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Spécial Retail & Luxe: 3 questions à Jonathan Siboni, fondateur de Luxurynsight et co-fondateur MINISO France

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Retail & Distribution

21 juin 2021

Pour vous, nous avons interviewé Jonathan Siboni, fondateur de Luxurynsight, expert de l’analyse data dans le luxe, la mode et la beauté, et co-fondateur de la marque MINISO France. Cet expert du retail chinois et du luxe nous partage sa vision du commerce, sa passion pour les magasins physiques qui génèrent bien plus d’émotions que les autres canaux de vente ainsi que ses expériences du retail et du luxe en Chine.

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Entretien avec Jonathan Siboni, fondateur de Luxurynsight, expert de l’analyse data dans le luxe, la mode et la beauté, et co-fondateur de la marque MINISO France.

Quel est le rôle du magasin ?

On assiste à une transition mondiale vers l’omnicanal où online et offline disparaissent enfin. Ces deux notions n’ont aucun sens pour le client et m’ont toujours dérangé. Particulièrement parce que cela suppose que le magasin a été pensé comme un lieu offline, débranché ! Or, les points de vente sont surtout des lieux de vie, qui ne s’opposent pas au web. Ce sont deux univers de distribution différents et complémentaires. Autre limite, qui sera plus dure à abattre, toutes les sociétés sont structurées avec la communication d’un côté et la distribution de l’autre. Or, c’est de plus en plus flou avec les réseaux sociaux comme Instagram ou Wechat qui sont initialement des plateformes de communication, et font aujourd’hui de la distribution. Ou Farfetch qui devient un média. La règle de faire un défilé, d’être présent dans Vogue puis d’attendre les clients en boutique ne fonctionne plus forcément. Désormais, le rôle du magasin est également d’être un outil de communication. Il faut avoir des flagships et vendre en ligne. La boutique ne peut pas être un lieu uniquement de transactions, elle porte la marque, présente les produits et façonne l’expérience client. Amazon aura du mal à créer de l’émotion !

Quels sont les points inspirants de la Chine pour les retailers européens ?

En Chine, il y a une célébration de la vie. Tout va plus vite et se fait de façon plus festive. Dans WeChat, on peut retrouver un grand patron d’une entreprise qui vous répondra par un emoji. Cette approche se ressent dans les boutiques et elles sont construites pour favoriser les échanges. Autre sujet inspirant pour les marques, l’intégration du digital qui est fondamental en Chine. Il va servir à collecter les données et aider dans la prise de décision, de la marque à sa distribution.
Starbuck Roastery n’a rien à envier aux cafés d’Odéon à Paris ! On y vend un univers, pas (que) du café. Idem pour le Nike House of Innovation, l’expérience client est poussée via l’usage du mobile et de la donnée. Les marques occidentales y vont beaucoup plus loin, les marques chinoises n’ont pas de limite. En Chine, on est sur une notion de plaisir d’expérience. En France, les foncières commencent à investir en ce sens pour créer des centres commerciaux plus expérientiels, tels Plaisir ou Lillénium qui ont vu le jour cet été.

Avez-vous un conseil pour les marques de luxe ?

Le luxe a une grande qualité, il dispose d’une vision à 360° et les marques ont compris que distribution et communication sont intrinsèquement liées. En revanche, elles doivent accepter qu’elles ne peuvent plus simplement être ‘brand centric’ mais aussi devenir ‘client centric’. Il ne s’agit pas d’analyser les KPI par catégorie mais de suivre les KPI par client à travers toutes les ventes, et le suivre dans son parcours. Qu’est-ce que je représente pour mes clients parmi tous les points de contact ? Il faut comprendre ce qui se passe dans l’esprit du consommateur, pourquoi il va vers cette marque ou une autre, mais aussi regarder autour de soi. Des marques ont surfé sur leur désirabilité très forte et les Chinois s’y rendaient sans rien attendre d’autre que d’être autorisés à acheter un article de leur marque préférée. Cela ne suffit plus aujourd’hui ! De nouvelles marques débarquent avec des historiques plus courts, mais qui séduisent car elles sont plus proches des consommateurs, plus fun. L’analyse de données est clé pour comprendre comment se transformer pour continuer à faire rêver.

A propos de Jonathan Siboni

Jonathan Siboni a fondé Luxurynsight en 2011 après 6 ans passés en Chine. Il s’agit de la première plateforme de business analytics et business intelligence dédiée au luxe, à la mode et à la beauté. Il compte dans son conseil consultatif des cadres des plus grandes marques de luxe comme LVMH, Hermès ou Chanel. Il a ouvert un bureau à Dubaï et Shanghai en 2019 et a levé 2 millions d’euros en 2020 pour accompagner sa croissance à l’international.
Cet expert passionnant et passionné est convaincu que l’avenir des marques du retail et du luxe réside dans leur capacité à anticiper et s’adapter à des changements de plus en plus rapides de leurs marchés et de leurs clients. La data sera un outil clé pour appréhender et tirer le meilleur parti de ces changements. Nouveau défi pour le dirigeant : en 2019, il lance avec deux associés, Ariel Wizman et Nicolas Rey, la marque MINISO en France, marque chinoise de produits lifestyle d’inspiration japonaise qui l’un des plus gros succès entrepreneuriaux de Chine avec 4800 magasins dans 88 pays.

« Utile mais Mignon », découvrez MINISO »

MINISO a été créé en 2014 par Ye Guofu, un homme d’affaires chinois acteur du retail. Sa vision ? Il y a eu une désintermédiation entre les produits et le consommateur. Des grandes plateformes digitales ont été créées permettant d’avoir n’importe quel produit à n’importe quel prix. Mais La qualité reste à la marge, voire très compliquée à trouver pour les internautes dans ce monde infini et désorganisé du digital.

Ye Guofu a alors pris le parti de miser sur des boutiques physiques pour proposer une offre de produits d’accessoires du quotidien avec un design impeccable (conçu par ses 16 bureaux de design) et au meilleur rapport qualité-prix. Ce positionnement a séduit les consommateurs et permis à MINISO de se conjuguer à l’international. En moins de 6 ans, le réseau compte déjà 4800 boutiques dans le monde dont 2600 en Chine, et est coté à la bourse de New York depuis 2020. L’Europe est l’un des derniers grands chantiers de l’enseigne, et la France joue un rôle tout particulier de par son historique et son rayonnement dans le retail mondial. En savoir plus ici.

Jonathan Siboni, Ariel Wizman et Nicolas Rey sont les trois dirigeants de MINISO France. La marque compte ouvrir d’ici 2 à 3 ans plus d’une cinquantaine de magasins rien qu’en France, utilisant la plate-forme de commerce unifié Y2 de Cegid retail pour sa gestion opérationnelle.

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