Responsable Fiscal Corporate, Eric Chatorrier revient sur les grandes étapes de la digitalisation de la fiscalité au sein du groupe Safran. Dès le départ, la volonté d’outiller les processus a non seulement permis d’assurer la conformité mais aussi de devancer les demandes de l’Administration. Eric Chatorrier nous explique également que la fiscalité n’est jamais une destination mais bien un voyage, où la formation et l’innovation permettent d’aborder plus sereinement un domaine particulièrement complexe.

Pouvez-vous nous présenter brièvement le groupe Safran et son organisation ?

Safran est un groupe international de haute technologie, opérant principalement dans les domaines de l’aéronautique, de l’espace et de la défense. Nous sommes implantés sur tous les continents, avec 76 800 collaborateurs répartis dans 27 pays.

L’un des principaux marqueurs du groupe, c’est sa forte capacité d’innovation. Nous sommes une société d’ingénieurs, très portée sur la recherche et le développement. Safran était d’ailleurs le premier groupe français en termes de brevets déposés l’année dernière.

 

Pourquoi avez-vous entamé une démarche de digitalisation de votre gestion fiscale ?

Chez Safran, nous avons la volonté d’innover pour améliorer la performance.

La transformation digitale est une démarche de progrès continue qui colle parfaitement à notre ADN.

Nous avons très tôt mis en place des solutions digitales au sein de la direction fiscale. Nous avons commencé avec un outil pour gérer l’intégration fiscale de nos sociétés, une problématique de taille pour un grand groupe comme Safran. L’intégration se prêtait bien à la digitalisation, cela a été un succès, et tout est parti de là.

Ensuite, il y a eu une acculturation digitale. Et lorsque l’Administration a commencé à nous demander des déclarations et des paiements dématérialisés, nous étions prêts. Nous avons capitalisé sur cette culture numérique au sein de la direction fiscale pour développer un environnement digital plus large.

En partant de l’intégration fiscale, nous avons donc posé les bases d’une démarche qui ne s’est jamais interrompue depuis. Nous avons toujours été proactifs. Les demandes de l’Administration n’ont jamais été perçues comme une contrainte mais plutôt comme une opportunité.

 

Quelles solutions avez-vous déployé ?

Nous avons déployé Cegid Tax Ultimate en SaaS et Full Web ainsi qu’un coffre-fort numérique et les solutions de formation Cegid Learning. Nous étions d’ailleurs l’un des premiers groupes à avoir basculé la gestion de notre fiscalité sur Cegid Tax Ultimate. Nous avons travaillé en partenariat avec Cegid sur une version test avant même la commercialisation finale. Pour la formation, Cegid Learning nous a permis de concevoir des cursus adaptés à notre métier.

Mais nous avons aussi développé d’autres outils numériques en interne au niveau de la direction fiscale : un chatbot pour répondre aux questions fiscales simples des utilisateurs à travers le Groupe, un outil de vérification automatique des numéros de TVA intracommunautaires, ou encore un « clausier digital » qui regroupe les clauses fiscales conformes à la politique du Groupe.

Cela traduit assez bien l’appétence au digital de nos équipes. Le but est de décharger les collaborateurs de tâches répétitives pour qu’ils se recentrent sur les tâches à plus forte valeur ajoutée : le conseil et le support.

 

Comment s’est passé le déploiement de ces nouveaux outils auprès des équipes ?

Les nouveaux outils, les mises à jour régulières et les formations font partie du métier depuis un certain temps. On commence à être rodé : la digitalisation est déjà bien acquise et bien accueillie par les utilisateurs comptables et fiscaux. Elle est au cœur de nos métiers. Le déploiement se fait donc de manière fluide.

Ce qui compte, c’est la préparation et la communication en amont des projets. Cela passe notamment par le soutien des consultants, Cegid par exemple, et par la mise en place de formations aux nouveaux outils.

Un exemple grandeur nature : avec le rachat de Zodiac en 2018, nous avons dû converger en termes de processus et de solutions. Les deux entités avaient une bonne culture digitale et il n’y a pas eu de résistance. Le changement a été bien accueilli.

Donc 3 étapes importantes à retenir : préparation, communication et formation. En plus, avec le Full Web et le SaaS, ces outils sont faciles à intégrer.

 

Quels sont les bénéfices que vous observez à ce jour ? Qu’est-ce que cela change pour les équipes au quotidien ?

Du point de vue de l’entreprise, je noterais trois bénéfices principaux. La conformité : toutes nos déclarations sont mises en forme automatiquement et à jour des évolutions réglementaires grâce à la veille décentralisée. La traçabilité : nous gardons l’historique sur toutes nos données et nos déclarations fiscales obligatoires. La sécurisation : à la fois des processus et des données.

Du point de vue des utilisateurs, ces nouveaux outils génèrent une amélioration des processus fiscaux. Ce qui favorise l’allègement et la fiabilisation des tâches, donc un gain de temps et moins de stress !

 

 

Avez-vous des projets à venir pour poursuivre votre digitalisation ?

Nous maintenons une veille constante pour suivre et anticiper les évolutions techniques, les nouvelles propositions de l’éditeur et les exigences de l’Administration fiscale. Comme je le disais, la transformation digitale est une démarche de progrès continue.

Safran – En Bref :

  • Spécialiste des hautes technologies, avec 5 cœurs de métiers : la propulsion aéronautique, les équipements aéronautiques, les intérieurs d’avion, la défense et l’espace
  • 76 800 collaborateurs à travers 27 pays
  • 15,3 milliards de chiffre d’affaires (en 2021)
  • 1er déposant de brevets en France en 2021
  • Objectif 2050 : une aviation neutre en carbone