Retail & Fashion

La RFID s’impose enfin dans le retail

23 Jan 2017

Des années qu’on en parle, qu’on l’annonce comme la technologie qui va révolutionner la logistique et le commerce de demain… Mais au-delà du pass Navigo et des badges de télépéage, force est de constater que l’adoption de la RFID tardait un peu à s’imposer. Pourtant, depuis peu, un vent nouveau souffle sur les technologies d’identification et la RFID pourrait bien balayer d’un revers d’étiquette son ancêtre le code à barres.

Si la technologie RFID date du siècle dernier, et les premières applications dans le retail à la fin des années 2000, elle suscite ces derniers mois un large engouement parmi les acteurs du retail. Une tendance dictée par les poids lourds du secteur. Outre-atlantique, après quelques années de test sur un périmètre restreint de magasins, le mastodonte Macy’s a en effet récemment adopté la RFID, contraignant tous les fournisseurs de ses enseignes Macy’s et Bloomingdales à équiper à leur tour leurs articles de puces RFID. Les marques étrangères qui souhaitent continuer à distribuer dans les grands magasins du groupe n’ont donc d’autre choix que d’étiqueter articles et palettes… C’est par exemple le cas de Lacoste, qui équipe depuis deux ans déjà ses produits destinés au marché US de puces RFID. Et à en croire Didier Mattalia de chez Tagsys RFID, fournisseur de systèmes RFID dédiés à l’industrie du Luxe et du Retail, Macy’s n’est pas un cas isolé car :

« aux Etats-Unis, d’ici fin 2015, la majorité des retailers seront équipés… ».

Une technologie désormais accessible

Rappelons qu’un des freins à l’adoption de la technologie RFID a longtemps été son coût. Sans compter qu’au coût unitaire de chaque puce s’ajoute pour les distributeurs français les frais liés à sa désactivation, opération obligatoire dans l’Hexagone. Rentable dans le secteur du luxe, les étiquettes RFID représentaient donc jusqu’à récemment un intérêt bien moindre dans le prêt-à-porter. Mais lorsqu’un géant du retail de la stature d’un Macy’s impose une technologie, ce sont des millions de pièces qui sont en jeu, des volumes de commandes qui se traduisent mécaniquement par une réduction drastique du coût unitaire des puces, profitant ainsi à l’ensemble du marché…

« Toutefois, si les retailers nord-américains semblent conquis par la RFID, leurs homologues européens tardent à s’équiper. En Europe, cette technologie est davantage plébiscitée par les marques, qui l’utilisent pour optimiser leur circuit de distribution global et répondre aux contraintes et demandes des retailers US en terme d’étiquetage », souligne Didier Mattalia.

Malgré des coûts d’intégration encore non négligeables, s’équiper en étiquettes et en lecteurs RFID devient donc aujourd’hui plus accessible. Une bonne nouvelle pour l’industrie du retail car au-delà de la tendance, rappelons que les bénéfices sont légion : traçabilité accrue des produits, gestion des stocks et inventaires magasin simplifiés, gains de temps sur la manutention et le contrôle qualité, lutte contre la contre-façon, réduction des temps d’attente en caisse… Et comme le rappelle Didier Mattalia:

« Avec 3 % à 7 % d’augmentation des ventes, les résultats des enseignes équipées en RFID démontrent l’impact direct de cette technologie sur le chiffre d’affaires. »

En fonction des fréquences (HF ou UHF), les technologies et les usages diffèrent. Les puces utilisées pour marquer les vêtements ou les objets en logistique (ultra hautes fréquences pour une lecture à distance) ne sont par exemple pas les mêmes que celles qui figurent sur les cartes de fidélité des clients en magasin (typiquement du NFC). Reste que pour tirer pleinement profit de cette technologie et en optimiser la portée, la RFID doit être associée à chaque maillon de la chaine de distribution, c’est-à-dire dans les usines jusque sur les points de vente, en passant par les plates-formes logistiques. Un pas que certaines enseignes comme Décathlon n’hésitent pas à franchir…

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