Les innovations de la Fintech au service de la gestion financière des TPE !

Facturation et paiement sont-ils les deux oubliés de la transformation numérique des TPE ? Ces fonctions essentielles à la gestion financière de l’entreprise ont très peu évolué au cours des dernières années... ou des derniers siècles. Sur le fond, pas de révolution depuis que les mycéniens, il y a près de 4 000 ans, inventaient le premier format standardisé de facture pour gérer leurs relations commerciales1. Pourtant, dans le même temps, la façon dont les entrepreneurs gèrent leurs finances et leur entreprise a radicalement changé. On fait le point sur les dernières innovations en la matière.

Le retard de la gestion financière B2B sur les transactions B2C

En 2022, il est possible de régler son café à emporter avec son téléphone, et, en un seul geste, débiter un compte prépayé et valider une carte de fidélité. Le paiement ne prend que quelques secondes, et un justificatif dématérialisé de la transaction est immédiatement envoyé.

En 2022, il est possible de sélectionner un matelas sur une plateforme en ligne, valider la commande en un clic, et prendre le temps de choisir un paiement immédiat, en 3 ou 10 fois sans frais, et un créneau de livraison précis dans la journée.

Pourtant, en 2022, beaucoup de TPE commercent encore avec des bons de commande et des devis signés à la main, des bons de livraison papier et des factures PDF encaissées par chèque sous 30 jours.

La fonction finance, symptôme d’une fracture numérique entre les TPE et les grandes entreprises

Bien sûr, toutes les entreprises ne se retrouveront pas dans cette description, et c’est tant mieux. Nombre d’entre elles ont digitalisé leur fonction finance, avec des outils de gestion modernes, en ligne, totalement intégrées à leur système d’information (et connectées à leur expert-comptable !).

Pourtant, nous le constatons tous les jours : les fruits de cette innovation ont surtout bénéficié à une certaine catégorie d’entreprises, et notamment aux plus grandes d’entre elles.

La fracture numérique entre les grandes entreprises, d’une part, et les TPE/PME, d’autre part, est immense. Les premières gèrent des milliers de factures, qu’elles émettent automatiquement à partir de leurs données de production, et transmettent électroniquement à leurs clients professionnels, souvent en EDI. L’analyse financière se fait en temps réel et permet de prendre des décisions si nécessaire. Le tout via des plateformes intégrées, connectées à leur ERP.

Les TPE/PME, véritables oubliées de la révolution numérique, sont loin d’en être à ce stade. Quelques chiffres démontrent l’ampleur du chemin qu’il reste à parcourir :

  • on estime qu’encore 40 % des TPE n’utilisent aucune solution dédiée pour établir leurs factures et devis, et utilisent des logiciels de bureautiques classiques ;
  • moins de 5 % des TPE reçoivent une part significative de leurs factures au format EDI alors que ce chiffre atteint presque 60 % dans les grandes entreprises2 ;
  • 52 % des TPE émettent la majorité de leurs factures clients au format PDF, par définition non structuré, et donc plus difficilement exploitable pour permettre d’améliorer la gestion financière ;
  • 73 % des TPE n’ont ni solution de vente en ligne ni logiciel de gestion de la relation client3.

 

Un retard lourd de conséquences sur la santé financière des TPE

Cette fracture numérique pèse sur les plus petites entreprises dans leurs relations B2B. Les conséquences sont bien réelles : un taux de défaillance élevé, des risques de fraudes accrus, des tâches administratives chronophages, et des délais de paiement qui s’allongent et impactent le flux de trésorerie sur le long terme.

Les dirigeants d’entreprise le confirment, la gestion des délais de paiement et la rentabilité de l’entreprise sont des sujets de préoccupation majeur des TPE. Elles sont désormais 64 % à se dire « plus préoccupées que jamais » par la capacité de leurs clients à les payer à temps4.

On le serait à moins : dans le secteur du B2B, on constate un décalage de 12 jours entre le délai de paiement contractuel et le délai de paiement réel, qui atteint 50 jours5. Sujet de préoccupation pour la trésorerie des TPE donc, mais aussi pour leur réputation, le gouvernement ayant décidé d’intégrer ce facteur au calcul de la cotation Banque de France6.

 

Les innovations en matière de gestion financière ne manquent pas : mettons-les à la portée des TPE !

Pourtant, sur le plan technologique, les solutions existent, l’écosystème de la Fintech ayant produit des innovations significatives ces dernières années. Par exemple :

  • le pay by link, qui permet de se faire payer plus vite en transmettant un lien de paiement à son client par SMS, email ou via les messageries instantanées.
  • la collecte automatique des factures fournisseurs, leur dématérialisation et par conséquent la planification de leur règlement
  • l’évaluation automatique des risques attachés à un client et à sa créance grâce à l’intelligence artificielle et au machine learning ;
  • le paiement fournisseur en un clic, sans RIB et sans se connecter à sa banque
  • le buy now pay later B2B, grâce auquel une acheteur choisi son mode de paiement (immédiat, différé ou fractionné) et le vendeur reçoit son paiement immédiatement.

Les évolutions règlementaires (l’open banking) et les nouvelles technologiques (le SaaS), offrent des possibilités immenses ! D’autant qu’au-delà du paiement, c’est toute la relation client qui est transformée par cette innovation technologique. L’échange de données structurées permet ainsi de collecter des données plus précises sur les clients, de gérer les stocks en temps réel, d’analyser le besoin en fonds de roulement, d’alimenter un CRM, ou d’intégrer les flux de données automatiquement en comptabilité par exemple.

Le besoin des TPE est là et les technologies pour y répondre existent. Alors, pourquoi les petites entreprises n’en bénéficient-elles pas ? Sans doute parce que ces solutions n’ont pas toujours été accessibles : difficiles à mettre en place, modulaires ou mal intégrées, complexes ou trop chères, et parce qu’il est plus difficile d’informer les TPE qui sont plus de 4 millions en France.

Les TPE ont besoin de solutions simples et modulaires mais interconnectées nativement, dans un écosystème pensé pour elles, accessible tant en termes d’expérience utilisateur qu’en termes tarifaires.

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1 https://sufio.com/blog/history-of-invoices

2 Forum National de la Facture électronique Conférence en ligne – Enquête 2020

3 Baromètre France Num 2021 : le numérique dans les TPE PME (0 à 249 salariés

4 European Payment Report 2021, Intrum

5 European Payment Report 2021, Intrum

6 Délais de paiement : les mauvais payeurs risqueront une dégradation de leur cotation par la Banque de France, BFM

 


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