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Indicateurs extra-financiers : définition, exemples et pilotage

Le 30 septembre 2022

Modifié le 10 septembre 2026

10 min

Un indicateur extra-financier mesure la performance environnementale, sociale et de gouvernance d'une entreprise. Depuis l'exercice 2024, la DPEF a cédé la place au rapport de durabilité CSRD (Corportate Sustainability Reporting Directive) pour les grandes entreprises concernées. Performance financière et critères ESG sont désormais indissociables ; ils offrent une vision plus complète et plus exhaustive de la performance réelle d'une organisation, mais aussi de son impact sur son environnement, ses collaborateurs et l'ensemble de ses parties prenantes. Pour les directions financières, ils deviennent une clé de lecture incontournable de la valeur créée sur le long terme.

Dans cet article, nous détaillons ce qu'est un indicateur extra-financier, avec des exemples par pilier ESG, les obligations réglementaires liées au reporting de durabilité (CSRD) et les bonnes pratiques pour piloter ces indicateurs de façon fiable et auditable.

L’essentiel à retenir sur les indicateurs extra-financiers

  • Définition : un indicateur extra-financier quantifie l’impact ou la performance d’une organisation sur les plans environnemental, social et de gouvernance (ESG).
  • Trois piliers ESG : chaque pilier regroupe des KPI spécifiques.
  • Exemples : émissions CO₂, écart salarial femmes-hommes, part de femmes au conseil d’administration, montant des amendes.
  • Obligation de publication : depuis 2024, les grandes entreprises publient un rapport de durabilité CSRD structuré selon les normes ESRS ; les seuils évoluent avec la directive Omnibus I (transposition française attendue d’ici mars 2027).
  • Pilotage : un outil auditable et centralisé (ERP) fiabilise la collecte et sécurise la piste d’audit exigée.

Qu’est-ce qu’un indicateur extra-financier ?

Un indicateur extra-financier évalue ce qu’un bilan comptable ne montre pas : l’empreinte carbone, les conditions de travail, l’éthique de gouvernance. On le qualifie d’« extra » parce qu’il se situe hors du périmètre de la comptabilité classique : chiffre d’affaires, marge, trésorerie.

À ne pas confondre :

  • ESG désigne les trois piliers de mesure de la performance extra-financière (Environnement, Social, Gouvernance).
  • RSE renvoie à la démarche volontaire d’une entreprise en matière de responsabilité sociétale.
  • Reporting extra-financier (ou rapport de durabilité) est l’obligation de publier ces informations sous la forme d’un document structuré selon les normes ESRS, intégré au rapport de gestion.

 

Indicateur financier vs indicateur extra-financier

Critère Indicateur financier Indicateur extra-financier
Nature de la donnée Monétaire (€) Physique, sociale ou qualitative
Source Comptabilité, ERP SIRH, achats, énergie, enquêtes internes
Horizon de temps Court terme (exercice) Moyen-long terme
Norme de référence PCG, IFRS ESRS, GRI, SASB
Obligation d’audit Commissariat aux comptes Assurance limitée (CAC ou OTI habilité)

Pour approfondir les métriques comptables, consultez notre article sur les indicateurs financiers.

Les 3 piliers ESG et leurs indicateurs

Pilier environnemental (E)

Ce pilier mesure l’impact de l’activité sur les ressources naturelles et le climat. Il couvre les émissions de gaz à effet de serre (GES), la consommation d’énergie, d’eau, ainsi que la gestion des déchets.

Indicateurs types : émissions CO₂ (scopes 1, 2, 3), consommation d’énergie totale et décarbonée, volume d’eau prélevée, taux de valorisation des déchets.

 

Pilier social (S)

Le pilier social évalue les relations de l’entreprise avec ses salariés, sous-traitants et communautés locales. Il traduit la politique RH, la diversité, la formation et les conditions de travail.

Indicateurs types : part de femmes dans l’effectif, femmes managers, écart de salaire femmes-hommes, heures de formation par salarié, taux d’emploi de personnes en situation de handicap, taux d’absentéisme.

 

Pilier de gouvernance (G)

La gouvernance analyse la transparence, l’éthique des affaires et la structure de décision. Elle intéresse particulièrement les investisseurs soucieux de maîtrise des risques.

Indicateurs types : part de femmes au conseil d’administration, nombre d’instances judiciaires en cours, rémunération médiane et moyenne des dirigeants, montant des amendes ou sanctions.

 

Tableau récapitulatif des critères extra-financiers

Pilier Exemples d’indicateurs Ce qu’il mesure, unité et mode de calcul Norme ESRS correspondante
E Émissions CO₂ Impact climatique – tCO₂e (somme scopes 1+2+3) E1 Climat
E Consommation d’énergie Ressources énergétiques – MWh/an E1 Climat
E Eau consommée Pression sur la ressource – m³/an E3 Eau
E Taux de valorisation déchets Économie circulaire – % (tonnage valorisé / tonnage total) E5 Économie circulaire
S Part de femmes Mixité – % (effectif féminin / effectif total) S1 Personnel
S Écart salarial F/H Équité salariale – % (écart médian de rémunération) S1 Personnel
S Heures de formation Investissement RH – heures/salarié/an S1 Personnel
S Taux d’absentéisme Climat social – % (jours d’absence / jours travaillés) S1 Personnel
G Femmes au CA Gouvernance paritaire – % (sièges féminins / total) G1 Conduite des affaires
G Montant des amendes Conformité réglementaire – € cumulés sur l’exercice G1 Conduite des affaires

A noter : les normes ESRS font l’objet d’un jeu de données allégé en cours de simplification, réduisant le nombre de datapoints obligatoires [1].

Reporting extra-financier : qui est concerné en 2026 (de la DPEF à la CSRD)

DPEF, directive CSRD, ESRS : ce qui a changé depuis 2024

La Déclaration de Performance Extra-Financière (DPEF), issue de la NFRD, a été remplacée par le rapport de durabilité CSRD pour les entreprises dans le champ depuis l’exercice 2024 [2]. Ce rapport est intégré au rapport de gestion, structuré selon les normes ESRS, publié en format numérique balisé (XBRL) et soumis à une assurance limitée par un commissaire aux comptes ou un organisme tiers indépendant habilité (OTI).

Le rapport de durabilité repose sur le principe de double matérialité : l’entreprise analyse à la fois l’impact de ses activités sur l’environnement et la société, et l’influence des enjeux ESG sur sa propre performance économique.

Pour en savoir plus, consultez notre guide sur le rapport CSRD.

 

Quelles entreprises sont concernées par la déclaration de performance extra-financière ?

Plusieurs évolutions réglementaires ont modifié le périmètre :

  • Stop-the-clock (directive UE 2025/794, avril 2025) : report de deux ans des vagues 2 et 3.
  • Omnibus I (directive UE 2026/470, en vigueur le 18 mars 2026) : le seuil principal passe à 1 000 salariés et 450 M€ de chiffre d’affaires net ; les PME cotées sortent du périmètre [3].

Important : la transposition française est attendue au plus tard le 19 mars 2027. D’ici là, les seuils Omnibus ne constituent pas encore le droit français définitif [3].

Vague Entreprises concernées 1er exercice 1re publication
1 Grandes entreprises ex-NFRD (>500 salariés, entités d’intérêt public) 2024 2025
2 Autres grandes entreprises (nouveaux seuils après transposition) 2027 2028
3 PME cotées (si maintenues après Omnibus) 2028 2029

Hors CSRD, d’autres obligations RSE subsistent selon les seuils : bilan carbone (BEGES), Index Égalité professionnelle.

Le risque de non-conformité reste mesuré, mais une publication incomplète ou tardive peut affecter l’image auprès des investisseurs et des donneurs d’ordre.

Pourquoi suivre ses indicateurs extra-financiers ?

Bénéfices internes

Les collaborateurs s’impliquent davantage lorsqu’ils perçoivent l’engagement réel de leur employeur.

  • Attractivité et fidélisation des talents : des indicateurs extra-financiers bien pilotés renforcent l’image employeur et facilitent la rétention des profils clés.
  • Implication des collaborateurs : la transparence sur les engagements de l’entreprise améliore l’adhésion des équipes et le sentiment d’utilité au travail.
  • Qualité du dialogue social : des indicateurs partagés objectivent les enjeux sociaux et facilitent les échanges avec les instances représentatives du personnel.
  • Productivité : un meilleur pilotage des dimensions sociales et managériales soutient la performance collective et réduit les coûts liés au désengagement.
  • Maîtrise des risques RH : le suivi extra-financier permet d’anticiper le turnover, l’absentéisme et les pertes de savoir-faire.

 

Bénéfices externes

Pour la DAF et le comité de direction, l’enjeu est avant tout financier, prudentiel et réputationnel :

  • Accès au financement : une démarche ESG crédible facilite l’accès à des financements dédiés, améliore les conditions bancaires et élargit les options de refinancement, notamment via les prêts indexés ESG et les obligations vertes.
  • Coût du capital : les entreprises les mieux notées sur les critères ESG peuvent réduire leur coût de financement, avec un impact direct sur la création de valeur et la capacité d’investissement.
  • Notation extra-financière : une bonne performance ESG améliore les évaluations des agences extra-financières et renforce l’attractivité de l’entreprise auprès des investisseurs et des partenaires financiers.
  • Appels d’offres : la maîtrise des indicateurs extra-financiers devient un prérequis dans de nombreux appels d’offres, car les donneurs d’ordre intègrent de plus en plus des critères RSE et ESG dans leurs consultations.
  • Marque employeur et résilience : une stratégie ESG structurée soutient la fidélisation des talents, renforce la robustesse opérationnelle et contribue à une performance durable dans le temps.

Comment piloter sa performance extra-financière ?

Le rôle central de la DAF

La DAF est le business partner naturel de la RSE. Elle intègre le reporting de durabilité au reporting financier, pilote les critères ESG dans la recherche de financements et sensibilise les parties prenantes internes – notamment les achats, souvent sollicités lors des appels d’offres.

L’assurance limitée obligatoire, réalisée par un commissaire aux comptes ou un OTI, fait de la fiabilité de la donnée un enjeu directement lié à la DAF : toute erreur ou incohérence peut remettre en cause la certification du rapport.

Quelques chiffres clés

  • 64 % des directions financières intègrent des éléments extra-financiers dans leurs reportings ou leurs modèles de pilotage.
  • Seulement 40 % jugent leur maîtrise de la donnée extra-financière satisfaisante.
  • Parmi les principaux freins opérationnels identifiés, 56 % citent la multiplicité des sources, 55 % le faible niveau d’automatisation et 45 % la qualité hétérogène des données amont.

Source : Etude priorités des DAF 2026 – PwC

 

Structurer un rapport extra-financier fiable et auditable

Un des enjeux spécifiques concerne la collecte des données non structurées. Un bon outil de pilotage doit :

  • Centraliser les données issues de sources multiples (SIRH, achats, énergie, ERP).
  • Automatiser la collecte pour réduire les ressaisies et les erreurs.
  • Tracer chaque donnée (piste d’audit) pour répondre aux exigences de l’assurance limitée.
  • Absorber les évolutions normatives sans refonte majeure.

Un exemple : l’optimisation des tournées de transport, pilotée depuis un ERP, contribue directement à la baisse des émissions de CO₂ et alimente l’indicateur E1 du rapport de durabilité.

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  • rassembler les données extra-financières éparses,
  • automatiser la collecte et réduire les ressaisies manuelles,
  • sécuriser la piste d’audit pour préparer la certification,
  • absorber les évolutions de normes et de périmètre.

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Indicateurs extra-financiers : questions fréquentes

Quels sont les différents types d'indicateurs extra-financiers ?

On distingue généralement trois types : les indicateurs de moyens (ressources engagées, ex. : budget formation), les indicateurs de résultats (effets mesurés, ex. : taux de femmes promues) et les indicateurs d’impact (conséquences à long terme, ex. : réduction nette des émissions). Chacun peut relever des domaines ESG (Environnement, Social, Gouvernance).

Qu'est-ce que la notation extra-financière (ESG) ?

La notation extra-financière est une évaluation réalisée par une agence tierce (EcoVadis, MSCI, Moody’s ESG…) qui attribue un score aux pratiques ESG d’une entreprise. Elle est utilisée par les investisseurs et les donneurs d’ordre pour comparer les acteurs d’un secteur. À ne pas confondre avec le reporting réglementaire : la notation est une évaluation externe, le reporting une obligation de publication.

Les PME sont-elles concernées par les indicateurs extra-financiers ?

Depuis la directive Omnibus I, la plupart des PME sortent du périmètre CSRD. Toutefois, elles peuvent opter pour un reporting volontaire (standard VSME) ou être sollicitées par leurs clients grands comptes au titre de la chaîne de valeur. Des obligations RSE parallèles subsistent selon les seuils : bilan carbone (BEGES), Index Égalité.

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