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Les comptes consolidés, un avantage non négligeable pour une demande de financement auprès des banques

Bien souvent la demande de financement est une étape clé pour une PME qui souhaite se développer. Le financement bancaire s’avère être une solution souvent choisie par les entreprises, mais savent-elles vraiment comment préparer leur projet ?

Arriver devant un banquier est souvent intimidant. Certaines entreprises ignorent ou ne maîtrisent pas totalement les éléments à fournir pour soutenir un tel projet. Nous avons décidé de donner un petit coup de pouce pour prouver que se retrouver face à un banquier, ce n’est pas sorcier ! Il faut juste savoir se parer des bonnes armes. C’est ce que l’interview ci-dessous vous révèle. Découvrez le témoignage de Stéphane Trideau, Directeur Commercial Entreprises, au Centre d’Affaires Loire Atlantique/Vendée pour la Société Générale.

1. Combien de dossiers votre service traite-t-il par mois environ ?

Sur le département de la Loire Atlantique, cela dépend des mois. Je dirais entre 20 ou 30 dossiers mais ce n’est pas exhaustif.

2. Quelle typologie de Groupes s’adresse à vous ?

Nous traitons le marché des entreprises de plus de 1,5 millions et de plus de 10 salariés, Nous sommes notamment positionnés sur les LBO*. Nous sommes particulièrement présents en Europe de l’Est et en Afrique.

*Le LBO, de l’anglais «Leverage Buy-Out », désigne un montage juridico-financier de rachat d’entreprise par effet de levier (« leverage »), c’est-à-dire par recours à un fort endettement bancaire.

3. Pouvez-vous nous préciser les grandes étapes dans la préparation d’un projet de financement pour une PME/ETI ?

Une demande de financement ne relève pas simplement de la présentation d’éléments financiers à proprement parler. Il faut aussi présenter la stratégie de l’entreprise, le plan de développement avant même de passer à l’information purement financière. Il est important de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur, faire un bilan de tout ce qui s’est passé précédemment dans l’entreprise puis de présenter le projet en lui-même. Il faut bien cibler ses objectifs. Et finir sur la contingence entre la stratégie et le besoin de financement avec les comptes consolidés, le business plan, etc.

4. Quel objectif est le plus souvent recherché par les PME lorsqu’elles s’adressent à vous ?

Pour des PME la plupart du temps il s’agit d’accompagnement sur des lignes à court terme, pour le financement du BFR par exemple. Il peut également s’agir de financement de CAPEX* ou encore de financements de croissances externes, ou autres opérations à effet de levier de type LBO. Les introductions en bourse sont, somme toute peu nombreuses en région même si les appels au marché tendent à se développer.

*Les CAPEX ou dépenses d’investissement (de l’anglais capital expenditure) se réfèrent aux immobilisations, c’est-à-dire aux dépenses qui ont une valeur positive sur le long terme.

5. Quels sont vos conseils pour bien préparer la présentation d’un dossier de financement ?

Ne pas exclusivement faire une présentation financière. Une banque a aussi besoin de voir au-delà et de comprendre la vision globale de l’entreprise.

6. Quel est le process une fois que le dossier est déposé (commission, elle seule, … ?)

En fonction de l’exposition que l’on a sur un Groupe et de la notation, on raisonne en limite décisionnelle. Nous avons un process d’escalade : plus le rating est dégradé, plus l’exposition est importante, et plus le nombre de signataires sera important. Dans d’autres banques ce peut être des commissions dédiées.

7. Quels sont les indicateurs que vous suivez particulièrement (quels ratios) ?

En exploitation, il s’agit classiquement des soldes intermédiaires de gestion et leur évolution avec une attention particulière au niveau de l’EBITDA et sa tendance. En structure, le levier (dette financière nette / EBE), le gearing (dette financière nette / situation nette comptable) ou le pay back (dette à terme / marge brute d’autofinancement).

8. Quels sont les documents à présenter impérativement dans le cadre d’un financement bancaire pour une PME ?

Les comptes consolidés et les tableaux de flux de trésorerie. Il est nécessaire d’être le plus clair possible, il faut donc accompagner les comptes consolidés par les commentaires. Le but est de donner le plus d’informations possible à la banque, pour que nous puissions comprendre le fonctionnement et les besoins de l’entreprise. Il faut que l’on puisse constater les principales évolutions qu’a connues la PME et qu’on ait un benchmark sectoriel.
Il faut fournir la situation en cash et son évolution ainsi que le business plan. Sans oublier le plan de financement bien entendu.

9. Est-ce qu’il y a des incontournables à savoir ?

Evidemment il faut éviter de vendre du rêve, mais ça, c’est du bon sens. Et puis mon principal conseil porte sur la transparence. Il est important de tout dire, de ne pas laisser de face cachée car le revers de médaille peut-être compliqué.

10. Quels sont les acteurs qui peuvent intervenir dans ce type de projet, en dehors de la banque et son client ?

Toutes les professions du chiffre : experts-comptables, commissaires aux comptes, on peut faire intervenir des cabinets de conseil si on est sur un LBO par exemple. Il peut être intéressant de solliciter différents réseaux de chefs d’entreprises qui sont un appui pour les deux parties (la banque et l’entreprise, le CJD, les réseaux ENTREPRENDRE ou INITIATIVE). Cela prouve que le chef d’entreprise a été challengé et qu’il maitrise bien les choses.

11. Combien de temps, en moyenne, faut-il pour analyser un dossier ?

Entre 5 minutes et 2 jours. Tout dépend de la nature du dossier, il n’y a pas de règle.
Sur des demandes de financement court terme ou CAPEX, cela peut être rapide. Pour des opérations à effet de levier ou de structure, c’est plus long.
En interne, sur des dossiers complexes nous pouvons faire appel à un « ingénieur conseil ».

12. Est-ce qu’il y a pour vous une différence entre des dossiers « montés manuellement » et des dossiers réalisés à partir d’un logiciel ?

Evidemment on préfère que ce soit fait « proprement » et avec l’aide d’experts si possible. C’est toujours plus confortable pour une banque.

13. Quel est le pourcentage de succès sur les demandes de financement ?

L’année dernière la Fédération bancaire française a publié un rapport dans lequel elle indique que 82% des PME obtiennent le crédit de trésorerie qu’elles demandent et 94% des PME obtiennent le crédit d’investissement recherché.
Ces chiffres prouvent que les réussites sont plutôt fréquentes.

14. Est-ce que la Banque de France est impliquée, concernée ou consultée dans ce type de démarche ?

On ne la fait pas directement intervenir mais on conseille vivement à nos clients de rencontrer la Banque de France pour présenter les comptes.

15. Est-ce qu’une présentation des comptes annuelle est suffisante lors d’un projet de financement auprès d’une banque ?

Encore une fois cela dépend. Cela peut suffire mais en fonction de la nature de l’activité et des projets, un point intermédiaire en milieu d’exercice est parfois apprécié.

16. Si l’entreprise présente ses comptes plus souvent, est ce que cela favorise l’acceptation du financement ?

C’est un plus c’est sûr !

17. En synthèse, en quoi la présentation de comptes consolidés peut jouer en ma faveur ?

Les comptes consolidés favorisent la transparence, cela fluidifie les relations entre les partenaires et augmente l’indice de confiance. Ils sont essentiels.

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