Data-centric, data-driven : les nouvelles réalités des experts-comptables

Chaque jour le rêve devient réalité : un cabinet peut désormais automatiser l’utilisation des datas comptables et extracomptables pour fournir à ses clients l’accompagnement dont ils ont besoin. Data-driven ou data-centric, l’expert-comptable s’impose plus que jamais comme le conseil du dirigeant au quotidien.

Y a-t-il encore un doute ? L’exploitation des données constitue la nouvelle frontière des cabinets comptables. Elle s’impose aujourd’hui par la conjonction de trois dimensions :

  1. Menacés dans leur raison d’être réglementaire, les cabinets ont besoin de générer des missions plus utiles, plus valorisées et plus rentables ;
  2. La technologie leur apporte les moyens de collecter et traiter automatiquement les datas, sans limite de capacité ;
  3. Le marché est demandeur : 70% des entreprises[1] déclarent manquer des ressources nécessaires pour analyser leurs propres données.

Toujours plus au cœur des flux, les experts-comptables sont appelés à prendre un rôle majeur sur la data et son exploitation au bénéfice de leurs clients. Un rôle à assumer, avec l’esprit de responsabilité propre à la profession.

 

Les promesses de la data pour les experts-comptables

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Dans un récent webinaire, Elisa Tomasini-Bartoli, expert-comptable[2] à Porto-Vecchio, résumait ainsi l’objectif : « Mon rêve, c’est de rapprocher la comptabilité de l’exploitation. Nous avons une mine d’or dans les cabinets : les datas financières et extra-financières de nos clients. A nous de savoir l’exploiter ! ». Pour elle, les 3 grandes promesses de la data pour les experts-comptables sont :

Anticiper avec la data : Projeter les conséquences d’un investissement sur la croissance de l’entreprise, évaluer les stocks nécessaires à un magasin de maillots de bain, aider un commerçant à choisir entre deux emplacements possibles…

Comparer avec la data : « Tout le monde a besoin de se benchmarker ! ». Le client est-il plus, ou moins cher que sa concurrence ? Achète-t-il bien ses matières premières ? En lui donnant la vision du prix moyen régional, il pourra mieux négocier. C’est très important pour le BTP, où les prix peuvent varier dans de grandes proportions, mais aussi pour un boulanger et ses achats de farines, etc.

Piloter avec la data : Pouvoir offrir aux dirigeants les indicateurs-clés instantanés dont il a besoin : le suivi des marges, ou des prévisions de trésorerie simples et à jour. Avec une condition : que leur développement et leur suivi s’effectuent de manière la plus automatisée possible, de sorte à préserver la rentabilité du cabinet.

Un cabinet d’expertise-comptable doit-il être data-driven ou data-centric ?

« Avec l’automatisation de la saisie via un logiciel comme Cegid Conciliator, ou dans Cegid Loop, la data d’aujourd’hui est bien plus riche qu’avant ; on récupère les éléments complets de chaque transaction. Mon objectif est d’utiliser ces données pour donner à chaque clientèle les outils utiles à son exploitation », explique Cédric Ribeiro, associé du cabinet Adezio, dans le Vaucluse.

Comment s’organiser pour y parvenir ? Deux concepts se confondent souvent : data-driven et data-centric.

Une organisation data-driven est pilotée par les applications, qui utilisent des données (internes et/ou externes) pour prendre en temps réel les meilleures décisions. Ce modèle est au cœur du fonctionnement des grandes plateformes de retail et de leurs moteurs de recommandation, par exemple.

Exemple : Un cabinet data-driven connaît et analyse l’usage de l’application comptable par un client, ou encore le rythme ou la nature de ses échanges avec l’équipe via l’outil collaboratif (Teams, par exemple). Il facilite ainsi le suivi de la relation et la mise en œuvre de correctifs – comme de proposer une formation.

L’expert-comptable tirera profit de ces données comme n’importe quel autre chef d’entreprise.

Dans une organisation data-centric, les données constituent le patrimoine à partir duquel toutes les exploitations deviennent possibles. Alors que les applications sont le plus souvent éphémères et ne vivent qu’aussi longtemps qu’elles sont utiles, les datas restent ! Elles sont intégrées, prêtes à l’emploi, dans un modèle stable d’architecture de données, avec un référentiel commun, indépendant des usages.

C’est l’idéal du cabinet data-centric, qui maîtrise ainsi l’ensemble de ses datas dans un même modèle, une GED, par ailleurs respectueuse de la RGPD et de ses obligations.

Le cabinet gagnera à être data-driven pour son propre compte ; mais pour garantir à ses clients de disposer des données nécessaires à construire les outils dont ils ont besoin quand ils en auront besoin, il sera nécessairement – aussi – data-centric !

 

2 conséquences immédiates

La saisie change de paradigme : dans la vision classique, l’objectif de la saisie était de réduire une pièce aux éléments strictement nécessaires à l’établissement des déclarations et des comptes annuels. Faute de moyens, tout le reste : quantités commandées, prix unitaire, etc., constituait… des « encombrants ». Seule une ressaisie manuelle permettait d’envisager par la suite une comptabilité analytique – une source de frustration éprouvée par bien des collaborateurs.

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Dans un cabinet data-centric, toutes les données comptent, que ce soit pour aujourd’hui ou pour demain. Leur usage futur dépend de leur qualité. Seule une puissante intelligence artificielle peut mener à bien ce travail de saisie exhaustive.

Le cabinet construit sa nouvelle offre : il pense à ses données en termes d’usage approprié pour chaque client. De quoi celui-ci a-t-il le plus besoin ? De mieux maîtriser ses coûts de revient ? D’une visibilité permanente sur sa trésorerie ? L’expert-comptable se rapproche de l’exploitation – et son rôle peut tenir du contrôle de gestion.

Son challenge : apporter la bonne information au bon moment et dans le bon contexte. La réponse dépendra de l’utilisateur. Qu’est-ce qui est le plus parlant pour lui, et à quel moment ? Cela signifie s’aligner sur la vie du client, au jour le jour, et non plus sur les échéances de TVA.

Lire aussi : Services additionnels automatisés : comment choisir ?

Quand aujourd’hui les experts-comptables pensent datas, c’est d’abord pour être plus utiles à leurs clients et mieux servir leurs besoins. Ils utilisent déjà les données – par exemple en data-visualisation, ou pour produire des tableaux de bord. Mais il faut y passer beaucoup de temps avant de pouvoir les partager et les analyser, un temps qu’il n’est pas facile de facturer à son prix.

Aujourd’hui un cabinet peut être data driven pour lui-même et data-centric pour ses clients. En automatisant la saisie et le traitement de ses données, il diminue le coût de leur usage, permettant ainsi à tous les clients intéressés… de devenir eux-mêmes data-driven !

 

[1] Data Security Confidence Index, 5ème édition

[2] DEC 2019 – « L’expert-comptable, un être humain face à l’intelligence artificielle, guide méthodologique »

 


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