Le Made in France commence à faire bouger les lignes sur le marché de la mode

Alors qu’il ne pèse encore que de très faibles volumes sur le marché du textile, le Made in France séduit à nouveau de nombreuses marques de mode. Beaucoup d’entre elles entament des démarches de relocalisation pour répondre aux attentes d’une partie des consommateurs moins attirés par la fast fashion. Avec ce changement de cap, elles veulent pouvoir bénéficier du savoir-faire français et du Label Origine France Garantie.

Le Made In France reste en demande de compétences métier et d’ateliers français.

Plébiscité par les consommateurs, le Made in France fait bouger les marques, qui envisagent de réduire le sourcing asiatique pour privilégier des achats en Europe, voire en France. Selon une récente étude de l’Institut français de la mode publiée en novembre 2021, 61 % des donneurs d’ordres du textile-habillement ont déclaré vouloirainsi diminuer leurs commandes asiatiques en 2022. Mais pour autant ce changement de cap ne conduit pas à un retour aussi rapide en France puisque la moitié des répondants indique vouloir renforcer leurs commandes dans les pays méditerranéens (Turquie, Maroc, Tunisie) et ils sont 58 % à vouloir le faire dans les pays d’Europe de l’Est et de l’Ouest. Plus d’un tiers envisagent néanmoins defabriquer davantage dans l’Hexagone. Il faut dire que ce label tricolore, comme l’éco-responsabilité, le bio, le recyclé, est réclamé par les consommateurs.

Selon un baromètre de EY Future Consumer Index, 67 % des consommateurs déclarent qu’ils sont plus susceptibles d’acheter auprès de marques capables de s’engager dans ces voies et de privilégier le savoir-faire français. La marge de progression est énorme. Selon les estimations de la Fédération indépendante du Made in France (FIMIF), la part de produits fabriqués en France ou Made in France ne pèse encore que 3 % des vêtements et des bijoux vendus en France.

 

Les marques de mode misent sur plus de réactivité

Mais y répondre nécessite de retrouver des compétences métier qui manquent encore. La filière textile qui avait été démantelée dans les années 1980 doit désormais recruter et former en interne. Le secteur a déjà repris des couleurs. Il embauche aujourd’hui entre 3 000 à 4 000 salariés par an et les marques sont de plus en plus nombreuses à entamer des démarches derelocalisation, à l’instar la maison savoyarde Fusalp.

Pour l’ensemble du marché du textile et de la mode, il s’agit surtout de réduire les circuits d’approvisionnement ou les délais de transport pour certaines familles de produits. Il est question de « cross trading » et de multi-localisations comme le pratiquentles belles marques de mode, comme la marque française Lacoste, en rapprochant leur production de leurs zones de consommation. La bonne démarche pour bénéficier de cette mention Made in France est aussi de s’engager sur les achats fermes pour une meilleure réactivité.

En résumé, il s’agit à la fois de produire les bonnes quantités à vendre pour éviter les sur-stocks et de diminuer sensiblement les parts de grands imports et de privilégier les circuits courts pour être plus réactif.

 

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