Finance & Trésorerie
Verification of Payee (VoP) : comment les trésoriers se préparent ?
Le 15 juillet 2025
Modifié le 27 août 2025
Décryptage du dispositif avec 3 experts du sujet que nous avons rencontrés pour bien comprendre le mécanisme et les enjeux.
La genèse du dispositif Verification of Payee
La récente réglementation européenne sur les virements instantanés, appelée Instant Payment Regulation (IPR), nécessite d’introduire des mécanismes renforcés pour protéger les transactions financières. En effet, si l’IPR contribue à une économie plus rapide et plus connectée, son instantanéité le rend néanmoins plus perméable à la fraude. Le Verification of Payee vise ainsi à harmoniser les pratiques au sein de l’Union Européenne pour réduire les risques de fraude et d’erreurs de paiement.
Il convient de noter que ce service de VoP a été initialement conçu par la Commission européenne pour répondre aux besoins des particuliers réalisant des virements individuels. L’objectif était de lutter contre la fraude dans le cadre de la montée en puissance des virements instantanés. En effet, d’après l’étude 2024 de FPAD – EBA clearing, le virement SEPA instantané serait 9 fois plus exposé à la fraude que le Virement SEPA classique. Les spécifications techniques établies de cette obligation ont été élaborées en tenant compte des virements effectués de manière individuelle via les portails en ligne des banques.
Le VoP devient ainsi un levier clé pour :
- Réduire les risques de fraude, en s’assurant que les paiements atteignent les bénéficiaires prévus.
- Limiter la propagation des erreurs de saisie, grâce à une vérification proactive des données.
- Renforcer la transparence, en offrant aux entreprises un contrôle accru sur leurs processus financiers.
Des chiffres qui parlent
71% des organisations ont été victimes de fraude au paiement*, avec une perte moyenne de 50 000 euros/fraude**
*Source SiS ID 2022 ** Daf mag
Le principe du VoP et sa mise en œuvre dans les échanges de fichiers
Ce service proposé gratuitement par les banques, fournira après analyse du fichier de virements, un reporting au format “Payment Status Report” avec les résultats de la vérification des bénéficiaires.
Si les banques et les PSP doivent obligatoirement proposer ce dispositif, les entreprises demeurent libres d’activer ou non cette vérification au sein de leurs outils de paiements, choisissant opt-in ou opt-out en cas de refus.
Frédéric Lallemand du Crédit Agricole et Responsable GT sur le VoP du Guf (GROUPEMENT DES UTILISATEURS DE SWIFT EN FRANCE), explique le mode opératoire pour les banques et les entreprises.
Les 4 différents statuts du VoP :
- « Match » : exacte correspondance entre le nom et l’IBAN fournis par le payeur.
- « Close match » : correspondance partielle (une faute de frappe dans le nom, par exemple) est détectée et le nom du titulaire du compte, tel qu’enregistré par sa banque, sera restitué. Le trésorier validera ou non le paiement une fois informé.
- « No match » : aucune correspondance entre les données fournies, avec un risque potentiel évident
- « Match not possible » : la vérification est impossible. Plusieurs raisons peuvent être à l’origine de cette situation, par exemple lorsque le compte associé à l’IBAN a été clôturé, si la banque du destinataire n’est pas joignable, ou en raison d’un problème technique…
Le Verification of Payee, opportunité ou casse-tête pour les trésoriers ?
Les entreprises qui gèrent un faible volume de flux et des bénéficiaires avec des paiements unitaires apprécieront d’avoir une vérification ultime avant le paiement pour être sûr de payer la “bonne” personne et limiter la fraude.
Mais quid des entreprises qui fonctionnent par paiements en masse ?
Pour les PME, ETI et grands groupes, cela s’annonce plus complexe puisque les trésoriers envoient leurs fichiers par lots contenant plusieurs ordres de paiement.
Ainsi le choix d’activer -ou non- le VoP relève d’un arbitrage entre efficacité opérationnelle et prise de risque, le trésorier étant responsable des paiements qu’il valide. Rappelons par ailleurs que le VoP ne couvre que les virements SEPA, mais pas à l’international.
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Verification of Payee : maîtrisez la nouvelle norme pour lutter contre la fraude
Je m'inscrisSécurité anti-fraude infaillible ? Ralentissement du process ?
Certaines autres réticences sont soulevées : l’adéquation entre le nom du compte et celui du bénéficiaire n’est pas une garantie absolue si un fraudeur se cache derrière une usurpation d’identité, ce qui reste un cas encore bien courant. Ensuite, le nom commercial, ou la raison sociale peut comporter des abréviations, des accents, qui conduisent alors à un “no match”. Cela suspend le traitement du paiement, exige une vérification côté entreprise avant d’autoriser, le cas échéant, la poursuite de l’exécution du virement. Par ricochet, l’activité commerciale s’en trouve ralentie, la relation avec le fournisseur peut se détériorer etc.
“ L’idée serait de matcher sur l’ID national qu’est le Siren, ou encore le N° de TVA intracommunautaire, dont la portée est européenne, ce qui le rendrait pertinent.”
Frédéric Lallemand, Crédit Agricole Payment Services
Travailler sa base tiers, un préalable pour matcher plus facilement
Laksmi Rippe, Product Marketing Manager de SiS ID, une plateforme de contrôle des données des bénéficiaires tout au long de la chaîne des paiements, insiste sur le travail amont des bases tiers.
Pour celles qui souhaiteront l’activer, elles doivent donc anticiper dès à présent et adapter leurs processus internes pour prendre en charge les résultats du VoP, et corriger les données. “ Le VoP à la volée est la dernière étape avant le paiement et se présente comme un outil de vérification ultime précieux, mais ne devrait être utilisé que si la base tiers est propre ”, conclut Laksmi Rippe.
L’IA pour verrouiller le process de lutte contre la fraude
La mise en place d’un TMS [Treasury Management System] comme Cegid Allmybanks est structurante et sa robustesse assure de sécuriser les flux à toutes les étapes de la chaîne de paiements. Fabien Penot, Directeur R&D chez Cegid annonce l’immense potentiel de l’IA sur ce chapitre bien précis de la lutte contre la fraude.
Pouvez-vous nous donner des exemples concrets ?
“ Par exemple, un paiement d’un montant élevé effectué par un utilisateur autorisé mais à une heure inhabituelle, un utilisateur régulier effectuant soudainement un paiement depuis un pays non habituel, ou encore des valideurs désignés dans le workflow de validation qui ne sont pas les valideurs habituels. Grâce à ces cas d’usage, nous permettons à nos clients de bénéficier d’un système de détection en temps réel, continuellement enrichi par un apprentissage automatique permanent. Cette approche garantit une adaptation constante aux nouvelles menaces et une protection optimale des transactions. ”. L’IA est capable de rassembler, analyser des données historiques – stockées et sécurisées de façon par ailleurs anonymisées – et de lancer des alertes très rapidement.
Conclusion
Les trésoriers doivent dès à présent évaluer l’impact du VoP sur leurs processus internes et se préparer à cette transition majeure pour sécuriser leurs paiements, s’ils décident de le mettre en place de leur côté. Nos logiciels de gestion de trésorerie et de communication bancaire comme Cegid Allmybanks ( ETI et grands groupes) ou Cegid Exabanque (PME) sont prêts de leurs côtés pour activer le VoP . Nos partenariats avec des plateformes de vérification en continu de la base tiers pour lutter contre la fraude, comme SiS ID ou Trustpair, vous garantissent de travailler avec sérénité sur toute la chaîne de paiements. Alors, n’attendez pas pour prendre des conseils avisés de nos équipes.
Prenez les devants dès aujourd’hui, contactez nos experts pour verrouiller vos paiements.
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FAQ
Comment Cegid Allmybanks et Cegid Exabanque aident à lutter contre la fraude ?
Les logiciels intègrent des protocoles de sécurité avancés, des méthodes d’authentification forte, le contrôle d’accès basé sur les rôles, la signature électronique, et la possibilité d’effectuer des audits et des suivis des transactions. Il assure également que toutes les transactions répondent aux normes réglementaires, avec des contrôles de conformité pour détecter et prévenir les activités suspectes.
Peut-on intégrer Cegid Allmybank avec d’autres systèmes d’entreprise ?
Oui, il offre des possibilités d’intégration avec les systèmes de gestion de trésorerie (TMS), les ERP, et d’autres outils financiers pour un flux de travail automatisé et efficace.
Le logiciel de communication bancaire permet-il une conformité avec des standards spécifiques ?
Oui, il est conforme à des standards tels que SWIFT, EBICS, SEPA, ISO 20022, et aux réglementations locales et internationales comme DSP2 en Europe, Dodd-Frank aux États-Unis, et autres directives anti-blanchiment d’argent.
Comment Cegid Allmybanks gère les paiements en différentes devises ?
La solution dispose de fonctionnalités de gestion multi-devises, permettant de traiter des transactions dans différentes monnaies tout en tenant compte des taux de change et des réglementations applicables.
Le logiciel correspond-il toutes les tailles d’entreprises ?
Nous avons 2 offres selon les tailles d’entreprise : Cegid Allmybanks pour les grands groupes et Cegid Exabanque pour les PME.