Engagement : comment garder son cabinet motivé ?

Après quinze mois pendant lesquels le modèle de management classique a été battu en brèche par les nécessités du télétravail, pensez-vous que l’engagement de vos collaborateurs soit toujours le même ? Les attentes ont évolué, le marché s’est durci, l’intelligence artificielle est arrivée : l’avenir appartient à celles et ceux qui sauront engager leur équipe derrière la poursuite d’un projet collectif et individuel.

L’engagement est un enjeu stratégique. De multiples études ont démontré une corrélation directe entre engagement et performance : une organisation avec des collaborateurs très engagés développerait ainsi 2,5 fois plus son chiffre d’affaires qu’une autre entreprise similaire[1]. Difficile de trouver mieux en termes de R.O.I.

 

Quel est l’engagement des collaborateurs en France ?

    • 6%

      d’engagés

    • 74%

      pas engagés

    • 20%

      désengagés

Mais l’engagement est à la peine dans notre pays : d’après un sondage Gallup[2], la France compterait seulement 6 % de collaborateurs « engagés ». 74 % ne se sentent pas engagés, et 20 % se déclarent même « désengagés ». L’Hexagone se place ainsi au dernier rang des pays européens…

Les collaborateurs des cabinets y feraient-ils miraculeusement exception ? C’est malheureusement peu probable.

L’engagement est mis à rude épreuve

On distingue deux composantes au fait de se sentir plus ou moins engagé : le cœur et la raison. Les deux ont évolué en profondeur du fait des circonstances sanitaires et des avancées technologiques.

Le cœur : l’engagement affectif

L’engagement affectif correspond aux éléments qui renforcent le sentiment d’appartenance : les relations humaines avec des collègues, une mission partagée, la participation à des projets communs, la reconnaissance de ses efforts, la fierté d’accomplir son métier dans un cadre valorisant…

Après 1 an et demi où la crise sanitaire a transformé le quotidien de beaucoup en un morne enchaînement boulot-dodo, beaucoup de choses ont changé. Les collaborateurs ont trouvé – fut-ce malgré eux ! – un nouvel équilibre entre leur vie personnelle et personnelle. Le bureau à domicile a montré un lien direct entre télétravail et QVT[3], et les employés ont exprimé un réel gain de confort par rapport au bureau, notamment à l’open-space. Ont-ils vraiment envie de revenir ?

La raison : l’engagement rationnel

L’engagement rationnel se base sur la perception par chacun d’un juste équilibre entre ce qu’il donne – son temps, ses connaissances, son expérience – et ce qu’il reçoit : des responsabilités réelles, le développement de ses compétences, une rétribution, la contribution de l’entreprise à sa carrière et à son employabilité.

L’arrivée de l’IA entraîne de nombreuses questions. « Vous connaissez l’usine du futur ? Elle a seulement deux employés : un homme et un chien. L’homme est là pour nourrir le chien. Et le chien est là pour empêcher l’homme de toucher aux équipements ». La boutade du CEO D’Autodesk, le géant de la CAO/CFAO au Forum de Davos[4], peut résonner aussi dans les cabinets d’expertise-comptable. A l’heure où ils font de plus en plus appel à l’intelligence artificielle pour leur production, il n’est pas anormal que leurs collaborateurs se posent des questions sur leur avenir. Des interrogations qui rejaillissent sur leur motivation.

A quoi reconnait-on le désengagement ? 

Que ce soit en télétravail ou dans des conditions classiques, le niveau de turn-over figure au premier rang des indicateurs de la dégradation de l’engagement. On peut y ajouter l’absentéisme, et bien sûr la manière dont le travail est accompli et dont le client est servi.

Mais les signes peuvent être plus insidieux. Le coronavirus a fait voler en éclat le tissu social autour duquel le collaborateur construisait sa vie professionnelle. Le contact humain, la présence dans un même espace, les discussions de machine à café, le repas partagé : tout l’informel a disparu, ou presque. Et les liens entre les collègues se sont distendus peu à peu, malgré les réunions à distance. Le besoin d’échanger est-il toujours aussi fort qu’avant ? Pas sûr.

Le désengagement ne se limite pas au découragement. Il est la conséquence d’un sentiment d’à-quoi-bon, connu pour être hautement transmissible. Le sentiment de ne servir « à rien » – les clients se désintéressent des missions de base – n’est pas si nouveau. En revanche, la crainte de sa dévalorisation, voire… d’être condamné à disparaître du fait de l’automatisation croissante des tâches du quotidien, est plus nouvelle.

Et tout ça au moment où les dirigeants d’entreprise n’ont jamais autant eu besoin de leur cabinet ?!! On comprend qu’il soit temps d’agir. Le remède passera par la réalisation d’un projet commun, en même temps qu’une manière de collaborer revue… et peut-être corrigée.

Partager un projet

L’évidence s’impose à tous. Alors que la tenue assure 44% de leur chiffre d’affaires aujourd’hui, les experts-comptables estiment que cette part tombera à 30% d’ici cinq ans, soit un tiers en moins. Leurs collaborateurs connaissent-ils vraiment les réalités d’aujourd’hui ?

 

  • les réalités du terrain : une concurrence élargie, un prix de mission passé sous la barre de 3000 €…[5].
  • les réalités des clients : ce qu’ils veulent aujourd’hui, ce n’est pas un bilan annuel, ce sont des prévisions de trésorerie en temps réel, des tableaux de bord de l’exploitation, des conseils sur le vif.
  • la réalité des technologies : qu’est-ce que l’intelligence artificielle va nous apporter, tout de suite et plus tard ?
  • la réalité des collaborateurs : aussi sur les conséquences que sa mise en œuvre entraîne sur les postes, les qualifications, la formation ?

 

A chaque situation ses opportunités, à commencer par celle de réinventer son travail.

La solution la plus complète passe par l’écoute, puis par la construction, aussi collective que possible, d’un nouveau projet de cabinet. « Impossible, en effet, d’engager ses collaborateurs « sans avoir une idée claire de ce que sera le cabinet demain. La réflexion stratégique permet de savoir où le cabinet veut aller, quelles missions il veut réaliser, etc. Du projet découlent les emplois qui vont composer l’organigramme du cabinet et permettre de définir une organisation », soulignait le think-tank Les Moulins dans son rapport 2020.

J’ai expliqué ma décision à l’équipe. L’avenir, c’est maintenant. Le métier évolue, nous devons tous apprendre à travailler différemment. C’est excitant intellectuellement. Chacun a le sentiment d’avancer, d’utiliser les méthodes de travail d’aujourd’hui

Maxime Lepoutre

Cabinet CPEX, utilisateur de Cegid Loop

Lire le témoignage

 

La construction et la mise en place d’un projet collectif répond aux attentes qui se sont développées au cours des longs trimestres marqués par le Covid : recherche de sens dans la mission confiée, quête d’autonomie, besoin de responsabilisation dans les tâches confiées.

Réinventer l’engagement collaborateur

Une fois la crise sanitaire derrière nous, ces attentes seront bien présentes, et les tensions sur le recrutement élevées.

C’est le moment de s’engager dans l’engagement

Il va falloir commencer par réapprendre à travailler ensemble, en gardant le meilleur des pratiques développées en confinement. Donner sa juste place au télétravail – généralement évaluée à 2 jours par semaine, sauf exceptions. Banaliser l’usage d’un logiciel de collaboration, comme Microsoft Teams, pour faciliter le suivi d’une mission et ne plus se noyer dans les mails. Avec le collaboratif, chacun se sent membre du projet en cours, voit ce que font les autres, et valorise sa contribution.

Dans le même temps, on veillera à aider le réamorçage de la convivialité – événements, rencontres, team-building, points d’échange régulier… On aura ainsi soin à recréer un sentiment d’appartenance, tout en cultivant la fierté de travailler dans un cabinet dynamique et vivant. 

Par-dessus tout, on cultivera la reconnaissance. En 2019, Great Place to Work a réalisé une enquête qui met en avant que la reconnaissance au travail constitue le premier facteur de motivation des salariés. Elle conserve le collaborateur dans le mouvement, fixe sa trajectoire, l’aide à poursuivre le cap stratégique retenu. Tout retour positif sur une tâche effectuée, une prise d’initiative, ou l’atteinte d’un objectif, concourt à donner du sens aux missions réalisées.

Dans la même perspective, les progrès accomplis par l’équipe dans le développement du nouveau cabinet gagneront à être balisés et encouragés.

Le secret du changement, c’est de concentrer toute notre énergie non pas à lutter contre le passé mais à construire l’avenir

Socrate

L’aphorisme est toujours d’actualité. Reconstruire l’engagement des collaborateurs passe par une réflexion globale sur l’avenir du cabinet, en même temps qu’il se bâtit sur des réalités tangibles.

 

[1] Journal of Corporate Finance

[2] “Productivity booms in France, but engagement needs help”. Juin 2018, Gallup

[3] Qualité de Vie au Travail

[4] Carl Bass, 2016

[5] Gestion des cabinets d’expertise comptable, CSOEC, 2018 – Cabinets <49 personnes.


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