Les 10 habitudes de management RH des cabinets qui gagnent

Comment les cabinets d’expertise-comptable à succès conduisent-ils leurs collaborateurs ? Y a t-il des pratiques à privilégier ? Des erreurs à éviter ? À l’évidence, oui ! Toute l’année, nous interrogeons la Profession du chiffre ; nous en avons retenu ces 10 habitudes de management des cabinets qui gagnent - la plupart tirent profit du gain de temps apporté par l’automatisation et les progrès de l’intelligence artificielle.

1 – Engager, réengager

De nombreuses études ont mesuré l’importance de l’engagement. Une organisation avec des collaborateurs très engagés développerait ainsi 2,5 fois plus son chiffre d’affaires qu’une entreprise similaire[1]. Quand on parle d’engagement aujourd’hui, on fait d’abord référence à l’implication de chacun dans l’entreprise, dans le but de construire un succès collectif – bien au-delà du simple respect du contrat qui lie l’employeur à l’employé.

Certes. Mais dans un cabinet comptable comme dans n’importe quelle entreprise, l’engagement ne se décrète pas, il se construit ! C’est le résultat du partage d’un objectif commun, nécessairement porteur de sens : travailler « pour gagner sa vie » ne suffit plus. Pour rester engagé, chacun doit comprendre à quoi il sert – et être fier de cette raison d’être. La réussite passe par un projet de cabinet centré sur le client, à l’aune duquel seront mesurés les résultats individuels et collectifs.

 

2 – Payer le juste prix

Le salaire demeure une dimension souvent déterminante au moment de l’embauche. Mais il tient une place tout aussi importante dans la durée : selon une étude récente de FED Finance, l’évolution de la rémunération compte au nombre des raisons principales de fidélisation, devant l’ambiance de travail, la reconnaissance et les perspectives professionnelles. Or le secret n’existe jamais longtemps en matière de rémunération : qu’un ancien apprenne que les nouveaux sont mieux payés que lui, et c’est une partie de sa confiance qui s’effrite.

On veillera donc à conserver une cohérence entre collaborateurs. L’usage d’un variable individuel, fondé sur des critères en lien avec le projet du cabinet et les responsabilités particulières de chacun, peut y contribuer. Il n’a cessé de se développer ces dernières années : en 2019, 34% des cabinets avaient mis en place des primes sur objectif individuel[2].

 

3 – Ne pas vouloir voir qu’une tête

Longtemps, les cabinets hébergeaient tout au plus deux profils types : les comptables et les opérateurs de paie. Avantage : une population cohérente professionnellement, avec des références et des déroulements de carrière similaires. Dans le cas d’un départ, le remplacement poste pour poste constituait le plus souvent la règle.

Mais aujourd’hui les missions d’un cabinet se diversifient en même temps que les besoins des clients évoluent. Conseil, accompagnement de l’exploitation, fourniture d’indicateurs de gestion en temps réel, voire prise en charge des règlements clients ou mandats de paiement fournisseurs, sont venus compléter la tenue, les déclarations et les missions règlementaires. Une raison pour diversifier les profils de ses collaborateurs, quitte à assurer le rattrapage de leurs compétences dans l’un ou l’autre domaine. Et un moyen pour éviter la routine et ouvrir la curiosité !

 

4 – Organiser des groupes de travail

Un cabinet qui réussit ne manque pas de projets.

Côté clients : en trouver de nouveaux, élargir l’activité avec les entreprises, accompagner les porteurs de projet…

Côté cabinet : continuer et compléter la transition numérique, mettre en place une planification des tâches plus précise et plus fluide, suivre les évolutions règlementaires, assurer l’animation interne…

Et vis-à-vis de l’externe : construire de nouveaux partenariats, se faire connaître auprès du tissu économique régional, développer un plan de communication…

L’automatisation des tâches répétitives ouvre la route à des missions transversales, qui gagnent à être animées par des groupes de travail, sous la responsabilité d’un collaborateur-chef de projet. Leur suivi permet aussi à l’encadrement de détecter des talents en interne.

 

5 – Joindre l’utile à l’agréable

La mise à jour régulière des connaissances métier représente un enjeu important pour tous les cabinets. Pour certains d’entre eux, cet effort d’information doit représenter deux jours par mois. La diffusion en interne d’articles et de commentaires sur la règlementation s’impose, mais on gagne à charger chaque collaborateur de préparer des exposés, présentés par exemple lors d’une réunion mensuelle.

Pour joindre l’utile à l’agréable, pourquoi ne pas faire suivre ces sessions pédagogiques par une réunion plus informelle et plus ludique – du déjeuner en commun à la pratique d’une activité récréative ? C’est en tous cas ce que font les meilleurs.

 

6 – Développer les soft-skills

A l’heure où la qualité de la relation client devient fondamentale pour tous, le ou les experts-comptables du cabinet ne peuvent plus être les seuls à accompagner les chefs d’entreprise au quotidien tandis que leurs équipes se tiendraient dans une prudente réserve – en « back-office ».

Former les collaborateurs à l’écoute, leur donner les bons réflexes face à une demande, les aider à devenir des forces de proposition, leur apprendre à vendre des services additionnels, constitue l’arme secrète des cabinets qui réussissent.

 

7 – Penser réseau pour recruter

Les bons candidats sont rares, et ils sont convoités par tout le monde. Les cabinets de recrutement sont chers, et ne trouveront pas forcément – dans les délais ! – la personnalité la mieux adaptée.

75 % des besoins des cabinets concernent des profils débutants ou avec peu d’expérience[3]. C’est là que l’implication dans des réseaux fait la différence. Donner des conférences dans l’école de commerce de sa région, entretenir des relations suivies avec des enseignants, offrir des stages, voilà autant de moyens d’améliorer sa visibilité et son attractivité auprès de ces publics. Une présence sur les réseaux sociaux et la participation des collaborateurs du cabinet les plus communicants permet de prendre un coup d’avance auprès des candidats. Certains cabinets vont jusqu’à offrir un bonus à ceux de leurs collaborateurs qui leur présenteraient une bonne recrue.

 

8 – Encourager l’autonomie


De l’autonomie, des responsabilités orientées client, l’encouragement à la prise d’initiatives : autant d’attentes des nouvelles générations… sans être pour autant interdites à leurs ainés. D’autant que le monde change vite : une tentative restée sans succès voici quelques années peut parfaitement se révéler d’actualité aujourd’hui !

Les dirigeants de cabinet gagnent à conserver leur curiosité intacte et à ne pas décourager les initiatives – charge à eux de les encadrer et de les éclairer de leur expérience passée.

 

9 – Offrir de la souplesse

La saisonnalité de l’activité comptable avait encouragé beaucoup de cabinets à mettre en place des accords d’entreprise permettant de travailler davantage pendant la période fiscale, et moins dans les périodes plus calmes. La demande de souplesse va toutefois bien plus loin depuis que les nécessités sanitaires ont fait découvrir à tous les avantages du télétravail. Le travail hybride, avec alternance de journées passées au bureau et de télétravail, est aujourd’hui plébiscité[4].

Les cabinets qui réussissent ont fait le choix du Cloud pour garantir la continuité des dossiers quel que soit le lieu de travail, et d’outils collaboratifs comme Microsoft Teams pour assurer la poursuite du travail en équipe sans condition de présence.

Ce faisant, ils ont pu attirer des bons professionnels – des jeunes parents, ou des collaborateurs habitant plus loin du bureau, par exemple – qu’ils n’auraient pas pu convaincre autrement.

 

10 – S’équiper des outils d’aujourd’hui

« Personne n’a plus envie de travailler à l’ancienne » est une phrase qui revient souvent. Les collaborateurs connaissent l’existence des outils qui automatisent la saisie, facilitent la révision et avancent les tâches administratives. En être privés apparaît comme une punition… ou comme le signe d’avoir choisi le mauvais cabinet.

A l’inverse, bénéficier des progrès de l’intelligence artificielle pour pouvoir travailler plus efficacement et remplir une mission d’assistance et d’accompagnement des chefs d’entreprise autrement plus valorisante que la production des liasses, constitue un puissant moteur de motivation… et d’efficacité.

 

Ces 10 habitudes apportent des bénéfices visibles dans le travail quotidien. Et parce qu’ils sont, plus qu’avant, au contact des entreprises, les collaborateurs peuvent ressentir la nouvelle image, plus active, plus collaborative, et finalement plus valorisante, qu’elles aident à construire auprès des clients. Le cabinet en sort gagnant !

[1] Journal of Corporate Finance

[2] Etude Hays, 2020

[3] Etude Hays / Generali Epargne Salariale, 2020

[4] Observatoire Cetelem, 2021


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