QVT et RSE : 2 notions indissociables ?

La Responsabilité sociétale et environnementale (RSE) constitue aujourd’hui une préoccupation majeure des entreprises. Environnement et écologie n’en sont pas nécessairement les thématiques principales : les conditions de travail jouant un grand rôle dans la perception de ce qu’est une entreprise « responsable ». La RSE serait-elle avant tout une affaire de QVT ?

RSE et QVT : une convergence d’objectifs

D’après le baromètre de l’entreprise responsable 2020 seuls 8% des salariés sont invités à intégrer la RSE à leur pratique métier alors que 70% sont prêts à s’investir davantage ! La RSE est importante pour une majorité de répondants (40%) et même indispensable pour 19% du panel.

Parallèlement, du côté de l’entreprise, une place toujours plus importante est accordée par les organisations à la QVT et à l’expérience collaborateur. L’amélioration de ces dernières est un objectif prioritaire de la RSE.

C’est une évidence : à l’heure où les problématiques d’intensification du travail et de risques psychosociaux inquiètent le monde médical, retiennent l’attention des médias et occupent une place de plus en plus prépondérante dans le dialogue social, la RSE de l’entreprise ne peut concerner exclusivement les engagements environnementaux. Si ces sujets globaux sont vitaux et urgents, ils ne peuvent occulter les autres aspects de la RSE, au premier rang desquels le respect accordé à l’humain dans l’entreprise.

Promouvoir un nouveau regard sur l’entreprise

En France comme à l’étranger, le concept de RSE s’est développé sur une prise de conscience, par les consommateurs, de l’impact des produits qu’ils achètent ; sur l’environnement, avec notamment les questions liées à la pollution, mais aussi sur l’humain en termes de préservation de l’emploi, de pénibilité du travail, d’hygiène et de sécurité, de risques psychosociaux. On constate que les trois derniers sujets de cette liste relèvent directement de la QVT.

La QVT devient un élément incontournable d’une politique de RSE. Améliorer le vivre ensemble et le bien-être au travail est une manière de rendre l’entreprise plus responsable. La QVT dépend notamment des conditions dans lesquelles les salariés exercent leur travail et de leur capacité à s’exprimer et agir sur le contenu de celui-ci. Une QVT satisfaisante suppose que l’activité du collaborateur l’intéresse, lui permette d’avoir des responsabilités, de l’autonomie et de la reconnaissance. À ce titre, le management et l’organisation du travail sont essentiels à la QVT, mais le sentiment de bien-être au travail a aussi besoin, pour naitre et grandir chez les collaborateurs, de valeurs communes, partagées et vécues avec l’entreprise.

Au-delà des préoccupations environnementales, la RSE peut apporter beaucoup à la QVT par le prisme de l’engagement sociétal. Les collaborateurs se sentiront mieux dans une entreprise qui partage leurs convictions en matière de :

  • Diversité : l’égalité des droits, l’égalité homme-femmes, la représentation des minorités, sans oublier la représentation des seniors, sont autant de points qui peuvent figurer dans une charte de la diversité signée par l’entreprise.
  • Inclusivité : la QVT perçue augmente lorsqu’un collaborateur sait qu’il appartient à une entreprise qui accueille tous les profils professionnels, culturels, humains. Il se sent plus enclin à s’engager pour une entreprise qui sait faire preuve d’empathie et s’intéresser à la richesse de tous les profils.

On comprend à travers ces exemples que si la QVT nourrit la RSE, l’inverse est également vrai. Les thématiques RSE aident à constituer un socle de valeurs essentielles à une bonne qualité de vie au travail ; symétriquement, une QVT performante témoigne de la réussite du projet de responsabilité sociale de l’entreprise. Les notions de qualité de vie au travail et de responsabilité sociale sont, en fait, indissociables l’une de l’autre.

Outre cette imbrication étroite, QVT et RSE ont un point commun essentiel : les deux impliquent un changement de paradigme, ou à tout le moins de s’interroger sérieusement sur ce qui fait la finalité d’une entreprise. Cette finalité ne peut être uniquement financière, l’activité d’une firme ayant des impacts sur tous ses publics, des collaborateurs aux candidats, des clients aux fournisseurs. Le dénominateur commun entre QVT et RSE tient peut-être dans le mot « respect » : respect de l’homme, de son environnement, de sa qualité de vie, de la planète. Il ne s’agit pas de candeur ou d’idéalisme, mais d’orienter globalement la façon dont nous vivrons demain : en travaillant dans quel but, de quelle façon, et dans quel monde.

 

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