Finance & Fiscalité

Quelle utilisation de la blockchain pour la finance

13 Déc 2018

Quel avenir pour la Blockchain dans les directions financières ?

La Blockchain est une technologie encore méconnue mais qui fait largement ses preuves dans certains secteurs comme la banque (comme en témoigne la création récente d’un consortium de banques autour d’une blockchain), la finance ou l’assurance. Par sa capacité à révolutionner les modes de transaction, elle pourrait bien intéresser les directions financières des entreprises. Décryptage avant l’heure avec Julien Mimoun, co-fondateur de MRCapital, cabinet d’audit et de conseil financier spécialisé dans les projets Blockchain, et ex-auditeur financier chez Deloitte.

Pourquoi la Blockchain pourrait un jour intéresser les directions financières ?

C’est une technologie qui révolutionne les processus. Ceux-ci deviennent plus instantanés, plus fluides, plus transparents, plus sécurisés. Aujourd’hui, la Blockchain s’applique notamment dans le secteur financier où les processus se réalisent sans les tiers de confiance historiques et dans des conditions sécurisées. Beaucoup d’acteurs bancaires s’y intéressent et de nombreux projets sont en production voire opérationnels.
Pour faire simple, dès qu’il y a une transaction et un tiers de confiance, la Blockchain peut être pertinente. Et les directions financières doivent gérer, au quotidien, beaucoup de transactions…

Les Smart Contracts sont un cas possible d’application ?

Effectivement. Aujourd’hui, les contrats doivent être validés et contrôlés soit par des tiers de confiance, soit par un certain nombre d’acteurs internes. Dans le cadre d’une blockchain, on peut mettre en place des smart contracts qui vont encadrer toute la relation contractuelle avec les tiers de l’entreprise. Par exemple, vis-à-vis d’un client, le smart contract s’active à partir de la signature du contrat en passant par la validation de la prestation réalisée et jusqu’à la facturation. Le modèle est le suivant : si acceptation du devis, envoi du contrat ; si validation de la prestation par le client, alors envoi des documents légaux correspondant et déclenchement du paiement suivant les conditions générales de ventes… Tout est cadré et automatisé.

En fait, l’intérêt des smart contracts est double :

  • Une meilleure traçabilité de l’information et une plus grande transparence dans les processus de validation
  • Une diminution des délais de paiement puisque les différents niveaux de réception, contrôle, rapprochement, validation (hiérarchiques et informatiques) ne sont plus nécessaires.

La Blockchain pourrait donc être utile aux entreprises qui souhaitent optimiser leur trésorerie ou emprunter plus facilement ?

A l’égard des fournisseurs, on peut imaginer une blockchain utilisant des smart contracts incluant des sociétés de rating/scoring (type banque de France). Ainsi, les entreprises ne référencent que des tiers n’ayant pas d’historique de défaut de paiement ou respectant certains critères en termes de chiffre d’affaires ou de rentabilité. En France, les défauts de paiement restent encore une des principales sources de défaillance des entreprises !

Sur la trésorerie, un smart contract pourrait faciliter l’accès au financement. En effet, il va fluidifier l’analyse de dossier de demande de financement par la fixation au préalable de plusieurs critères et/ou indicateurs conditionnels. Exemples : si le chiffre d’affaires mensuel est supérieur à X et le niveau de fonds propres supérieur à Y, cela active la possibilité d’octroi de Z K€. Ceci sera rendu possible par l’accès à un registre sécurisé compilant les opérations de la société demandeuse (comptabilité sous blockchain en quelque sorte).

L’administration fiscale française s’intéresse de près à la Blockchain. Qu’en pensez-vous ?

La Blockchain s’affranchit des tiers de confiance et des contraintes numériques, donc tout va plus vite. On peut donc imaginer un calcul de l’impôt sur les sociétés en temps réel dès lors que l’administration fiscale est en mesure de suivre la comptabilité en temps réel. Cela offrirait au décideur financier une meilleure visibilité sur ses cash-flows avec un paiement mensuel et non un système par acomptes.
Également, on peut imaginer de l’auto-déclaration voire du paiement automatique de la TVA.

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