Paie & Ressources Humaines

Engagement des collaborateurs : professionnels RH, prêts à faire mieux que nos voisins européens ?

10 Juil 2019

En France, seuls 6 % de collaborateurs sont engagés, contre 10 % en moyenne en Europe. Le coût du désengagement pour les entreprises se compterait en milliards d’euros. Alors comment remettre l’Hexagone dans la course ? Quelles cartes les professionnels RH ont-ils à jouer ?

Engagement des collaborateurs : la France à la traîne

Année après année, l’étude du cabinet Gallup est sans appel : les salariés français font partie des mauvais élèves de l’engagement en entreprise. En 2018, l’Hexagone occupait l’avant dernière place du classement européen, exæquo avec l’Espagne[1]. Le désengagement, qui concernerait jusqu’à un salarié sur cinq, engendrerait une perte de productivité pour les entreprises, comprise entre 90 et 102 milliards d’euros[2].

Alors que la France compterait à peine 6 % de collaborateurs engagés, bien loin de la moyenne européenne s’élevant à 10 %, le Royaume Uni, les Pays Bas, l’Irlande, la Norvège ou encore le Danemark se détachent. Sans pour autant copier sans réfléchir les processus mis en place chez nos voisins, l’heure est peut-être venue pour les professionnels RH des entreprises françaises de franchir une nouvelle étape en matière d’engagement et de repenser leur approche.

Parmi les valeurs immatérielles que les Ressources humaines sont chargées d’animer, la culture d’entreprise est centrale.
Découvrez notre article dédié

Comprendre les causes du désengagement

Pour Gallup, les employés engagés « sont ceux qui travaillent avec passion et se sentent profondément connectés à leur entreprise, ils conduisent l’innovation et font avancer l’organisation ». Comment obtenir de tels résultats ? Les Employee Engagement Awards UK & Europe 2018[3] qui se sont tenus à Londres, en Angleterre, en janvier 2019, ont récompensé plusieurs établissements pour leurs politiques d’engagement, car elles se révèlent indissociables de leurs stratégies globales.

Le groupe international Dorchester Collection fait partie des lauréats. Son Chief people and culture officer, Eugenio Pirri, raconte que trop souvent, l’engagement en entreprise se résume à l’organisation d’une « grande fête du personnel ». En France, on a également parlé du syndrome du babyfoot[4]. Il ne s’agit pas d’une politique de qualité de vie au travail (QVT) et encore moins d’un levier de l’engagement. « En fait, c’est totalement l’opposé, dit-il. Il s’agit de vraiment comprendre les personnes avec lesquelles vous travaillez, comprendre vers quoi elles veulent tendre et comprendre ce qu’elles veulent faire. » Il explique également que les entreprises ont tendance à mettre en place des solutions faisant office de pansements et qu’elles ne cherchent pas réellement à en saisir les causes originelles.

Pour favoriser le dialogue et comprendre les attentes des collaborateurs, être au plus près d’eux est indispensable, découvrez comment refaire de l’entretien d’évaluation un vrai moment d’échanges.

Le marketing RH, la clé pour mieux comprendre les collaborateurs et identifier les leviers de l’engagement

Partant de ce principe, il paraît essentiel pour la fonction RH de mieux connaître ses clients : les collaborateurs. Pour cela, elle doit enquêter sur le terrain. Ce qui implique d’améliorer la communication RH et de se lancer dans le marketing RH. L’enjeu de l’engagement des collaborateurs ne doit pas être que du ressort des professionnels RH, même s’ils doivent le piloter. En effet, c’est l’affaire de tous les acteurs de l’entreprise.

S’appuyer sur les managers en veillant à fluidifier leurs interactions avec les collaborateurs se révèle donc primordial. La mise en place par exemple du feedback en continu participe à faciliter les échanges, d’autant qu’il répond à une demande des collaborateurs en général, et des générations Y et Z en particulier. Une approche 360 permet d’aller plus loin en donnant la possibilité à chaque acteur de l’entreprise de remonter une information, une idée, de donner un conseil ou de demander un retour sur l’une de ses présentations, réunions ou missions en cours. Le but : permettre à tous les collaborateurs de comprendre et de mesurer son rôle dans l’organisation tout en saisissant les objectifs et la vision de l’entreprise.

Cela doit également permettre aux professionnels RH de déterminer quels sont les indicateurs de performance à suivre (KPI) et de mesurer l’engagement (voire les engagements) au sein de son organisation pour permettre la mise en place de processus nouveaux ou d’actions correctives grâce à l’analyse poussée des données (HR Analytics).

En savoir plus sur les analytics et les KPI :

Au bout du compte, il est question de l’optimisation de l’expérience collaborateur. Car en repensant l’onboarding, la formation, la gestion des carrières, le management…, l’ensemble des points de contact avec le collaborateur, et ce, jusqu’à l’offboarding, la fonction RH se donne ainsi les moyens  d’identifier les leviers de l’engagement en phase avec la stratégie de l’entreprise.

 

Comment les professionnels RH français peuvent-ils parvenir à faire mieux que leurs voisins européens en matière d’engagement des collaborateurs ? Peut-être en commençant par faire aussi bien. Les chiffres l’attestent : la France est en retard et doit considérer l’engagement comme un chantier majeur afin de booster ses performances, conduire le changement et développer de nouvelles perspectives de croissance. Etre à l’écoute des collaborateurs, améliorer leur expérience au travail et mesurer le niveau d’engagement s’avèrent les marches incontournables à grimper pour faire entrer l’entreprise dans une nouvelle ère.

 

[1] Article, « Les salariés français sont parmi les plus désengagés d’Europe au travail », Challenges, 2018

[2] Article, « Does France need more taxes or more engaged workers ? », Gallup Blog, 2019

[3] eBook, « Creating the best workplace – Insight from global employee engagement influencers », 2018

[4] Article, « Stop au syndrome du babyfoot », de Franck Pagny via LinkedIn, 2017

eBook

Engagement collaborateur : comment aller plus loin pour retenir les meilleurs talents ?