Metaverse, sustainability, data, rôle des vendeurs : les nouveaux enjeux du Retail

Le commerce ne cesse de se réinventer et de dévoiler de nouveaux visages. Le HUB Institute, un think tank basé à Paris, qui décrypte les tendances et innovations du secteur, a listé une vingtaine de modèles dans le Retail physique et la vente online. Entre marketplace, magasins autonomes, social commerce, seconde main et désormais Metaverse, les possibilités de vendre et de faire vivre de nouvelles expériences au consommateur se multiplient. « Il y a plein de possibilités. Les questions que les retailers doivent se poser : Où aller ? Ou suis-je le plus fort ? », estime Emmanuel Vivier, cofondateur du Hub Institute qui a décrypté lors de la conférence d’ouverture de Cegid Connections Retail les principales tendances du Retail.

Le commerce 3D : premiers pas vers le Metaverse 

Avancer c’est être au fait des nouveaux comportements des consommateurs et des innovations. Le « Metaverse », buzzword du dernier CES de Las Vegas, en fait partie.

Un concept qui a déjà été popularisé par les « gamers » et les jeux tels que les Simms, Fortnite, Animal Crossing et d’autres encore. « Nous passons déjà beaucoup de temps sur les plateformes pour jouer ou pour échanger, se rencontrer et peut-être pour commercer demain. Voyons où cela nous mène », interroge Emmanuel Vivier.

Mais il y a aussi des briques technologiques pour faire du « vrai business », avec la modélisation 3D, les shooting photos, les essayages virtuels quand les boutiques sont fermées. « Les avatars peuvent nous interpeller sur des écrans sept jours sur sept. Les technologies s’améliorent et demain nous pourrons sans doute aller vers ce, ou ces metaverses, car il y aura plusieurs plateformes », relève Emmanuel Vivier.

Cap vers la « « Sustainability »

A l’opposé de cet univers virtuel, les sujets de la « sustainability », de la RSE, face à cette crise climatique qui s’amplifie, ne sont plus des options pour les entreprises. « Les consommateurs réclament plus de transparence et mettent la pression, tout comme les employés qui aident aussi à trouver des solutions », remarque Emmanuel Vivier.

Les régulateurs, la Loi Climat en France ou le « Green Deal Européen », ne sont que des prémices à d’autres réglementations, taxes et incitations à réduire notre impact carbone. Mêmes les marchés financiers commencent à moins investir dans des entreprises qui dégradent la nature. « Les critères ESG, le reporting durable vont devenir de plus en plus importants », estime Emmanuel Vivier.

Les retailers ont encore beaucoup à faire mais parfois tout commence par de petites actions. Emmanuel Vivier cite l’exemple de Samsung qui n’imprime plus ses cartons d’emballages de ses téléviseurs en quadri et a intégré des panneaux solaires pour recharger les piles des télécommandes.

Des marques comme Patagonia, très active sur ces sujets, prouvent que le développement durable peut rimer avec croissance. Le luxe à l’instar de Kering « qui a revu l’intégralité de toute sa chaine de valeur depuis le sourcing, le transport, la consommation d’énergie, pour améliorer l’ensemble de ces points » montrent la voie. « Mais la RSE c’est aussi l’inclusion, la diversité, l’égalité des chances, soit 17 objectifs qui ont été fixés par les Nations Unies », rappelle Emmanuel Vivier.

Reconnaitre la diversité des morphologies dans ses choix de mannequins à l’instar de ce que font Victoria’s Secret, Nike ou Lalaland sont des exemples à suivre.

L’indispensable data pour piloter et anticiper 

Dans ce monde complexe, face aux problèmes d’approvisionnements, à la hausse du coût des matières, à l’inflation, à une consommation hiératique, les retailers n’ont pas d’autres choix que de « se dépasser, d’anticiper, de réagir » grâce à la data.

Cette maitrise de la donnée est clé pour assurer la traçabilité des produits et lutter contre la contrefaçon, en particulier dans le luxe grâce aux technologies de la blockchain, de la RFID. Mais l’innovation selon Emmanuel Vivier vient surtout de la « quatrième dimension dans les entrepôts » après des phases d’automatisation, de robotisation puis l’arrivée des micro-fulfillment centers avec de mini robots alimentés par l’IA.

« D’un seul coup, on est plus efficace, plus rapide, plus rentable. La livraison s’accélère », entrainant aussi d’autres modes d’acheminement avec le drive, les livraisons dans les garages, les coffres de voiture, avec le quick commerce et de nouveaux acteurs qui promettent des livraisons en dix minutes. « Ce qui va faire bouger les attentes clients ».

D’ores et déjà les livraisons par drones deviennent une réalité chez Walmart, tout comme les camions et navettes autonomes aux Etats-Unis (avec notamment la filiale Zoox d’Amazon).

Mais la data c’est aussi plus de personnalisation des articles – des vêtements et rouges à lèvres sur-mesure et des maquillages pour chaque type de visage – et de nouvelles expériences avec des offres de coaching, par exemple. « Cette donnée il faut pouvoir l’absorber, la tracker, la traiter et s’aider de l’IA face àde gros volumes de données. Cette alliance de la data et de l’IA va apporter de nouvelles performances aux retailers ».

 

Le nouveau rôle des vendeurs avec les bons outils

Aux Etats-Unis, quatre millions de personnes quittent leur job tous les mois ! Face à ce qui est qualifié de « grande démission », les entreprises réagissent. « Il s’agit d’automatiser certaines tâches à moindre valeur ajoutée comme les inventaires. Ce qui nécessite d’avoir les bons outils et le bon staff : Amazon a beaucoup de robots et continue de recruter ».

Emmanuel Vivier cite ces startups qui proposent des solutions pour piloter les équipes, faire remonter les données des magasins à la centrale, partager les infos entre points de vente. « Le magasin se digitalise, les solutions pour les vendeurs fluidifient les passages en caisse. Certaines marques comme Nike, Starbucks conçoivent des applications clients pour faire vivre de nouvelles expériences ». Cegid permet d’ores et déjà aux équipes en magasin d’accompagner leurs clients tout au long de leur parcours d’achat avec son offre Cegid Retail Y2 et sa suite d’applications collaboratives Cegid Retail Live Store. L’éditeur apporte désormais une couverture complète de la gestion des points de vente avec la plateforme la planification des opérations dans les magasins StorIQ, récemment acquise et qui devient « a Cegid Company ».

A ces services en boutique, s’ajoutent aussi de nouveaux modes de paiement (BuyNowPayLater), l’émergence de magasins autonomes, « Instagrammables », expérientiels … Autant d’innovations et de tendances qui ouvrent de nouveaux horizons aux Retailers. « Des marques comme Apple montrent que le magasin garde toute son importance. Il faut continuer d’y investir. Votre job n’est pas simple mais il va être passionnant ! », prédit Emmanuel Vivier.

Regardez l’intégralité de l’intervention de Emmanuel Vivier lors de la conférence d’ouverture de Cegid Connections Retail dans la vidéo cidessus.


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