Intelligence artificielle au cabinet, quels avantages ?

L’Intelligence Artificielle est-elle bien l’affaire des experts-comptables ? Qu’est-ce que l’IA peut faire pour leurs clients ? Comment les cabinets peuvent-ils en tirer avantage ? Des réponses recueillies au Cegid Connections 2018.

La dématérialisation est désormais bien avancée ? Elle n’était qu’une étape. L’existence de données numériques, renseignées, sécurisées, et disponibles via le cloud, ouvre le champ à de nouveaux possibles, dont bénéficieront à des degrés divers toutes les fonctions des entreprises. La puissance de calcul est là, les algorithmes d’intelligence artificielle sont prêts, et l’analyse prédictive multiplie ses applications…
Tout au long de l’évènement Cegid Connections, le 3 juillet dernier à Paris, la question des data, de leur acquisition jusqu’à leur hébergement, a été bien présente. Mais certaines conférences ont débattu du « jour d’après » : celui où l’on associe les données de l’entreprise à celles du cloud pour produire de nouvelles informations – et de nouveaux services !

L’IA, pour quoi faire ?

L’Intelligence Artificielle regroupe l’ensemble des techniques capables de simuler l’intelligence humaine. Elle est dotée de différentes capacités dont la logique, la résolution de problèmes et, surtout, l’apprentissage : elle apprend au fur et à mesure qu’elle traite les données. Autant dire que le champ d’applications est large ; en voici trois :

  • Le logiciel qui gère l’approvisionnement des distributeurs de boissons Coca Cola recueille les données de consommation pour chaque machine connectée, les croise avec les statistiques marché, et prépare le réapprovisionnement adapté à la météo de la semaine à venir;
  • A la Pitié-Salpêtrière, la plateforme d’intelligence artificielle iBiopsy améliore le diagnostic des cancers. La combinaison de l’imagerie médicale avec le deep learning et le big data analytics permet de mieux extraire les biomarqueurs de la progression de la maladie;
  • Dans les aéroports, des logiciels d’analyse vidéo sont utilisés pour détecter en direct des comportements suspects, et les données des passagers passées au crible de l’analyse prédictive pour détecter terroristes et trafiquants …

Il y a beaucoup d’autres applications. Mais dans ses usages très variés, l’IA se positionne souvent comme une aide à la prévision et à la décision. Ce qui pourrait bien vous concerner…

A lire sur le même sujet : Comment l’intelligence artificielle impacte (et va impacter) votre comptabilité ?

L’IA et les entreprises

Les services clients se sont vite intéressés aux progrès de l’intelligence artificielle, et mis en place des assistants de réponse aux requêtes. Les participants à Cegid Connections 2018 ont par exemple cité Djingo, l’assistant virtuel d’Orange Bank, qui répond à 50% des appels des clients. Ou encore le Crédit Mutuel, qui a mis en place une gestion automatisée des mails entrants, et des agents virtuels pour assister les chargés de clientèle. Les technologies utilisées (au premier rang desquelles Watson, d’IBM) ont pour objectif la bonne affectation à 80% d’un appel entrant au bon expert.
Mais le champ des possibles de l’IA est bien plus large que le service clients ! Voici ce que les fonctions d’une entreprise peuvent en attendre très vite – des solutions sont déjà opérationnelles :

  • Pour les DAF : évaluer la solvabilité d’un client, détecter les fraudes…
  • Pour les RH : trier les CV, connaître la probabilité de départ d’un employé clé …
  • Pour la production : changer les pièces juste à temps (maintenance prédictive), gérer la documentation …
  • Pour le commerce et le marketing : étudier l’implantation d’un nouveau magasin, déterminer un prix de vente, établir des prévisions de vente …

Des super-assistants se mettent ainsi au service des assureurs, des banques, des laboratoires pharmaceutiques, des cabinets de conseil financier… et des agents de l’administration fiscale française, bien équipés en la matière.
Pourquoi pas mettre ces technologies au service des cabinets d’expertise comptable ?

De la BI à l’IA

Les cabinets ont besoin d’une nouvelle frontière. Les règles du jeu ont changé. De nouveaux opérateurs 100% numériques fleurissent, en pratiquant des prix agressifs. La simplification administrative reste un vœu pieux, les responsabilités s’accumulent (DSN, prélèvement à la source, RGPD, FEC…). Bien sûr la tenue des comptes reste le cœur du métier, mais ce n’est plus là que se trouve la valeur ajoutée de l’expert-comptable. Avec l’automatisation des tâches de base des cabinets, notamment via les saisies en ligne et les nouveaux logiciels en cloud, l’offre des cabinets peut maintenant se déplacer vers un conseil de plus haut niveau.

Elle s’exprime dès aujourd’hui à travers la Business Intelligence, comme le rappelle Sylvain Moussé, CTO de Cegid, prenant la parole lors d’un atelier consacré au SaaS et à l’intelligence artificielle lors de Cegid Connections :

« Avec la Business Intelligence, il s’agit d’offrir au chef d’entreprise un accès en temps réel à toutes les données comptables et financières de sa société. Qu’il puisse récupérer puis partager son bilan comptable, de son smartphone, quand il a rendez-vous avec son banquier. L’expert-comptable peut revendre les services de tableaux de bord, d’outils de pilotage, ou de gestion de paie, qui lui sont délivrés par l’éditeur en marque blanche. »

D’après le CTO, ces services vont devenir le nouveau standard. Quelle sera l’étape suivante ? Elle va consister à organiser la rencontre des données de l’entreprise avec celles du marché, autrement dit à mettre en œuvre des systèmes d’IA connectés à des données externes, pour produire des indicateurs métier comparatifs.

L’IA et vous : des idées pour gagner

« 20,000 experts comptables, 130,000 collaborateurs : multiplié par le nombre de clients et de factures gérés par chacun, voilà une formidable base de données ! », souligne Sylvain Moussé. Il y a là de quoi générer beaucoup de nouveaux services utiles aux entreprises. » Des possibilités très concrètes mises en avant par exemple par l’Ordre des Experts Comptables avec IMAGE PME un outil d’analyse de l’activité des entreprises et de benchmark en temps réel construit sur la base des flux des télédéclarations fiscales et sociales.

En matière de social, l’intelligence artificielle peut permettre par exemple de prédire une démission. A partir des données statistiques anonymisées recueillies sur l’ensemble des bulletins de paie créés d’une part, et des données propres au collaborateur concerné d’autre part, le gestionnaire de paie peut attirer l’attention du dirigeant, et le préparer à répondre à cette probabilité élevée. Autre axe de conseil RH : pouvoir recommander la bonne fourchette de salaire lors d’un recrutement – un service là-aussi qui pourrait être rendu possible par le traitement massif des données des bulletins de paie.

Dans les domaines des ventes et des achats, l’accès à des informations sur les prix moyens constatés, ou sur les délais de paiement accordés, a lui aussi une valeur pour le chef d’entreprise. Il pourrait par exemple s’abonner à un service de veille : les millions de factures numérisées chaque mois constituent un BigData qui bien utilisée pourrait générer de la valeur. Dans tous les cas, insiste le CTO, la mise en place d’une Charte d’éthique est indispensable pour garantir des abus.

Gagner en productivité, avec la dématérialisation. Proposer des tableaux de bord et des services d’analyse, avec la B.I. Ouvrir le champ du conseil, avec l’IA. La route des possibles est ouverte pour les experts-comptables, qui y trouveront de quoi revaloriser leur profession et la défendre contre les acteurs disruptifs.

Lectures :

L’IA au service des cabinets d’expertise-comptable

Comment utiliser ce potentiel ?
Quelles sont ses conséquences pratiques ?
Par où commencer ?
Comment gérer la transformation ?

Autant de questions auxquelles nous avons souhaité apporter notre éclairage et celui de cabinets déjà passés à l’IA.


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