Stratégie data-driven, quels enjeux et perspectives pour les RH ?

A l’heure où la digitalisation se poursuit dans tous les domaines, la data est un véritable levier de croissance et de performance pour les ressources humaines. En quoi les services RH ont-ils tout intérêt à s’approprier et à analyser les données collectées ? Pourquoi le RH de demain a-t-il tout à gagner en innovant et en adoptant une culture de plus en plus « data-centric » ?

Optimiser le processus de recrutement

En se basant sur une approche data-driven, les services RH se servent de données concrètes pour améliorer le déroulement de leur campagne de recrutement :

  • Rendre le recrutement toujours plus objectifen prenant en compte les hard skills (diplômes, expériences professionnelles, orthographe, compétences informatiques…) et les soft skills (prise d’initiatives, esprit d’équipe, autonomie…). L’objectivité prend le pas sur la subjectivité et le recrutement à l’instinct.
  • Encourager le recrutement collaboratif en invitant l’ensemble des collaborateurs à remplir des grilles de critères de sélection.
  • Gagner du temps en automatisant l’étape du tri des candidatures. L’idée est de permettre aux recruteurs de se consacrer à des tâches à plus forte valeur ajoutée et d’éviter de passer à côté d’éléments pertinents sur la multitude de CV qu’ils peuvent recevoir.

Le parcours candidat peut également être amélioré grâce à la data :

  • Simplifier le sourcing et engager des échanges avec des profils pertinents via des réseaux sociaux professionnels comme LinkedIn.
  • Répondre à tous les candidats qui postulent via des messages personnalisés,
  • Envoyer des updates ciblés sur l’entreprise aux candidats n’ayant pas été choisis.

Les objectifs ? Détecter des profils intéressants, entretenir le vivier de talents sur la durée et soigner l’image de marque de l’entreprise.

Enfin, une stratégie data-driven mise en place au sein des services RH permet à l’entreprise de mieux maîtriser ses coûts et d’optimiser ses investissements lors d’une campagne de recrutement. L’idée est de mieux connaître le comportement des candidats. Quels sont les sites qui attirent le plus de talents qualifiés ? Quels sont les sites qui entraînent le plus d’envoi de candidatures ?

Faciliter l’intégration des nouveaux collaborateurs

C’est un fait : la phase d’onboarding est déterminante pour découvrir le fonctionnement et les perspectives de l’entreprise, comprendre les attentes du manager, faire connaissance avec les autres salariés, s’approprier la culture et les valeurs de la société, faire en sorte que les nouveaux collaborateurs soient confiants dans leur nouveau poste, etc.

Un onboarding qui n’a pas fonctionné peut avoir d’importantes conséquences : au-delà du préjudice financier, l’entreprise doit recommencer son processus de recrutement. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 1 cadre sur 3[1] a déjà démissionné à la suite d’une mauvaise intégration. De même, 65%1 des cadres ont quitté l’entreprise dans les 6 mois qui ont suivi leur arrivée.

En quoi la data permet-elle d’améliorer l’onboarding ?

  • Offrir une expérience toujours plus digitale et ciblée,
  • Proposer des messages personnalisés au fur et à mesure de l’avancée du parcours d’intégration, qui sont adaptés à chacun des profils en phase d’onboarding,
  • Identifier les besoins spécifiques des nouveaux collaborateurs et proposer des solutions adaptées (formation à un logiciel, etc.).

Pour les nouveaux collaborateurs, cela signifie un meilleur suivi durant cette période et une intégration facilitée, pour l’entreprise cela permet de sécuriser un recrutement et donner les meilleures chances de réussite au collaborateur dans son nouveau poste.

Améliorer l’expérience collaborateur

Aujourd’hui, il est primordial d’offrir une expérience collaborateur satisfaisante pour fidéliser les salariés ! Réduire le turnover et le taux d’absentéisme, véhiculer une image positive de l’entreprise, attirer de nouveaux talents, augmenter la productivité des salariés… les avantages sont indéniables.

Une stratégie data-driven peut aider à proposer une meilleure expérience collaborateur. En collectant et en analysant les données via des questionnaires et/ou des sondages, les services RH obtiennent de précieuses informations qui permettent à court ou moyen terme d’améliorer le bien-être des collaborateurs :

  • Mieux connaître les salariés de l’entreprise en identifiant les connaissances théoriques et les compétences techniques de chacun d’entre eux,
  • Proposer des formations ciblées qui correspondent à la fois aux attentes des collaborateurs et aux besoins de l’entreprise,
  • Repenser la politique de rémunération de la société : ajuster les salaires en temps réel en fonction de la tension de tel ou tel poste sur le marché du travail.
  • Diminuer, voire éviter le désengagement au travail en mettant en place une stratégie de rétention.

Aider à la gestion des talents

A l’ère du digital, les talents sont de plus en plus agiles, mobiles et capables de s’auto-former.

En quoi une approche data-driven permet-elle d’améliorer la gestion des talents et de retenir ces profils précieux pour l’entreprise ?

  • Suivre avec attention la montée en compétences de chacun des collaborateurs,
  • Repérer un profil idéal pour un nouveau poste à partir du vivier interne de talents de l’entreprise,
  • Suggérer de nouvelles missions, favoriser la mobilité en interne, orienter les carrières, etc.

 

Recruter, intégrer, fidéliser, encourager : l’agrégation et l’analyse de données pertinentes permet aux services RH de mieux répondre aux attentes des collaborateurs et, par conséquent, de favoriser la productivité de l’entreprise.

 

[1] Etude Cadremploi sur l’onboarding – 2019

Directions RH & Analytique : qui ne tente rien n’a rien…