Gestion des talents
Pénurie de talents en santé au Canada : comprendre l’urgence pour mieux recruter
18 juin 2026
3 min
10 chiffres pour mesurer l’impact de la pénurie
1. Un taux de vacance encore élevé : Après un pic avoir connu un pic à plus de 7% en 20231, la santé et de l’assistance sociale demeurent le secteur avec le plus haut taux de postes vacants (4,8 %) en 20252. Un chiffre en baisse, mais un niveau de tension persistant
2. Des délais de recrutement étirés :
Les annonces de plus d’1 poste sur 2 (52,5%) restent affichées plus de 90 jours. La moyenne globale est à 31%.3 Le Délai moyen d’embauche pour une infirmière expérimentée tourne autour de 83 jours.4
3. Une fuite des talents précoce :
57 % des candidats abandonnent le recrutement en cours de route à cause de processus trop complexes ou trop longs.5
4. L’épuisement professionnel généralisé :
93% des infirmières présentent des symptômes de burnout.6
5. Le mur démographique :
Le nombre de travailleurs et travailleuses de santé a doublé depuis 1998… et près d’1 personne sur 5 partira en retraite dans les 10 prochaines années.7
6. Une concurrence féroce :
78 % des employeurs du secteur santé et assurance observent une hausse des coûts de main-d’œuvre et ajustent leur stratégie de rémunération/avantages en conséquence.8
7. La mobilité internationale freinée :
Le processus de reconnaissance des diplômes étrangers dans les professions de santé réglementées peut prendre plusieurs mois et atteindre 12 à 18 mois selon les provinces, les professions et la nécessité d’examens ou de formation complémentaire.9
8. Le poids de l’administratif :
Les professionnels de la santé consacrent jusqu’à 50% de leur temps à des tâches administratives, un irritant majeur qui affecte la rétention.10
9. Un poids également financier :
Ces processus représentent jusqu’à 25% du budget national en matière de santé.11
10. Le recours au personnel d’agence :
Pour pallier les manques, les hôpitaux ont acheté 7,8 millions d’heures de personnel via agences. Dans certaines régions, cela correspond à environ +261 % d’augmentation dans certaines régions rurales et éloignées depuis 2019–2020.12
Pourquoi le secteur de la santé perd-il ses candidats ?
À la lecture de ces données, la pénurie ne se résume pas à un déficit quantitatif de main-d’œuvre, mais à une accumulation de frictions systémiques qui dégradent à la fois l’attractivité et la rétention.
Des processus de recrutement qui perdent de candidats
Dans un contexte où les postes restent vacants sur des durées prolongées, la vitesse et la simplicité du recrutement font toute la différence. Les processus restent souvent séquentiels, multi-validés et dépendants de nombreuses interactions internes, ce qui allonge les délais et augmente la friction. Sur un marché où les candidats sont déjà sollicités ailleurs, cette lenteur se traduit directement par des abandons en cours de parcours, réduisant fortement le taux de conversion des candidatures en embauches effectives.
Une tension croissante entre attentes des candidats et réalité du système
Les professionnels de santé évoluent dans un environnement marqué par une forte intensité du travail et des niveaux élevés d’épuisement, ce qui renforce leurs exigences en matière de qualité de vie, de transparence et de clarté des parcours professionnels. Le processus de recrutement est à voir comme un premier signal de l’expérience employeur : lorsqu’il est perçu comme opaque, lent ou peu structuré, il dégrade rapidement l’engagement des candidats et accélère leur désengagement avant même la finalisation du processus.
Des organisations encore contraintes par des structures de pilotage fragmentées
Les établissements de santé restent confrontés à des organisations internes où les outils et responsabilités liés au recrutement sont dispersés, limitant la fluidité et la réactivité des processus. Cette fragmentation réduit la capacité à absorber la pression concurrentielle du marché et à accélérer les prises de décision. Dans un environnement où les stratégies d’attractivité s’intensifient, cette rigidité structurelle devient un facteur aggravant de la difficulté à attirer et retenir les talents.
À retenir
La perte de candidats dans le secteur de la santé résulte autant d’un déficit quantitatif de main-d’œuvre que d’un enchaînement de frictions organisationnelles et d’un décalage croissant entre les attentes des candidats et la capacité des établissements à proposer des parcours de recrutement rapides, lisibles et compétitifs.