Finance & Trésorerie
Pourquoi établir un budget de trésorerie : guide pratique pour votre entreprise
15 juillet 2026
19 min
Un chiffre d’affaires solide et un résultat positif ne suffisent pas à garantir la solidité d’une organisation : une TPE, PME ou une ETI peut se retrouver en défaut faute de cash disponible au bon moment—même quand son activité progresse. C’est précisément cet écart entre performance comptable et réalité du cash que le budget de trésorerie permet pour maîtriser demain.
Ce guide vous explique :
- Pourquoi un budget de trésorerie est un outil stratégique—et pas un simple prévisionnel
- Les huit bénéfices concrets pour piloter votre PME ou ETI : anticipation des problèmes de trésorerie, sécurité financière, décision éclairée, crédibilité bancaire, pilotage du BFR, consolidation groupe, reporting board, simulation de scénarios
- Quand et comment le construire étape par étape : recenser vos mouvements (entrées et sorties d’argent), intégrer les délais de paiement, analyser les écarts
- Que faire si le solde prévisionnel de trésorerie est négatif ? Les 5 actions à mettre en place
- Les erreurs fréquentes à éviter : sous-estimation des décaissements récurrents, oubli des décalages TVA (taxe sur la valeur ajoutée) et délais de règlement
- Quand passer d’Excel à un TMS comme Cegid Allmybanks : les signaux qui indiquent que votre pilotage a besoin d’un outil dédié
Qu’est-ce qu’un budget de trésorerie ?
Un budget de trésorerie est une projection structurée de vos encaissements et de vos décaissements sur 12 à 24 mois, en se basant sur une trésorerie de départ. Il fixe le cadre annuel des flux financiers attendus et donne une visibilité sur les mois où le solde de trésorerie sera sous pression—avant que la situation ne devienne critique. Il sert de boussole pour tenir ce qui a été décidé, alors que le plan de trésorerie vous aide à analyser les écarts et réajuster.
En résumé : un budget de trésorerie consiste à modéliser l’avenir pour sécuriser les décisions du présent.
Il se distingue des deux autres outils souvent confondus avec lui :
- Le budget de trésorerie : cadre stratégique sur 12 à 24 mois, orienté gouvernance, décision d’investissement et négociation bancaire.
- Le plan de trésorerie : outil opérationnel de pilotage mois par mois, centré sur le suivi du cash au quotidien et l’anticipation des tensions à court terme.
- Le prévisionnel de trésorerie : estimation à horizon court, généralement trois à six mois, utile pour affiner les arbitrages en cours d’exercice.
Ces trois outils sont complémentaires dans la gestion de trésorerie et s’articulent à des niveaux de décision différents. Pour comprendre comment les combiner dans le cadre d’une gestion de trésorerie consolidée, consultez notre guide sur le tableau de flux de trésorerie.
Quel est l’intérêt pour la société d’établir un budget de trésorerie ? 8 bénéfices concrets
Quel est l’objectif principal d’un budget de trésorerie ?
Un budget de trésorerie bien construit va bien au-delà de la prévention des impayés. Pour un dirigeant de TPE, un DAF ou un trésorier de PME ou groupe, c’est un instrument de gouvernance d’entreprise à part entière : il conditionne le timing des décisions d’investissement, structure la stratégie de financement, et sert de référence dans les négociations bancaires.
Voici les huit raisons clés pour lesquelles les DAF, trésoriers et dirigeants de PME et ETI l’utilisent comme pilier de leur pilotage financier :
|
Bénéfice |
Impact concret |
|---|---|
Anticipation des carences |
Éviter tensions de trésorerie et défauts de paiement |
Sécurité financière |
Maintenir la confiance des banques et des partenaires |
Meilleure prise de décision pour les financements ou le placement des excédents de trésorerie |
Investir, développer ou arbitrer selon le cash réel |
Négociation bancaire et covenants |
Obtenir de meilleures conditions et anticiper les ruptures de ratios |
Pilotage du BFR et gestion de trésorerie saine |
Optimiser le DSO, le DPO et le Cash Conversion Cycle |
Consolidation groupe |
Assurer la cohérence financière entre entités multiples |
Reporting board |
Offrir de la lisibilité à la direction, aux actionnaires et aux investisseurs |
Simulation de scénarios |
Tester plusieurs options et décider plus vite |
Voici le détail des quatre bénéfices à impact direct sur votre pilotage au quotidien.
1. Anticiper les difficultés financières
Le risque majeur pour tout dirigeant ou DAF d’entreprise : ne plus pouvoir honorer ses engagements fournisseurs ou faire face à ses échéances de financement. Avec 42 % des entreprises françaises qui attribuent leurs retards de paiement aux difficultés financières de leurs clients (Coface, 2025*), ce risque est systémique—et souvent prévisible. Un budget de trésorerie vous signale ce type de tension deux à trois mois avant qu’elle ne survienne, ce qui laisse le temps d’activer les bons leviers de financement depuis une position de force.
Exemple concret : votre budget affiche un solde de +50 000 € au mois 1, puis -30 000 € au mois 2 après un investissement, et -40 000 € au mois 3. En identifiant cette carence à l’avance, vous négociez un financement dès le mois 1—dans de bonnes conditions et sans pression—plutôt qu’en urgence au mois 3, quand la marge de manœuvre est réduite.
Action concrète : identifiez les périodes à risque sur votre horizon de 12 mois, anticipez votre besoin de financement, et ajustez vos décaissements si nécessaire.
2. Renforcer la sécurité financière de l’entreprise
Un budget de trésorerie vous protège contre les effets de ciseau : une activité en croissance qui consomme du cash (BFR en hausse, délais clients longs, investissements) peut fragiliser la liquidité même quand les résultats progressent. En modélisant vos flux à 12 à 24 mois, vous détectez ces situations bien avant qu’elles ne menacent la continuité de l’exploitation et la confiance de vos partenaires commerciaux et financiers.
3. Piloter l’activité et les décisions stratégiques
Le budget de trésorerie ancre le pilotage dans la réalité du cash—pas du compte de résultat comptable—pour que les décisions d’investissement, de recrutement ou de développement reposent sur des données fiables.
Concrètement :
- Solde de trésorerie solide : vous pouvez engager un investissement industriel, lancer un recrutement stratégique ou financer une expansion commerciale.
- Carence prévisible : vous reportez une dépense non prioritaire, sécurisez une ligne de crédit, ou accélérez le recouvrement de vos encaissements.
- Optimisation du BFR : vous suivez le délai moyen de règlement de vos clients (DSO) et celui que vous accordez à vos fournisseurs (DPO) pour maîtriser votre cycle de liquidité et réduire votre besoin de financement. Pour aller plus loin, consultez notre guide sur l’optimisation du BFR et des prévisions pour les DAF.
4. Renforcer la crédibilité bancaire et anticiper les covenants
Un établissement bancaire ne finance pas une intuition : il finance une entreprise capable de démontrer qu’elle maîtrise ses flux. Avec un délai de paiement moyen de 49,7 jours en France — supérieur à l’Allemagne (32 jours) — les banques scrutent de plus en plus la solidité des projections de trésorerie avant d’accorder un financement (Coface, 2025)*. Un budget structuré réduit le risque perçu par l’établissement prêteur et améliore directement les conditions d’emprunt.
Au-delà de la relation bancaire, un budget de trésorerie rigoureux permet d’anticiper le respect des covenants bancaires : ces ratios contractuels (levier financier, couverture des frais financiers, niveau minimum de trésorerie) dont la violation peut déclencher des conséquences en cascade—révision des conditions de crédit, exigence de garanties supplémentaires, restriction des tirages, voire exigibilité anticipée d’une ligne de financement. En modélisant vos flux sur 12 à 24 mois, vous identifiez en amont les périodes où vos ratios risquent de se dégrader—et vous abordez les discussions bancaires depuis une position de force, avant que la situation ne se tende.
Un budget de trésorerie structuré produit quatre effets directs sur votre financement :
- De meilleures conditions d’emprunt (taux, maturité, covenants), car un budget fiable réduit le risque perçu par l’établissement prêteur.
- Une anticipation des violations de covenants : en modélisant vos ratios sur 12 à 24 mois, vous identifiez les périodes à risque avant qu’elles ne déclenchent des clauses de défaut.
- Une position de force dans les discussions de refinancement, avec des projections de flux crédibles qui structurent le dialogue plutôt que de le subir.
- Une limitation des effets collatéraux en cas de dégradation de la liquidité : un budget rigoureux permet d’activer les bons leviers (ligne de crédit revolving, cession de créances, report d’investissement) avant que la banque n’exige des garanties supplémentaires ou ne restreigne vos tirages.
5. Piloter le BFR et le cash conversion cycle
Le budget de trésorerie est indissociable du pilotage du besoin en fonds de roulement. En intégrant vos délais de paiement clients (DSO) et fournisseurs (DPO) dans vos projections, vous pilotez activement votre cash conversion cycle—et vous réduisez structurellement votre besoin de financement à court terme. C’est l’un des leviers les plus sous-exploités dans les PME et ETI qui construisent un budget sans y intégrer la dimension BFR. En France, 86 % des entreprises ont subi des retards de paiement en 2025, avec un délai moyen de 49,7 jours (Etude Coface, 2025).
Indicateurs clés du pilotage de trésorerie
Cycle d’exploitation (Operating Cycle) :
- Operating Cycle = DIO + DSO
- Objectif : Réduire le cycle d’exploitation pour améliorer la rotation des actifs et la liquidité.
› Le DIO (Days Inventory Oustanding) : le DIO mesure le temps moyen qu’il faut entre la réception du stock et sa vente/expédition (marchandise ou produit fini).
› Le DSO (Days Sales Outstanding ) ou délai de Recouvrement des Créances : Délai moyen de règlement de vos clients — en jours. Plus il est court, plus vite vous encaissez.
› Le DPO (Days Payable Outstanding) : délai moyen que vous accordez à vos fournisseurs — en jours. Plus il est long, plus vous conservez votre cash.
Cycle de conversion de trésorerie (Cash Conversion Cycle) : mesure le niveau de liquidité
- Formule : DIO + DSO – DPO
Le CCC mesure l’efficacité globale de votre gestion de trésorerie.
Avec Cegid, le suivi du BFR est fin : l’outil nous permet de sortir des ratios qui sont des indicateurs précieux.
→ DSO/DPO pour les délais paiements clients et fournisseurs
→ Le DIO pour les stocks.
« Cette vision normative permet de conforter notre modèle de prévisions et de constater les changements structurels. »
Philippe Fortin, Responsable Reporting Trésorerie à la Direction Trésorerie de Carrefour France (lire le témoignage complet)
6. Assurer la cohérence financière en contexte multi-entités
Pour les PME et ETI qui pilotent plusieurs entités ou filiales, le budget de trésorerie devient un outil de consolidation stratégique. Il permet d’aligner les prévisions de chaque entité, d’assurer la cohérence des flux intra-groupe, et de suivre l’optimisation de la liquidité disponible à l’échelle du groupe. Pour aller plus loin sur ces mécanismes, consultez notre guide sur la gestion de trésorerie de groupe et la centralisation des flux.
« Certaines filiales de la SNCF mettent à jour leur trajectoire cash toutes les semaines, d’autres tous les mois en fonction de leur importance, mais dès les premières semaines de janvier, on peut dire que la vision du cash s’écarte déjà de ce qui a été fait au moment du Budget. Grâce à Cegid nous parvenons à produire des bridges entre les projections cash du CFL (Cash Flow Libre) et le CFL comptable prévisionnel initial, et ainsi enrichir les échanges avec le contrôle de gestion et les filiales, apportant une vision complémentaire lors des exercices de reprévision et de rolling forecast. »
Marc Le Signor, Head of Risk Control & Financial Planning Department – Holding SNCF Group (lire le témoignage)
7. Produire un reporting board fiable et audit-ready
Un budget de trésorerie structuré est la base d’un reporting crédible pour le board, les actionnaires et les partenaires financiers. Il permet de présenter des prévisions de cash tracées, documentées et cohérentes avec les engagements pris—une exigence croissante pour les PME et ETI en croissance ou sous LBO. Pour découvrir quels indicateurs financiers suivre en parallèle, consultez notre article sur les cinq indicateurs financiers clés pour monitorer votre performance.
8. Tester des scénarios et décider plus vite
Un budget de trésorerie n’est pas un document figé. C’est une plateforme de simulation des questions stratégiques: que se passe-t-il si un client qui pèse sur le chiffre d’affaires retarde ses règlements de 30 jours ? Si un investissement est avancé ou reporté ? Si le chiffre d’affaires est inférieur de 15 % aux hypothèses ? Construire plusieurs scénarios (central, dégradé, optimiste) vous permet d’anticiper les décisions à prendre selon l’évolution réelle de l’activité—et de réagir plus vite que vos concurrents quand l’environnement se tend.
En résumé, le budget de trésorerie sert à :
- éviter les ruptures de liquidité et les défauts de paiement fournisseurs
- planifier les besoins de financement avant d’être en urgence bancaire
- optimiser les excédents en identifiant les périodes où le cash peut être placé ou investi
- piloter les décisions stratégiques (recrutement, investissement, expansion) sur la base du cash réel
- anticiper les violations de covenants bancaires sur 12 à 24 mois
- renforcer la crédibilité auprès des boards, actionnaires et partenaires financiers
Le bon moment pour construire son budget
Le moment idéal se situe au quatrième trimestre de l’année en cours, en amont du cycle budgétaire de l’exercice suivant. Objectif ? Vous disposez alors d’une visibilité suffisante sur l’activité passée pour cadrer des hypothèses réalistes sur les 12 à 24 mois à venir. Vous pourrez alors déterminer un plan de financement avec la bonne cadence.
Certaines situations imposent de ne pas attendre :
- Une forte croissance ou accélération commerciale, qui modifie structurellement les flux d’encaissements et le BFR.
- Un projet d’investissement significatif (capex industriel, acquisition, restructuration) qui génère des décaissements importants à planifier.
- Une opération de fusion-acquisition ou de LBO, qui implique une vision consolidée de la trésorerie, une modélisation des flux intra-groupe et une gestion de la dette.
- Une tension sur le BFR, notamment dans les secteurs à délais de paiement longs, à saisonnalité marquée ou à forte exposition aux retards clients.
- L’arrivée d’un DAF ou d’un trésorier, qui a besoin d’un cadre budgétaire structuré pour prendre ses marques et engager les discussions avec les partenaires bancaires.
Dans tous ces cas, attendre le quatrième trimestre reviendrait à piloter à vue. Pour accompagner votre croissance avec une trésorerie saine, consultez notre guide sur le pilotage de la croissance et le maintien de la trésorerie.
Et le bon rythme de mise à jour ?
Un budget construit en début d’année et jamais révisé perd toute valeur décisionnelle dès le deuxième trimestre. La régularité des révisions est non négociable pour les sociétés qui visent la performance.
- Révision mensuelle : c’est le standard pour les PME et ETI. Elle permet de comparer le réalisé au prévisionnel, d’ajuster les scénarios et d’identifier rapidement les écarts significatifs avant qu’ils n’impactent les ratios ou la relation bancaire.
- Révision trimestrielle : acceptable si l’activité et le chiffre d’affaires sont stables, les flux très prévisibles et le besoin de financement limité.
- Révision hebdomadaire : indispensable en période de tension de trésorerie, de forte croissance ou de restructuration financière.
Intégrez cette révision dans le calendrier de gouvernance financière de l’organisation—au même titre que la clôture mensuelle ou le reporting board.
Les encaissements prévisionnels
Les encaissements regroupent l’ensemble des flux entrants : règlements clients, acomptes, produits financiers, apport en capital, subventions ou remboursements. Le principe clé : raisonner en date réelle d’encaissement, pas en date de facturation. Un client qui règle à 60 jours fin de mois génère un encaissement deux mois après l’émission de la facture—c’est cette date qui détermine l’impact réel sur votre trésorerie.
Les décaissements prévisionnels
Les décaissements couvrent l’ensemble des sorties d’argent : charges d’exploitation, achat de matières premières, masse salariale, TVA, remboursements d’emprunts, investissements. Une attention particulière doit être portée aux postes soumis à saisonnalité ou à des échéances précises—remboursement d’emprunt, versement d’acompte sur impôt, pic d’activité—qui peuvent peser ponctuellement et significativement sur votre solde de trésorerie.
Le calcul du solde prévisionnel de trésorerie
La formule est simple :
Solde final = trésorerie de début + encaissements − décaissements
Par exemple : 50 000 € + 30 000 € − 40 000 € = 40 000 €.
Le solde de clôture d’une période devient le solde d’ouverture de la suivante. Cette continuité assure la cohérence de la projection sur l’ensemble de l’horizon budgétaire et permet de lire d’un seul regard la trajectoire de liquidité de votre organisation.
Modèle de suivi budgétaire
Anticipez les problèmes de trésorerie avec notre modèle Excel à télécharger
Je téléchargeQue faire si le solde prévisionnel de trésorerie est négatif ?
Un solde négatif prévu n’est pas une fatalité — c’est précisément pour cela que le budget de trésorerie existe : vous le détectez à l’avance, quand vous avez encore le temps d’agir.
Les principaux leviers à activer, selon l’urgence et le profil de votre entreprise :
1. Accélérer les encaissements
- Relancer immédiatement les clients en retard
- Négocier des acomptes ou paiements partiels
- Réduire les délais de paiement accordés aux nouveaux clients
- Mobiliser les créances si besoin
2. Ralentir ou lisser les décaissements
- Renégocier les délais fournisseurs
- Décaler les dépenses non critiques
- Étaler certains investissements
- Prioriser les paiements indispensables : salaires, charges sociales, fiscalité, fournisseurs stratégiques
3. Sécuriser un financement de court terme
- Découvert autorisé ou ligne de trésorerie
- Affacturage / cession de créances
- Prêt court terme ou réaménagement d’échéances
- Renforcement temporaire du cash via apport ou compte courant d’associé si pertinent
4. Réduire la consommation de cash
- Surveiller le BFR de près
- Réduire les stocks si possible
- Freiner les recrutements ou dépenses discrétionnaires
- Revoir les postes de coûts rapidement actionnables (travel freeze)
5. Resserrer le pilotage
- Mettre à jour le prévisionnel de trésorerie chaque semaine, voire chaque jour en période tendue
- Construire plusieurs scénarios avec des « worst case »
- Définir un plan d’action avec seuils d’alerte
Règle d’or : plus vous détectez la tension tôt, plus le panel de solutions disponibles est large — et moins leur coût est élevé.
Les erreurs à éviter dans la gestion de votre budget de trésorerie
Même un budget bien structuré peut induire des décisions erronées s’il repose sur des hypothèses incorrectes. Deux erreurs reviennent systématiquement.
La sous-estimation des décaissements récurrents
L’erreur la plus fréquente : sous-estimer — ou omettre — des charges récurrentes comme la masse salariale, les cotisations sociales ou les loyers.
Exemple : vous provisionnez 15 000 € de charges mensuelles pour les salaires, alors que la masse salariale et les charges réelles atteignent 20 000 €. Sur un trimestre, l’écart cumulé de 15 000 € suffit à faire basculer le solde de trésorerie dans le rouge—et à déclencher une alerte non anticipée.
La correction : établissez une liste exhaustive de vos décaissements récurrents (trésorerie sortante) et confrontez-la chaque mois à votre comptabilité et à vos relevés bancaires.
L’oubli des décalages liés à la TVA et aux délais de règlement
La TVA collectée au mois 1 n’est reversée qu’au mois 2. Un client qui règle à 60 jours ne génère une trésorerie entrante que deux mois après la facturation. Ces décalages, s’ils ne sont pas intégrés au budget, gonflent artificiellement le solde de trésorerie prévisionnel—et masquent une tension réelle sur la liquidité.
La correction : positionnez chaque flux à sa date réelle de mouvement de fonds, en intégrant vos délais de paiement clients (DSO) et fournisseurs (DPO).
Quand passer d’Excel à un TMS comme Cegid Allmybanks ?
Excel reste un point de départ acceptable pour les structures mono-entité avec des flux limités. Mais certains signaux indiquent clairement qu’il est temps de migrer vers des outils dédiés :
- La multiplication des entités, des banques et des comptes rend la consolidation manuelle longue, fastidieuse et génératrice d’erreurs—incompatible avec les exigences d’un reporting board ou d’un audit.
- La pression croissante sur la fiabilité du forecast cash : board, actionnaires et partenaires bancaires attendent des projections traçables et audit-ready qu’Excel ne peut pas garantir.
- La multiplication des incidents : erreurs de saisie, formules cassées, versions contradictoires du fichier—chaque erreur consomme du temps d’analyse et peut fausser une décision stratégique.
- L’ambition d’un pilotage en temps réel, avec des prévisions glissantes, des scénarios consolidés multi-entités et un suivi automatisé des écarts prévu/réalisé, dépasse structurellement ce qu’un tableur peut offrir.
À lire : 5 signaux critiques : votre trésorerie est-elle bridée par Excel ?
Le choix de l’outil dépend alors de votre profil. Pour une PME mono-entité qui quitte Excel, un logiciel de trésorerie comme Cegid Exabanque suffit à centraliser les comptes et fiabiliser les rapprochements. Les ETI et groupes multi-entités s’orienteront vers un logiciel de trésorerie pour ETI comme Cegid Allmybanks, qui consolide le multi-banque et le multi-entité en temps réel.
Pour découvrir comment piloter votre gestion de trésorerie avec plus de précision et de fiabilité, explorez Cegid Allmybanks.
Conclusion : faites du budget de trésorerie un outil de gouvernance financière
Un budget de trésorerie n’est pas un tableau statique à produire en début d’exercice. C’est un outil de gouvernance financière qui structure vos décisions d’investissement, protège votre liquidité contre les tensions imprévues, ou vous permet de placer les excédents de trésorerie, sécurise le respect de vos covenants bancaires et renforce la crédibilité de votre organisation auprès de ses dirigeants et partenaires financiers.
Construisez-le au quatrième trimestre, révisez-le chaque mois, et dotez-vous des bons outils dès que la complexité de vos flux ou les exigences de votre board le justifient. La direction financière gagne en temps d’analyse, la direction générale gagne en confiance décisionnelle.
Questions fréquentes sur le budget de trésorerie
Le budget de trésorerie est un outil de gouvernance stratégique qui modélise vos flux financiers sur 12 à 24 mois. Il sert aux décisions d’investissement, à la gestion des covenants bancaires et à la négociation du financement. Le plan de trésorerie est opérationnel : il pilote le cash mois par mois et permet de détecter les tensions en cours d’activité. La gestion de trésorerie est plus opérationnelle, et couvre un horizon plus court. Ces outils répondent à des niveaux de décision distincts et se complètent au sein d’un dispositif de pilotage financier cohérent pour l’entreprise.
Établir un budget de trésorerie est important parce qu’une entreprise peut être rentable sur le papier et manquer de cash au mauvais moment. Le budget de trésorerie est le seul outil qui rend ce risque visible à l’avance — généralement 2 à 3 mois avant qu’une tension ne survienne.
Une révision mensuelle constitue le standard pour les PME et ETI. Elle permet de comparer le réalisé au prévisionnel, d’ajuster les scénarios et d’identifier les écarts avant qu’ils n’impactent les ratios ou la relation bancaire. Si l’activité est stable et les flux très prévisibles, une révision trimestrielle peut suffire. En période de tension de liquidité, de croissance rapide ou de restructuration, une mise à jour hebdomadaire s’impose. Un TMS comme Cegid Allmybanks automatise ce suivi et offre une vision consolidée en temps réel, ce qui rend les révisions plus rapides et plus fiables.
Excel reste utilisable pour une structure mono-entité avec des flux limités. Mais il atteint rapidement ses limites dès que la gestion de trésorerie se complexifie : versions contradictoires, absence de traçabilité, risques d’erreurs de saisie, impossibilité de consolider automatiquement plusieurs entités ou comptes bancaires. Dès que votre organisation exige un pilotage consolidé, audit-ready et fiable, un TMS comme Cegid Allmybanks est l’outil adapté : il automatise la collecte des données bancaires, consolide multi-banques et multi-entités, et garantit une gestion de trésorerie conforme aux exigences de gouvernance des PME et ETI.
Le budget de trésorerie permet d’identifier les périodes à risque sur votre horizon de 12 mois et d’agir avant que la tension ne devienne critique. Si votre budget annonce un solde de -40 000 € au mois 3, vous anticipez un financement dès le mois 2—dans de bonnes conditions, sans pression. Les leviers d’action à votre disposition : sécuriser une ligne de crédit revolving, activer une cession de créances, ralentir un investissement non prioritaire, ou relancer le recouvrement clients pour réduire votre DSO et accélérer vos entrées de trésorerie.
Sources : Étude Coface, 2025
Comment se compose un budget de trésorerie ?
La construction d’un budget de trésorerie repose sur les flux monétaires prévisionnels : les encaissements prévisionnels, les décaissements prévisionnels, qui détermineront le solde de trésorerie résultant.