Développer l’intelligence collective pour accélérer sa transformation

L’intelligence a de beaux jours devant elle chez les experts-comptables. Grâce, bien sûr, à celle que l’on nomme « artificielle » et qui leur ouvre de nouveaux horizons. Mais grâce aussi à l’intelligence « collective », ou l’art d’activer au mieux les cellules grises des organisations, à tous les niveaux de responsabilité. Quelles synergies entre IC et IA ? Eléments de réponse.

A l’aube du 21e siècle, on rencontrait encore nombre de cabinets « tayloristes ». Pour leurs dirigeants, y avait ceux qui pensent et ceux qui appliquent : d’un côté, les détenteurs du savoir technique et intellectuel, et de l’autre les exécutants payés, non pour réfléchir, mais pour mettre en œuvre les décisions.

Dans de telles organisations à la hiérarchie strictement verticale, les collaborateurs n’avaient pas voix au chapitre, n’étaient pas encouragés à prendre des initiatives, et encore moins à discuter les directives. Intelligence collective ? Surement pas !

Depuis, les mentalités, comme les méthodes de management, ont bien changé sous la pression des clients, de la concurrence et de la technologie. Même si de vieilles pratiques subsistent…

S’inspirer de l’intelligence collective animale

Si l’IA est sur toutes les lèvres et au cœur des stratégies de transformation des entreprises, l’IC (pour intelligence collective) ne fait pas l’objet du même engouement. On commence depuis quelques années seulement à saisir son importance dans le monde du travail alors que les éthologues et autres spécialistes du comportement animal l’étudient depuis des décennies.

Coopération, entraide, partage et traitement collectif de l’information, co-construction des projets et coordination des actions individuelles : autant de facettes de ce concept que la sociologie des organisations mobilise de plus en plus.

Et ce, en s’inspirant parfois du règne animal… Les chercheurs s’ingénient à percer les secrets de cette intelligence collective innée qui repose très largement sur des interactions complexes et méticuleusement réglées entre les individus d’une même espèce animale ou de plusieurs espèces différentes. L’étude de la cognition animale et de « l’intelligence en essaim » permet notamment de développer de nouveaux algorithmes pour résoudre des problèmes d’optimisation en informatique et de contrôle en robotique collective. Et apprendre à mieux coordonner l’action d’un groupe social.

Même s’il n’est pas évident d’admettre qu’un cabinet d’expertise-comptable constitue un essaim « d’animaux sociaux » (même s’il devient une ruche en période fiscale !), l’idée mérite d’aller plus loin.

 

Lire aussi : Les 10 habitudes de management RH des cabinets qui gagnent

 

Les bienfaits de l’intelligence collective

Bien que reposant sur l’idée qu’on est plus intelligents à plusieurs, l’intelligence collective n’est pas la simple somme des intelligences individuelles. Tout comme l’intérêt général n’est pas l’addition des intérêts particuliers. C’est l’intelligence commune des équipes de travail, harmonisée, déployée à tous les niveaux de l’organisation. L’accent doit donc se porter sur la gestion de groupe et l’optimisation des ressources collectives. Autrement dit, l’IC est une dynamique sociale, une méthode de management, « un facilitateur et un multiplicateur de synergies » comme l’exprime Jean Brunet, expert-comptable honoraire.

L‘intelligence collective peut être définie comme « l’interaction entre l’organisation et l’environnement qui crée un mode de coordination entre les personnes » d’après Régis Ribette, professeur au CNAM. Elle n’émerge pas de façon spontanée et instantanée. Elle découle d’une volonté mais aussi d’un apprentissage : apprendre à se connaître, à agir ou à penser ensemble, à accorder des points de vue distincts voire contradictoires, à gérer des divergences sur la stratégie, la vision, les valeurs…

L’intelligence collective est donc « une capacité qui, par la combinaison et la mise en interaction de connaissances, idées, opinions, questionnements, doutes… génère de la valeur, ou une performance, ou un résultat, supérieur à ce qui serait obtenu par la simple addition des contributions de chaque individu ».

Un cabinet d’expertise-comptable peut ainsi s’interroger sur sa raison d’être ou son ADN, ses valeurs et son « bien commun », travailler sur l’intelligence relationnelle et émotionnelle de ses collaborateurs, renforcer l’esprit d’équipe et le sentiment d’appartenance : il puise alors dans les ressources de l’intelligence collective !

 

Une force à cultiver sans modération, et avec intelligence

Si l’on observe un haut niveau de confiance et d’entente entre les membres de l’équipe, une volonté de collaborer dans la durée, avec une bonne dose de respect mutuel et d’empathie mais aussi une appétence pour la délégation et l’autonomisation des collaborateurs, alors on peut vraiment dire que l’intelligence collective innerve le fonctionnement du cabinet.

Jean Brunet,

Expert-comptable

Mais reconnaître que nul n’a le monopole de l’intelligence demande de la part de chacun de l’humilité… et de l’intelligence !

A l’heure des algorithmes omniprésents et de « l’entreprise libérée », l’heure n’est plus au commandement humain vertical et indiscutable, mais à l’intelligence humaine partagée, encouragée et reconnue partout où elle s’exprime. Et quelle plus belle ambition que de faire de son cabinet un concert des intelligences au service de sa performance, de sa cohérence, de son excellence… ?

4 prérequis pour développer l’intelligence collective de son cabinet

  • Encourager les critiques et les accepter, d’où qu’elles viennent.
  • Créer des temps d’échange entre tous les membres du cabinet.
  • Favoriser la communication, et investir dans les outils de travail collaboratif au sens le plus large du terme (Microsoft Teams, réseaux sociaux d’entreprise, logiciels de veille stratégique, forums de discussion…).
  • Créer et partager des moments privilégiés (séminaires, kick-off’s, temps récréatifs et créatifs), pour aiguiser la curiosité intellectuelle et forger une culture d’entreprise commune.

 


Rester informé

Recevoir gratuitement la newsletter Cegid

S'abonner