TPE & Auto-entrepreneurs

Modes de travail et lieux de travail : les solutions adaptées pour une TPE

16 Avr 2019

Bureau fixe, télétravail, co-working, tiers-lieux… Aujourd’hui, on travaille partout, et même un peu tout le temps ! Mais que se passe-t-il avec nos modes de travail ? Comment les indépendants et les TPE peuvent-il conjuguer des modes de travail efficaces et modernes, avec des lieux adaptés ? Passons en revue les solutions possibles en fonction de vos attentes. Bienvenue dans la jungle du boulot 2.0.

Des solutions pour gagner en souplesse organisationnelle

Il y a encore 10 ans, trouver des bureaux en tant que freelance ou dirigeant d’une TPE était un véritable parcours du combattant, qui pouvait prendre plusieurs mois ! Entre les « bureaux services » avec domiciliation hors de prix, ou la location en bail 3-6-9[1] inadaptée aux TPE en croissance, et assortie d’une inévitable caution, il fallait de solides moyens pour dénicher le bon local. En 2019 ? Il suffit de 5 minutes en ligne pour réserver une place (ou plusieurs) dans un immeuble moderne, bien placé, équipé de multiples services, et surtout agréable à vivre. Merci le co-working ! Le concept est aujourd’hui plus qu’adopté et abouti, puisqu’on compte plus de 600 espaces de co-working en France rien que sur le site Neo-Nomade.com, qui s’est donné pour mission de les fédérer pour offrir aux utilisateurs finaux un interlocuteur unique. À l’heure, à la journée, à la semaine, et plus si affinité, tout est possible. Impossible de faire plus souple !

 

Des solutions pour stimuler le travail collaboratif de votre équipe

Le Flex-Office (parfois aussi appelé Desk Sharing) est surtout connu pour son implantation dans de grandes entreprises souhaitant réduire leurs coûts immobiliers. Il s’agissait pour eux d’appliquer une recette bien connue dans le transport aérien : du yield management en version « bureau ». En clair, disposer de moins de bureaux que de collaborateurs, et faire tourner ! Entre ceux qui travaillent à la maison (22 % des salariés français et 52 % des cadres télétravaillent régulièrement[2]), les vacanciers, et les équipes sur le terrain, on estime le gain en surface de travail à plus d’un tiers.

Cette solution paraît de prime abord éloignée des problématiques des TPE. Elle a pourtant une vertu inattendue lorsqu’elle est appliquée sans réduire les surfaces : en supprimant l’attribution nominative et constante d’un bureau, et en modifiant la structure physique des lieux (cloisons mobile, mobilier sur roulettes, etc.), on génère une organisation et une ambiance de travail totalement adaptées aux tâches à accomplir. Open space le lundi, formation générale le mardi, bureau fermé le mercredi pour les entretiens, etc.

 

Home-office ou télétravail ?

Le premier désigne un travail réalisé ponctuellement du domicile, le second étant pratiqué sur une base régulière et réglementée. L’un comme l’autre offre deux avantages :

  • La réduction de certains frais : pour le salarié (transport), et pour l’entreprise (participation au transport, bureau en cas de travail dans un espace payé à la journée).
  • Un cadre de travail plus « zen », et souvent perçu comme plus efficace pour les tâches complexes, demandant une grande concentration.

Le télétravail est également un excellent facteur d’attractivité : 67 % des salariés français choisissent de plus en plus leur emploi en fonction des possibilités de télétravail [3].

 

Des solutions pour booster votre business

Comment un espace peut-il contribuer à dynamiser l’activité ? Commençons par la Qualité de Vie au Travail (QVT), qui mise sur le lien entre les conditions de travail et son efficacité : confort, travail collaboratif facilité, accès au transport… Le co-working (encore lui !) offre des espaces conçus dans cette philosophie. L’absentéisme y serait même divisé par deux lorsqu’il est associé au télétravail[4]. Au-delà de ces gains de productivité, le co-working, et plus généralement les lieux de type « pépinière d’entreprises », permettent de développer son réseau relationnel professionnel, et donc des synergies avec les compétences des autres occupants et leurs équipes. Nouveaux produits, nouveaux marché, fusions… on ne compte plus les belles histoires entrepreneuriales initiées dans ces bureaux mutualisés. Enfin, les lieux étant accueillant et bien décorés, font généralement très bonne impression sur les clients et partenaires.

Vous en voulez encore ? Et vous avez raison : d’autres boosters de business gravitent dans les mêmes zones. Incubateurs, accélérateurs, et maintenant Colliders (voir notre encadré) offrent non seulement le gîte, mais aussi le couvert managérial et stratégique. S’ils étaient jusqu’alors réservés aux start-ups à fort potentiel, le nombre croissant de ces lieux d’innovation les pousse à assouplir (discrètement mais) sensiblement leur recrutement : à vous formations gratuites, cours de lean management, et conseils de mentors entrepreneurs !

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MoHo : le premier collider européen bientôt en Normandie

En physique, le collider désigne la chambre de collision que l’on place en fin de course d’un accélérateur de particules. En innovation, un collider vise à faire se rencontrer (moins violemment !) des porteurs de projets de toutes natures : startuppers, repreneurs d’entreprises, chercheurs, cadres intrapreneurs, étudiants, et même des citoyens souhaitant avoir un impact sociétal. La première version européenne, baptisée MoHo (pour Mosaïc House) ouvrira début 2020 en Normandie à Caen pour réaliser un D-Day d’entrepreneurs et de « changemakers » : 7 500 m2 de bureaux flexibles, salles de réunion et formation, un amphithéâtre, des salles de créativité, un espace restauration, un terrain de sport, etc. Budget global : 25 M€. Le crédo de ses fondateurs ? « Tous les projets méritent de bénéficier des meilleures méthodologies – Lean Startup / Design Thinking / Open Innovation – et de la puissance de l’intelligence collective » annonce Nicolas Géray qui accueillera bientôt le premier MoHo D-Day Summit, véritable débarquement de start-up, d’étudiants, de salariés et d’intervenants d’envergure internationale : le 6 juin bien sûr, Normandie oblige.

Pour en savoir plus : www.moho.com

 

Des solutions pour maitriser vos coûts

Difficile de comparer les tarifs des espaces de co-working avec la location classique car ils sont par nature variables. Comptez entre 3 et 5 € de l’heure, avec des forfaits dégressifs en fonction du temps. Un forfait mensuel illimité oscillera entre 200 € et 500 € par poste de travail. À titre de comparaison, Station F, le plus grand « startup campus » du monde, situé à Paris, réclame 195 € minimum. Les accélérateurs et incubateurs, sont quant à eux généralement gratuits, au moins les premiers mois, et pour les entreprises sélectionnées (les autres devant régler des montants similaires aux autres types d’espaces partagés).

En réalité, c’est bien la maîtrise de ces coûts qui s’avère la plus intéressante : en variabilisant au maximum vos couts d’hébergement, vous pilotez votre trésorerie au cordeau. Un vrai plus quand ¼ des faillites en France sont liées à un manque de BFR[5].

Et vous ? Où allez-vous travailler demain ?

Pour aller plus loin : 5 indicateurs à surveiller pour gérer votre trésorerie

 

[1]À l’issue de chaque période triennale (3, 6 et 9 ans), le bailleur peut demander par LRAR ou acte extrajudiciaire la révision du loyer.
[2]Sondage Odoxa 2018 : http://www.odoxa.fr/sondage/nouvelles-facons-de-travailler-nouveaux-espaces-de-travail-revolution-marche/
[3]Sondage OnePoll/Le Figaro, 2018
[4]Baromètre Alma Consulting Group
[5]Besoin en Fonds de Roulement

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