Gestion du recrutement
Les 5 grandes dimensions de la marque employeur
Le 17 décembre 2024
Modifié le 3 avril 2026
Elle attire de nouveaux collaborateurs, mais fidélise aussi ceux qui sont déjà en place. Son impact va donc bien au-delà de l’externe et la soigner ne signifie pas seulement soigner son image… Le concept est parfois évasif et sujet à bien des interprétations, alors qu’il est au cœur de nombreuses stratégies de recrutement. Mais de quoi parle-t-on exactement ? De la marque employeur.
Qu’est-ce qui façonne et construit la marque employeur aux yeux d’un candidat ? Quelles sont ses 5 dimensions et et les leviers d’action pour en tirer vraiment parti ? Commençons par quelques éléments de définition et d’histoire.
Définition : qu’est-ce que la marque employeur ?
La marque employeur réunit tous les éléments constitutifs de l’image et de la réputation d’une entreprise : c’est ce qui la différencie des autres entreprises et ce qui la rend plus attractive. Lorsqu’elle est correctement formalisée, au sein des bons canaux de communication et avec les bons outils de gestion des talents, elle reflète les valeurs appliquées au quotidien, la culture d’entreprise, mais aussi l’expérience collaborateur, c’est-à-dire l’expérience vécue par les salarié·es.
Marque employeur : seulement un enjeu d’image ?
Une marque employeur positive renforce votre attractivité et fidélise vos équipes. Elle concerne les conditions de travail, les salaires, mais aussi le respect de l’équilibre vie pro/vie perso ou encore les questions d’inclusion et même le processus de recrutement : en bref, elle couvre tout le spectre de l’expérience collaborateur et de l’expérience candidat.
Construire votre stratégie : les 5 dimensions qui construisent la marque employeur
Pour comprendre ce qu’est la marque employeur, il faut cerner ce que retient le candidat d’une entreprise pour l’identifier en tant que recruteur.
Battle Berthon & AL VS Agnès Duroni : 4 ou 5 dimensions de la marque employeur telles que définies par les spécialistes RH ? Quelles sont-elles ?
Si on parle souvent de 4 dimensions de la marque employeur, l’experte RH Agnès Duroni en définit seulement 3 : l’identité, l’image interne et la réputation.
De leur côté, les chercheurs Pierre Berthon, Michael Ewing et Li Lian Hah, en ont défini 5 en 2005 : elles constituent une échelle d’évaluation des avantages à travailler pour une organisation. Leur article, intitulé Captivating Company: Dimensions of Attractiveness in Employer Branding et publié dans l’International Journal of Advertising, fait référence en la matière. Il a été cité plus de 1000 fois dans d’autres articles universitaires ! Cette structure affine et étend les 3 dimensions proposées par d’autres universitaires, Ambler et Barrow, en 1996 (d’après eux, ma marque enployeur se constituait des bénéfices fonctionnels, économiques et psychologiques).
Voici les 5 dimensions de la marque employeur telles que définies par Berthon & Al :
L’intégration des nouveaux embauchés
Si vous souhaitez réussir à attirer les talents dont vous avez besoin, il vous faut réveiller le marketeur qui sommeille en vous. Prêt ?
1. La dimension d’intérêt (interest value)
L’attrait d’une entreprise se compose d’un environnement de travail enrichissant, dans lequel le salarié peut s’épanouir personnellement et professionnellement et développer un sentiment d’appartenance. Cet environnement doit laisser place à l’expression de la créativité des collaborateurs et encourager de nouvelles pratiques de travail (organisation en mode projet, agilité, flexibilité, télétravail…)… mais aussi nourrir la quête de sens individuelle de chaque salarié.
2. La dimension sociale (social value)
Il est question ici de la socialisation, c’est-à-dire l’ambiance dans l’équipe, les relations avec les collègues et la hiérarchie. L’esprit d’équipe est valorisé, ainsi que l’absence de management toxique. La rémunération constitue encore l’un des premiers critères de choix pour un nouveau poste, mais l’aspect social est tout aussi important, comme en témoigne cette statistique issue du Baromètre IFOP Marque employeur et recrutement 2024 : le manque de considération est la première raison des départs d’une entreprise.
3. La dimension économique (economic value)
Cette dimension concerne les éléments de rémunération, comme le salaire, mais aussi les primes et l’intéressement ou la participation. On peut y trouver aussi la sécurité de l’emploi, pas forcément au sens d’emploi public : il peut s’agir d’une entreprise qui favorise les CDI et évite les contrats précaires par exemple. La rémunération constitue, le premier critère de choix d’un employeur. Pour vous donner un ordre d’idées, le salaire brut idéal souhaité par les cnadidats pour une premier poste se situe autour de 2630 euros (Baromètre IFOP Marque employeur et recrutement).
4. La dimension de développement (development value)
Le candidat est souvent sensible à la possibilité d’évoluer dans l’entreprise et d’avancer dans sa carrière ou ses missions. Dans cette dimension, on prend également en compte la reconnaissance du travail effectué et la notion de mérite. D’où l’importance de soigner ses parcours de carrière, et de construire les parcours pédagogiques associés pour développer une culture de l’apprentissage.
5. La dimension de transmission (application value)
Enfin, la dernière dimension représente l’opportunité d’appliquer ses connaissances dans son travail. Il s’agit aussi de transmettre aux collègues ou aux partenaires son savoir. Cette dimension peut à la fois s’appliquer à un environnement orienté vers le client ou humanitaire et nourrit la quête de sens.
Il est important de valoriser votre marque employeur.
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Conseils pour exploiter les 5 dimensions de la marque employeur
La question pour les recruteurs et RH est de savoir comment faire infuser au mieux les 5 dimensions définies précédemment au travers des actions de valorisation de la marque employeur. Plusieurs leviers existent.
La culture organisationnelle de l’entreprise
L’existence d’une culture d’entreprise forte est un antécédent nécessaire à la construction et la gestion d’une marque employeur distinctive selon de nombreux chercheurs. Cette culture organisationnelle rassemble les attitudes, les croyances, les valeurs et les normes partagées par l’ensemble des collaborateurs. La marque employeur doit évidemment refléter cette culture qui lui donne du sens et des arguments.
Les pratiques marketing et de communication externe
Ici, l’entreprise développe sa marque employeur à travers ses activités marketing et de communication tournées vers l’externe ou l’interne. Il s’agit notamment de :
- la publicité sur l’entreprise ;
- la communication institutionnelle (site, réseaux sociaux, journal interne, brochures, annonces d’emploi…) ;
- le bouche-à-oreille positif.
Les salariés sont à cet égard les meilleurs ambassadeurs de la marque employeur à l’extérieur et ils apportent de la crédibilité aux messages communiqués par l’entreprise : c’est ce que l’on appelle l’employee advocacy.
Les pratiques RH
La façon de recruter, de gérer les carrières, de former les collaborateurs influencent également la perception des candidats sur l’organisation. Les pratiques RH sont ainsi comme des signaux générant l’envie de postuler ou non et qui doivent être valorisées en tant que telles. Le succès des baromètres ou indicateurs basés sur le bien-être au travail ou le net promoter score (nps) montre bien l’importance de ce critère.
Les avantages octroyés par l’entreprise
Enfin, l’entreprise doit communiquer sur ses pratiques en matière de rémunération, en allant au-delà du salaire. Avantages en nature et avantages sociaux sont autant d’arguments de séduction pour l’entreprise en phase de recrutement.
La marque employeur : un enjeu externe, mais aussi interne
D’autres chercheurs ajoutent des dimensions supplémentaires, comme la culture d’entreprise ou une organisation éthique (Roy). Certains les agglomèrent en deux grandes dimensions, l’une symbolique et l’autre instrumentale. Dans tous les cas, la marque employeur influence aussi bien la perception des candidats vis-à-vis d’un poste ou d’une entreprise en général que celle des salariés, leur implication, leur fidélité et leur satisfaction au travail. L’organisation doit donc s’assurer de l’unité et de la cohérence des volets internes et externes de sa marque employeur, et être toujours soucieuse d’améliorer l’ambiance de travail.
Les conséquences de la marque employeur sur les candidats
La marque employeur à l’externe amène les candidats à envisager l’entreprise comme un lieu de travail désirable, qui donne envie de postuler. L’attractivité organisationnelle, la rémunération, les possibilités d’avancement ou l’engagement de l’entreprise sont autant de paramètres influençant l’intention de candidater.
La marque employeur crée également des attentes chez les candidats avant même qu’ils intègrent l’entreprise et cette dernière a tout intérêt à ne pas décevoir cette promesse (même si elle n’est pas formelle). Certains chercheurs considèrent que la marque employeur forme un contrat psychologique entre l’entreprise et le futur recruté.
La marque employeur pour fidéliser les talents
La marque employeur joue un rôle aussi sur les salariés déjà en poste, en leur donnant envie de rester : elle améliore ainsi la fidélisation et la rétention des talents. Les coûts associés au turn-over et au recrutement sont donc réduits d’autant.
Une marque employeur forte constitue une source de motivation et d’engagement supplémentaires pour les salariés. On parle de fierté d’appartenir à telle organisation ou au contraire d’une envie de ne plus travailler pour une entreprise peu respectueuse de l’environnement ou des droits humains, par exemple. Mais, encore une fois, les discours doivent être cohérents avec les actes, au risque de voir s’écrouler toute l’image de marque construite en externe.
L’apport de ces dimensions et de leurs déclinaisons donne un visage un peu plus tangible à la marque employeur. Cependant, elle reste cependant toujours insaisissable à ce jour, puisqu’on ne dispose d’aucun moyen de quantifier l’impact des différents leviers sur la valorisation qu’en font les candidats.
Retrouvez des exemples de marque employeur réussis.
Crédit photo : Pexels
FAQ – Les 5 dimensions de la marque employeur
Comment évaluer la marque employeur ?
- Feedback interne : Utilisez des enquêtes de satisfaction et mesurez le taux de rétention des employés.
- Réputation externe : Consultez les avis en ligne et l’engagement sur les réseaux sociaux.
- Comparaison : Comparez votre marque avec celle de vos concurrents.
Comment développer sa marque employeur ?
- Proposition de valeur : Créez une PVE attrayante pour les employés.
- Expérience employé : Investissez dans le développement et la diversité.
- Communication : Partagez des témoignages et améliorez votre site carrière.
- Reconnaissance : Mettez en place des programmes d’engagement et de reconnaissance.
- Suivi : Mesurez et ajustez vos initiatives régulièrement.
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