n’auront rien engagé. »
En 2027, les contrôles risquent de viser en priorité les organisations qui :
- n’auront pas choisi de plateforme agréée,
- n’auront pas adapté leur système d’information,
- n’auront pas montré d’avancement concret.
Autrement dit, il ne s’agit pas de tout maîtriser immédiatement, mais de pouvoir prouver que le chantier est lancé, structuré et suivi.
Je visionne le replay de l’événement RFE & ERP innovation day, de Cegid !
3. Le cas spécifique du double circuit
Avec Sabrina Hué, Directrice de projet RFE chez KaOra Partners et Karine Lacombe, Product Marketing Manager Cegid XRP Ultimate chez Cegid
Un point a particulièrement été évoqué : le double circuit. En effet, que se passe-t-il si une entreprise est prête à émettre une facture via sa plateforme agréée, mais que son client n’a pas encore choisi la sienne ?
Le dispositif prévoit cette situation. L’entreprise émettrice pourra déposer sa facture via sa propre plateforme agréée et remplir ainsi ses obligations vis-à-vis de l’administration fiscale. En revanche, si le client n’est pas encore en capacité de la recevoir, un duplicata devra lui être transmis par un autre canal, par exemple par mail ou par courrier.
Cette configuration présente un risque opérationnel : le double circuit. « Une même facture pourra exister dans la plateforme agréée, mais aussi circuler sous forme de duplicata hors plateforme. Les équipes devront alors veiller à la traçabilité, au suivi des statuts et surtout à éviter la double comptabilisation. »
4. Pourquoi la réforme concerne directement l’ERP
Avec Vianney Donadoni, Product Marketing Manager chez Cegid
Pour Vianney Donadoni, « la réforme de la facturation électronique est l’une des plus structurantes pour les ERP depuis le passage à l’euro. » La raison est simple : les processus de facturation ne sont pas portés uniquement par une plateforme agréée. Ils vivent dans l’ERP par lesquels transitent justement les factures.
Alors que certaines entreprises pensent que la plateforme agréée prendra en charge toute la conformité, il est essentiel de rétablir la réalité des faits : la PA assure surtout la transmission, les échanges et le lien avec l’écosystème réglementaire. La conformité des processus, elle, dépend de la qualité des données, des règles de facturation, des référentiels clients et fournisseurs, des cas d’usage métier et de leur intégration dans l’ERP.
C’est pourquoi Cegid met en avant l’intérêt d’une plateforme agréée intégrée aux ERP. « L’objectif est de limiter les ruptures, les interfaces supplémentaires, les coûts de maintenance et le désalignement entre les systèmes. »
A noter : une plateforme agréée tierce peut avoir du sens dans certains contextes, notamment lorsqu’une entreprise dispose déjà d’une solution de dématérialisation entrante. Mais elle peut aussi ajouter de la complexité si elle est insuffisamment connectée aux processus de facturation sortante.
Focus sur le lien entre la RFE et l’ERP, et comment vivre une réforme plus sereine et productive !
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5. Ce qu’il faut faire pour sécuriser son passage à la facturation électronique
Avec Jean-Baptiste Auzou, Chief Product Officer, Cegid
Jean-Baptiste Auzou propose une feuille de route pragmatique.
Étape N°1 : clarifier sa trajectoire ERP. L’entreprise doit décider si elle conserve son ERP actuel, si elle ajoute une brique temporaire ou si elle engage une modernisation plus profonde.
Étape N°2 : tester au bon moment. Tester trop tôt peut être difficile, car toutes les plateformes agréées ne sont pas encore totalement prêtes. Mais attendre trop longtemps serait risqué. Les mois de juillet, août et septembre 2026 seront déterminants pour valider les flux et identifier les ajustements nécessaires.
Étape N°3 : sécuriser les cas complexes. Ils ne sont pas toujours nombreux, mais ils peuvent concerner des situations critiques pour l’activité. Il faut donc les identifier, les documenter et prévoir, si nécessaire, des solutions de contournement temporaires.
Étape N°4 : La qualité de la donnée reste centrale. On parle ici des adresses, des bases clients, des informations de facturation, de la TVA, etc… Sans données fiables, centralisées et traçables, la réforme sera plus difficile à absorber et sera une épine dans le pied de plus des équipes finance déjà très sollicitées !
Conclusion
La réforme de la facturation électronique met en lumière le rôle structurant de l’ERP, la maîtrise des données et la cohérence des processus financiers. Pour aborder sereinement l’échéance de 2026, il est essentiel d’avoir une feuille de route très claire sur son SI finance et ses évolutions à plus ou moins court & moyen terme.