Experts-Comptables

Mon expert-comptable, un phare dans la crise

4 Mai 2020

Le confinement a plongé le pays dans une inédite période d’incertitudes. Les entrepreneurs ont dû, en quelques jours à peine, parer au plus pressé et reconfigurer leur activité. Ils ont aussi dû se tourner vers leurs banquiers, l’administration fiscale, ou encore les collectivités territoriales. A leurs côtés dans ces circonstances difficiles, un allié de poids : leur expert-comptable. Témoignages.

« J’ai passé effondrée le week-end du 14 mars. Je n’avais pas d’expert-comptable, personne à qui parler sinon mon banquier, que j’ai appelé le lundi pour demander une facilité de trésorerie ». Emilie, propriétaire-gérante d’un salon de coiffure dans le sud de la France, résume bien la stupeur qui s’est emparée de bon nombre de dirigeants d’entreprises lors de l’annonce du confinement et de l’arrêt obligé de leurs activités. Mais aussi la combativité qui les anime depuis, pour sauver leur affaire et redémarrer aussi bien que possible lorsque les conditions sanitaires le permettront.

Mais le courage ne suffit pas. Pour tous les dirigeants il a fallu aussi, et surtout, trouver son chemin dans les nombreuses dispositions qui ont très vite suivi : accès facilité au chômage technique et/ou partiel, report de charges, possibilité de contraindre ses salariés à prendre des jours de congés, aides financières en cas de perte de chiffre d’affaires, emprunts garantis par l’Etat pour sauver la trésorerie… Une trousse à outils dans laquelle il n’était pas évident de se retrouver pour des entrepreneurs jusqu’alors dédiés d’abord et avant tout à leur exploitation.

La rationalité dans un océan de doutes

L’expert-comptable était évidemment la femme ou l’homme de la situation. L’administration fiscale ne s’y est pas trompé, en invitant sur son site à se rapprocher si nécessaire de leur expert-comptable pour qu’il leur apporte son aide au remplissage du formulaire de demande d’aides financières. On ne saurait exprimer plus clairement le rôle indispensable des professionnels du chiffre dans le soutien du tissu des petites et moyennes entreprises, rouages essentiels de notre économie…

Sans oublier que la crise est arrivée en plein dans la période fiscale. Mais les experts-comptables ont assuré, comme en témoigne Yves Berthebaud, gérant de l’hôtel Les Bellugues, à Saint-Jean du Gard. « Les comptes étaient prêts pour le rendez-vous annuel que nous tenons fin mars avec le cabinet Afirex. Notre établissement était fermé comme chaque hiver, mais cette fois il n’y a pas eu de réouverture… et la réunion de validation des comptes s’est tenue à distance ». Le professionnel du tourisme donne un bon point aux experts-comptables qui ont su adapter rapidement leur organisation à la nouvelle donne.

« De notre côté, la clôture se fait en septembre, explique Jean-Antoine Fournier, gérant de Vue d’Enfant, un opticien spécialisé dans les dispositifs optiques pour les plus jeunes, qui compte deux magasins en région lyonnaise et 4 salariés en CDI, plus un CDD. Comme la saisie des écritures était déjà bien dématérialisée, elle a pu continuer de façon fluide avec notre expert-comptable du cabinet Exaur ».

La connaissance au service des urgences

Cette organisation rationnelle des cabinets a aussi permis de libérer du temps pour répondre aux très nombreuses questions relatives aux problématiques urgentes.

Le premier coup de chaud est arrivé bien vite, dès fin mars, avec le versement des salaires alors que des collaborateurs avaient été mis au chômage partiel. « La règle générale des 70 % avancés par l’entreprise sur le brut du salarié, puis remboursé par l’Etat, est simple et plutôt bien en place » continue l’opticien. Mais il existe de nombreux cas particuliers, par exemple concernant les CDD qui peuvent être exclus du dispositif s’ils sont liés à des accroissements temporaires d’activité.

Avec l’aide du cabinet, nous avons disposé d’une quinzaine de jours pour en faire le tour. A l’arrivée, les virements ont eu lieu dans les temps à la fin du mois de mars, et les bulletins de paie mis à jour ont été édités dès les premiers jours d’avril

 

Jean-Antoine Fournier insiste sur leur importance, et sur la nécessité de pouvoir s’appuyer sur son expert-comptable pour être certain de leur exactitude.

Même besoin d’éclaircissements concernant la rétrocession, à la discrétion de l’employeur, de 6 jours de congés restant sur les acquis de l’année précédente.

Après échange avec mon expert-comptable, et la consultation de mes instances professionnelles, il est apparu qu’il n’y avait pas d’accord dans notre branche sur ce point. Donc que je ne pouvais pas appliquer la mesure. Ces précautions m’ont évité de commettre un impair vis-à-vis de mes collaborateurs

Un appui pour penser l’après

Finalement, grâce à cet accompagnement, ces entreprises ont plutôt bien surmonté les nouveautés administratives. « J’ai pu compter sur le pool qui nous accompagne depuis la reprise de l’hôtel il y a 6 ans », explique Yves Berthebaud. Composé de professionnels habitués à travailler ensemble de Nîmes et Montpellier, au cabinet Afirex s’ajoutent notamment un juriste, un assureur, ou encore un spécialiste des reprises d’entreprise, qui l’ont aussi aidé à monter son nouveau business plan.

Car bien sûr la pandémie et ses conséquences économiques a tout remis en cause.

Vue d’Enfant ouvrait bien quelques heures par semaine pour des urgences, sur rendez-vous exclusivement, mais l’activité de l’opticien à la réouverture prévue le 11 mai s’annonce très incertaine.

Je compte sur mon expert-comptable pour m’aider à calibrer les demandes de crédits à la banque, car il va falloir à nouveau payer les salaires à plein, alors que le chiffre d’affaires ne sera pas au rendez-vous tout de suite

explique Jean-Antoine Fournier

 

Combien demander de façon réaliste, à la fois sur la base de la santé de l’entreprise mais aussi du contexte économique ?

A Saint-Jean du Gard, l’avenir est encore plus flou. « Nous ne savons pas quand nous rouvrirons, ni combien de touristes viendront – pourront ? – nous visiter cet été » résume Yves Berthebaud. Or, lui et son associé avaient justement décidé de mettre prochainement leur affaire en vente. Une opération qui devient extrêmement délicate, dans la mesure où le chiffre d’affaires de 2020 s’annonce au plus bas.

J’espère que mon expert-comptable pourra nous aider. D’une part pour franchir cette mauvaise passe en termes de trésorerie grâce aux aides et à d’éventuels refinancements. D’autre part pour préparer au mieux la mise en valeur de notre bien malgré le contexte

explique Yves Berthebaud

 

On le voit, le rôle des experts comptables a été crucial ces dernières semaines et sera encore décisif dans les suivantes. Emilie n’avait pas d’expert-comptable pour son salon de coiffure. Elle a reçu fin mars, un coup de téléphone inattendu – et providentiel : « Mon interlocutrice était l’amie d’une cliente. Elle est comptable dans ma ville et m’a demandé si j’avais bien compris les aides que je pouvais solliciter. Et elle m’a aidée, à distance, chacune de nous sur sa tablette, à déposer ma demande en bonne et due forme… ». Comme quoi comptabilité rime aussi avec solidarité !

Pour aller plus loin :

Gestion de crise : l’expert-comptable en première ligne

Comment Delphine Loyseau, a maintenu la continuité des missions de son cabinet d’expertise-comptable tout en aidant ses clients à surmonter la crise

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