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Finance & Trésorerie

Gestion de trésorerie groupe, comment la mettre en place efficacement ?

3 mars 2026

14 min
La centralisation de la trésorerie représente de nombreux avantages pour les groupes, en France ou à l'international. Plusieurs mécanismes sont à prendre en compte pour une mise en place efficace.

Qu’est-ce que la gestion de trésorerie groupe ?

La gestion de trésorerie groupe, également appelée gestion de trésorerie centralisée, fait référence à la gestion des liquidités au sein d’une entreprise qui possède plusieurs filiales. Cela implique la planification et la centralisation des flux de trésorerie, la coordination des besoins de financement, et accélère la prise de décisions pour maximiser l’efficacité financière du groupe dans son ensemble.

Quels sont les objectifs d’une gestion de trésorerie groupe ?

La gestion centralisée de trésorerie a 5 objectifs principaux  :

  • Optimiser l’utilisation des liquidités : les fonds disponibles sont rapidement identifiables et peuvent être redistribués aux filiales qui en ont besoin, ou investis efficacement.
  • Réduire les coûts financiers de l’entreprise : avec une gestion de trésorerie centralisée, vous pouvez négocier de meilleures conditions avec les institutions financières en raison du volume global plus important, ce qui peut se traduire par des frais bancaires réduits et des taux d’intérêt plus avantageux.
  • Améliorer la gestion des risques : en centralisant la gestion de vos transactions financières, il est  plus facile de gérer les risques liés à la fluctuation des cours de change.
  • Prendre des décisions éclairées : avec une vue d’ensemble des ressources disponibles, les possibilités d’investissements ou les besoins d’emprunts sont rapidement identifiables et permettent d’anticiper demain.
  • Maîtriser les risques fiscaux : en formalisant les flux intragroupes par une convention de trésorerie conforme au code monétaire et financier, vous sécurisez les avances et prêts entre filiales.

Pourquoi centraliser la trésorerie ?

Pour les groupes multi-entités, la dispersion des comptes bancaires et des flux financiers entre filiales constitue un frein majeur. Sans centralisation, le directeur financier ne dispose que d’une vision fragmentée de la position de trésorerie globale, rendant difficile l’identification rapide des besoins et excédents de liquidités.

Visibilité et pilotage des flux de trésorerie

La mise en place d’un compte centralisateur permet de regrouper l’ensemble des flux de trésorerie sur un point unique de contrôle. Cette consolidation offre une visibilité instantanée sur la position cash du groupe, facilitant la prise de décisions éclairées en matière d’investissement ou de financement.

Cas concret de la CCI Région Auvergne-Rhône-Alpes

«  Grâce à la vision consolidée et actualisée des flux dans Cegid Treasury, les décisions sont plus éclairées en matière de stratégie de liquidité avec des reportings spécifiques.

 

  • Au quotidien : tous les matins les équipes procèdent à l’intégration des relevés et des écritures, et le rapprochement met immédiatement en lumière les éventuels écarts avec nos prévisions de trésorerie.
  • Mensuellement : nous avons formalisé un point tous les mois avec notre direction générale pour répertorier l’ensemble des flux de trésorerie du mois. Cet état des lieux donne des indications précieuses sur la trésorerie de chacune des CCI de notre territoire et donne une visibilité du cash disponible au niveau de la CCI de région. Je peux alors poser les décisions de placements, selon les besoins futurs en cash, sur un Livret à court terme, ou sur des comptes à terme.« 

Anne-Laure Buffet, Directrice Administrative et Financière de la CCI Région Auvergne-Rhône-Alpes

Réduction des coûts financiers au niveau du groupe

La centralisation de trésorerie génère des économies substantielles sur les coûts de financement. Lorsque les liquidités sont dispersées, certaines filiales supportent des frais d’agios sur leurs découverts tandis que d’autres détiennent des excédents faiblement rémunérés. En regroupant les positions de trésorerie, vous éliminez ces inefficiences :

  • Les excédents d’une entité compensent automatiquement les besoins d’une autre, réduisant ainsi le recours coûteux au crédit bancaire.
  • Le volume global consolidé renforce votre pouvoir de négociation auprès des institutions financières, vous permettant d’obtenir des conditions plus avantageuses sur les taux d’intérêt, les frais bancaires et les lignes de crédit.
  • Le fait de centraliser auprès du Trésorier Groupe avec un seul et même logiciel de gestion de trésorerie permet des économies sur les salaires d’autres personnes chargées de la trésorerie et les outils éparses selon les entités.

Efficacité opérationnelle et expertise

Le trésorier groupe mettra toute son expertise dans ce rôle, le rendant ainsi plus attractif et proche e ses attentes, avec un vrai rôle de conseil et d’analyse. Les tableaux de bord de trésorerie seront ses outils de pilotage, permettant d’anticiper les tensions de liquidités et d’optimiser l’allocation des ressources entre les différentes entités.

Critères
Trésorerie décentralisée
Trésorerie centralisée

Visibilité

Vision fragmentée par entité

Vision consolidée en temps réel

Coûts bancaires

Agios multiples + frais dispersés

Coûts optimisés par compensation

Pouvoir de négociation

Faible (volumes limités car éparpillés)

Fort (effet de volume)

Contrainte

Gestion simplifiée mais coûteuse

Complexité technique initiale mais simplifiée avec un logiciel métier

La convention de trésorerie intra-groupe pour cadrer

La gestion de trésorerie groupe peut se formaliser par la conclusion d’une convention. Cette dernière établit un cadre formel pour la gestion centralisée de la trésorerie des différentes filiales, tout en maintenant l’indépendance juridique de chacune.

Dans la plupart des cas, le groupe désigne une société pivot (la holding ou la société mère) qui aura pour rôle de faire l’intermédiaire entre les différentes entités. La société pivot est chargée de gérer l’ensemble des comptes des filiales et les opérations de trésorerie entre elles.

Elle est dès lors compétente pour analyser les comptes et prélever les fonds disponibles, puis, le cas échéant, pour réunir les fonds collectés au sein d’un seul compte courant afin de faciliter leur répartition en fonction des besoins individuels de chaque société au sein du groupe.

Clauses clés d’une convention de trésorerie :

  • Identification des parties : Liste des entités participantes (société mère, filiales, société pivot) et leurs liens capitalistiques.
  • Modalités de transfert : Procédures de prélèvement des fonds disponibles et de redistribution vers les entités ayant des besoins de liquidités.
  • Conditions financières : Taux d’intérêt appliqués aux avances et emprunts intragroupes, modalités de calcul et de facturation.
  • Gouvernance et reporting : Fréquence des états de trésorerie et processus de validation des opérations.

Plus d’explications en fin d’article sur les modalités

Exigences légales :

La convention doit respecter l’article L. 511-7 du Code monétaire et financier, qui autorise les opérations de crédit entre sociétés d’un même groupe sous certaines conditions. Une rédaction rigoureuse permet de minimiser les risques juridiques et fiscaux, notamment en cas de contrôle fiscal.

Il est essentiel que la convention soit minutieusement documentée et conforme aux exigences légales. Une rédaction rigoureuse permet de minimiser les risques d’abus de biens sociaux (ABS), délit pénal qui consiste pour un dirigeant à utiliser les biens de la société à des fins personnelles. Les dirigeants doivent démontrer que les flux de trésorerie servent l’intérêt commun du groupe et non des intérêts personnels, même si la convention respecte les procédures formelles.

Comment mettre en place une gestion de trésorerie efficace au sein d’un groupe ?

1. La mise en place du cash pooling pour unifier la trésorerie

L’instauration du cash pooling se révèle bien souvent indispensable dans le cadre d’une gestion de trésorerie intragroupe. Le principe du cash pooling est de centraliser les liquidités des différentes filiales sur un compte bancaire spécifique (par exemple, celui de la Holding), et de transférer les fonds vers les comptes présentant des soldes négatifs. Les excédents de trésorerie sont agrégés en vue de maximiser les opportunités de placements à court terme. Cette stratégie accroît la visibilité et le contrôle sur l’ensemble des mouvements de trésorerie.

Qu’est-ce que le cash pooling dans la gestion de trésorerie ?

Deux méthodes principales existent pour organiser le cash pooling au sein d’un groupe.

  • Le cash pooling physique implique des transferts réels de fonds entre les comptes des filiales selon 3 méthodes

Le cash pooling ZBA (Zero Balancing Account) repose sur le principe de ramener les soldes des comptes à zéro chaque jour. Ce mécanisme garantit une centralisation totale des liquidités en transférant automatiquement les excédents ou en comblant les déficits.

Le cash pooling TBA (Target Balancing Account) fonctionne différemment : il maintient les soldes des comptes à un niveau prédéfini, appelé « pied de compte ». Tant que le solde créditeur reste en dessous de ce seuil, aucun transfert n’est effectué. En revanche, les soldes débiteurs sont systématiquement ramenés à zéro.

Enfin, le cash pooling FBA (Fork Balancing Account) vise à équilibrer les comptes en fonction de seuils spécifiques. Les excédents au-delà d’un certain niveau sont centralisés, tandis que les déficits en dessous d’un seuil défini sont comblés.

La centralisation se fait soit en mode automatique via votre banque, soit manuellement et vous gardez la main pour initier vos virements. Un logiciel de gestion de trésorerie groupe comme Cegid Allmybanks facilite grandement l’exploitation des données résultant du cash pooling automatique de votre banque. Si vous n’avez pas déployé de cash pooling bancaire, Cegid Allmybanks permet de mettre en place un cash pool assisté :  un assistant déclenche automatiquement des virements d’équilibrage selon des règles préconfigurées .

  • le cash pooling notionnel (également appelé fusion d’échelles d’intérêts) fonctionne sans mouvement physique de liquidités.

Cash pooling notionnel : principes et limites

Le cash pooling notionnel repose sur une fusion d’échelles d’intérêts : les comptes bancaires des différentes filiales ne sont pas réellement fusionnés en un seul compte, mais les taux d’intérêt sont appliqués sur la somme des soldes de ces comptes. Concrètement, la banque calcule les agios débiteurs ou les intérêts créditeurs sur le solde unique résultant de l’addition des soldes individuels. Cette approche présente plusieurs avantages : elle simplifie la gestion sans nécessiter de transferts physiques quotidiens, préserve l’autonomie juridique et financière de chaque filiale, et permet de réduire les frais bancaires liés aux virements. Les filiales bénéficient d’un taux d’intérêt débiteur et créditeur moindre que si elles agissaient individuellement.

Toutefois, le cash pooling notionnel comporte certaines limitesSi une filiale rencontre des difficultés financières, cela peut affecter l’ensemble du dispositif. De plus, cette méthode nécessite un système d’information robuste pour calculer et vérifier les échelles fusionnées.

-> Méthodes, mécanismes (cash pooling physique, cash pooling notionnel), avantages et contraintes : lire notre article complet sur le cash pooling.

Les équipes gèrent toute la trésorerie journalière et les prévisions de fin de mois pour réajuster éventuellement les comptes afin de ne pas être en défaut de liquidités. J’affectionne particulièrement la génération des écritures comptables à partir des relevés bancaires, natifs dans la solution Cegid Allmybanks, ce qui n’est pas le cas chez tous les éditeurs.

Mutualité Française

Fabrice Capron

Responsable d’applications à la Direction Stratégie Numérique et Data, Mutualité Française

 

2. La centralisation des paiements

La mise en place de la centralisation de la trésorerie du groupe et de ses paiements peut présenter des contraintes, telles que la complexité de sa mise en œuvre, les exigences technologiques, ainsi que les éventuels problèmes de sécurité liés à la centralisation des informations sensibles. Pour mettre en place une centralisation de trésorerie et des paiements sécurisée et efficace, il est fortement conseillé d’utiliser des solutions de gestion de trésorerie et communication bancaire, à l’instar de Cegid Allmybanks.

La Mutualité Française a concrétisé ces bénéfices en déployant Cegid Allmybanks : l’automatisation de la communication bancaire et la centralisation des paiements ont généré des gains de temps significatifs tout en sécurisant les transactions financières du groupe.

Le POBO, un cas particulier

Le POBO (Payment on Behalf of) ou paiement « pour compte de » vous permet de centraliser les paiements de plusieurs entités du groupe et de les orienter vers la banque de votre choix pour obtenir de meilleurs coûts de traitement et négocier les conditions de financement. Cette centralisation offre une vision globale au niveau du groupe et facilite le pilotage des flux financiers grâce à des tableaux de bord consolidés. Vous bénéficiez d’une protection de vos données et d’un niveau de sécurité élevé pour vos transactions.

3. Les financements intragroupes

Les financements intragroupes se réfèrent aux transactions financières qui ont lieu entre les entités d’un même groupe ou rattachées à la même société mère. Ces transactions peuvent inclure des prêts, des avances de trésorerie, des investissements en capital, des cessions d’actifs, ou encore des paiements de redevances.

La gestion de la trésorerie groupe va au-delà des simples transactions financières intragroupes. Elle implique un contrôle rigoureux des placements, des financements et des flux de trésorerie. Le recours à des outils adaptés comme un TMS (Treasury Management System) permet d’automatiser les placements de trésorerie et d’optimiser la gestion du master account, ce compte centralisateur qui agrège les liquidités du groupe.

4. Tableaux de bord et indicateurs clés

Pour piloter efficacement votre trésorerie groupe, il est essentiel de suivre des indicateurs de performance (KPI) qui mesurent la santé financière et l’efficacité de vos processus. Parmi les indicateurs les plus stratégiques :

  • Cash position : visualisation en temps réel des soldes bancaires consolidés du groupe, permettant d’identifier immédiatement les excédents et les besoins de financement.
  • Pourcentage de fiabilité des prévisions : mesure de la précision de vos prévisions de trésorerie en comparant les flux prévisionnels aux flux réels. Les entreprises dotées de bonnes pratiques de rolling forecast  atteignent jusqu’à 90 % d’exactitude sur leurs prévisions trimestrielles, selon l’étude EY.

Un tableau de bord consolidé intégrant ces KPI vous offre une vue d’ensemble indispensable pour optimiser la gestion de votre trésorerie et prendre des décisions financières éclairées. Pour approfondir comment un TMS peut vous aider à sécuriser ces processus, consultez notre article sur les bénéfices d’un TMS.

Le logiciel de gestion de trésorerie groupe

Cegid Allmybanks est un TMS adapté aux groupes qui souhaitent renforcer la vision globale du cash et le contrôle financier, essentiels pour la stabilité de la trésorerie du groupe et sa performance financière. Le TMS est connecté avec votre ERP et permet d’intégrer vos données pour établir et suivre vos prévisions de trésorerie.

On vous explique tout dans cette vidéo !

Modèle de convention de trésorerie : exemple

Modalités de fonctionnement et contrôle effectif

La convention de trésorerie doit préciser plusieurs éléments essentiels pour garantir sa sécurité juridique et son efficacité opérationnelle :

  • Taux d’intérêt : les taux pratiqués dans le groupe pour les avances et prêts, qui doivent respecter les conditions de marché pour éviter les redressements fiscaux.
  • Plafonds : limites des soldes débiteurs et créditeurs autorisés pour chaque filiale participante.
  • Durée : période de validité de la convention, avec clauses de renouvellement et de résiliation anticipée.
  • Garanties : mécanismes de sécurisation des flux et responsabilités en cas de défaillance d’une entité.
  • Reporting : fréquence et format des tableaux de bord transmis aux dirigeants pour assurer la transparence et le contrôle.

Clauses clés du modèle

Une convention de trésorerie efficace doit intégrer les éléments suivants pour encadrer les modalités de fonctionnement au niveau du groupe :

  • Identification des parties : énumération précise de toutes les entités participantes (société mère, filiales, société pivot) avec leurs coordonnées et liens capitalistiques.
  • Objet et périmètre : définition du cadre de centralisation (pool de trésorerie, omnium) et des opérations couvertes (avances, prêts intragroupes, compensation).
  • Désignation de la société pivot : rôle et responsabilités de l’entité centralisatrice chargée de gérer les flux et d’assurer l’intermédiation financière.
  • Mécanismes de transfert : description des procédures de prélèvement des fonds disponibles et de redistribution vers les entités présentant un besoin de liquidités.
  • Conditions financières : taux d’intérêt appliqués aux avances et emprunts intragroupes, modalités de calcul et de facturation, traitement du solde créditeur.
  • Durée et résiliation : période de validité de la convention, conditions de renouvellement tacite ou de dénonciation par les parties.
  • Gouvernance et reporting : fréquence des états de trésorerie, obligations d’information et processus de validation des opérations.
  • Conformité réglementaire : respect des dispositions du Code monétaire et financier (article L511-7) et prévention des risques d’abus de biens sociaux.

Checklist de mise en place

Pour déployer une convention de trésorerie groupe dans des conditions optimales, suivez cette liste d’actions :

  • Valider la structure juridique : vérifier l’existence d’un lien capitalistique ou d’un contrôle effectif entre les entités participantes.
  • Adapter l’objet social : s’assurer que la société pivot mentionne explicitement l’activité de centralisation de trésorerie dans ses statuts.
  • Rédiger la convention : formaliser par écrit l’ensemble des clauses clés en respectant le principe de liberté contractuelle.
  • Soumettre aux organes de gouvernance : faire approuver la convention par les conseils d’administration ou assemblées générales des sociétés concernées.
  • Documenter les flux : mettre en place un système de traçabilité rigoureux pour chaque mouvement de trésorerie (relevés, écritures comptables).
  • Configurer les outils : intégrer la convention dans votre TMS (Treasury Management System) pour automatiser les transferts et le reporting.
  • Former les équipes : sensibiliser les trésoriers et directeurs financiers aux modalités de fonctionnement et aux obligations de la convention.
  • Auditer régulièrement : planifier des revues périodiques pour vérifier la conformité juridique, fiscale et opérationnelle du dispositif.

Quel est le rôle d’un trésorier dans un groupe ?

Le trésorier groupe supervise l’ensemble des mouvements de trésorerie des filiales et assure la gestion centralisée des liquidités. Il veille à optimiser les flux financiers, négocie les conditions bancaires, met en place le cash pooling et garantit la disponibilité du cash nécessaire aux opérations et aux investissements. Son rôle implique également la gestion des risques de change, le reporting financier auprès de la direction et la coordination entre les différentes entités du groupe pour maintenir la stabilité financière.

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