La DSP2, définition et avantages pour les cabinets comptables

Sécurité oblige, la communication des données bancaires obéit à des normes strictes. Dans un contexte d’automatisation de la collecte et de la saisie des pièces comptables, elle ne doit pas pour autant peser sur la productivité des cabinets. La DSP2 apporte des solutions nouvelles.

Le pointage, autrement dit le rapprochement des relevés bancaires et des écritures du journal de banque en comptabilité, ainsi que le lettrage – le rapprochement des journaux de banque avec les achats/ventes, constituent depuis toujours un élément clé de la tenue.

Ces rapprochements se sont longtemps révélés fastidieux avec l’importation de données bancaires manuelles, à fréquence mensuelle, avant que des services d’imports automatisés, en EBICS d’abord, puis par API DSP2 aujourd’hui, ne rendent l’opération autrement plus simple. L’avènement des technologies d’IA appliquées au traitement des flux bancaires permet même aujourd’hui d’automatiser la comptabilisation de bout en bout : collecte, génération des écritures de banque, et lettrage. Point sur les bénéfices de l’open banking et la DSP2 pour les experts-comptables et leurs clients.

 

Qu’est-ce que la directive sur les services de paiement (DSP2) ?

Le développement rapide du commerce en ligne, et celui de la fraude qui l’accompagne, ont conduit l’Union Européenne à édicter sa 2ème directive sur les services de paiement, en vigueur depuis le 13 janvier 2018 : la DSP2.

Quel est l’objectif de la DSP2 ?

L’objectif de la DSP2 est de moderniser les services de paiement en Europe, au profit tant des consommateurs que des entreprises, de faciliter l’usage des moyens de paiement, et de renforcer la sécurité des opérations.

Sa face la plus visible pour le grand public concerne les achats en ligne à partir de 30 euros. Un système d’authentification forte, obligatoire depuis l’été 2021, mobilise désormais deux éléments parmi les trois possibles : mot de passe, appareil connecté ou caractéristique biométrique (comme une empreinte digitale ou la reconnaissance faciale). De quoi rassurer les e-commerçants, les consommateurs… et peut-être aussi les assureurs.

 

Mais le volet B2B de la DSP2 n’est pas moins important. La directive oblige les banques à ouvrir l’accès aux données bancaires de leurs clients, dès lors que ces derniers ont donné leur consentement. Cette dimension obligatoire est nouvelle par rapport à EBICS, au sens où les établissements récalcitrants s’exposent à de lourdes amendes.

Les solutions comptables peuvent ainsi mobiliser une API conforme à la directive pour rapatrier les données bancaires, agréger les comptes et automatiser le rapprochement.

 

Les limites d’EBICS

Né en 2006 dans le cadre du remplacement d’ETEBAC, le standard EBICS (Electronic Banking Internet Communication Standard) avait été mis en place pour garantir une norme commune pour toutes les banques et leurs clients, avec un niveau de sécurité élevé quant à la confidentialité des informations, l’identification des intervenants, et l’intégrité des fichiers échangés.

Aujourd’hui largement utilisé, EBICS remplit la fonction.

Pour autant, le système n’est pas exempt de faiblesses :

Le recueil des mandats

Pour que l’expert-comptable puisse rapatrier les données bancaires dans le cadre d’EBICS, il doit éditer un mandat, le faire signer par son client, puis contresigner par la banque, puis le signer lui-même avant de le transmettre.

 La gestion des mandats est un poids pour les cabinets, obtenir un mandat signé par les différentes parties est un process qui peut facilement prendre 1 mois et plus 

Damien Mahinc,

Chef de produits chez Cegid.

Toutes les banques ne sont pas partenaires des services de collecte des relevés bancaires EBICS

Ces services (jedeclare, sobank, etc.) doivent dans ce cas avoir recours aux technologies de web-scraping, n’offrant pas la même qualité de données. Les banques ont d’ailleurs émis des réserves sur cette pratique du fait de risques élevés pour la sécurité. C’est d’ailleurs en réaction à l’émergence de ces solutions de web-scraping que l’Union Européenne a édicté la DSP2.

Le décalage temporel

La récupération des données ne commence en moyenne que 3 semaines après la finalisation du mandat. Une fois en place, elles ne seront transmises qu’au bout de 3 ou 4 jours : la banque procède en effet à une collecte quotidienne du relevé, et procède à divers traitements techniques (contrôles structurels, contrôles de conformité, cohérence des soldes).

  • Pas d’historique. Il n’est pas possible de récupérer l’historique des transactions réalisées.
  • Limité aux comptes-courants.

Parce que son principe tient dans la transmission de relevés bancaires plutôt que dans la transmission en continu des opérations, le standard EBICS correspond finalement davantage aux pratiques des banques qu’aux besoins d’une tenue comptable moderne. La DSP2 offre une solution mieux adaptée à un cabinet qui a le souci d’automatiser les travaux répétitifs pour soulager ses collaborateurs et s’investir dans des travaux à plus forte valeur ajoutée.

 

 Les avantages de la DSP2

L’usage de la DSP2 repose sur l’utilisation d’API[1], autrement dit d’une interface agissant comme une passerelle permettant aux tiers du secteur financier, au premier rang desquels les experts-comptables, un accès fluide et instantané aux mouvements bancaires.

L’objectif de la DSP2 est de moderniser les services de paiement en Europe, au profit tant des consommateurs que des entreprises, de faciliter l’usage des moyens de paiement, et de renforcer la sécurité des opérations.

Les avantages de la DSP2 sur le protocole EBICS

  • Il ne s’agit plus de la transmission de relevés, mais de la transmission au fil de l’eau de chaque opération, au plus près de l’activité de l’entrepreneur,
  • Le process du consentement devient 100% digital, épargnant du temps administratif au cabinet comme à son client,
  • L’historique des flux bancaires est récupéré instantanément ; il varie d’une banque à l’autre de 3 mois à 1 an,
  • Tous les comptes sont récupérés, y compris les détails des cartes bancaires à débit différé par exemple,
  • L’API épargne les contraintes du scraping, en particulier la nécessité d’utiliser à chaque fois les identifiants de sécurité du client.

Des bénéfices tangibles pour les experts-comptables

Avec Cegid Loop au cabinet, et Cegid Flow pour l’entrepreneur, l’expert-comptable peut désormais récupérer les données bancaires de ses clients sans plus jamais avoir besoin de générer et faire signer des mandats à retourner aux banques. Il échappe à leurs lourdeurs administratives et gagne de précieuses semaines.

Dès le consentement réalisé très facilement sur Cegid Flow, le journal de banque du cabinet s’incrémente au fur et à mesure, et la compta est toujours à jour, le lettrage des comptes est automatisé en temps réel. Par conséquent, le collaborateur et son client peuvent accéder aux données bancaires sans quitter leur outil respectif : Cegid Loop pour l’expert-comptable, et Cegid Flow pour l’entrepreneur avec l’information des échéances restant à payer ou recevoir.

En pratique :

  • La mise en place est instantanée : « Le client ouvre l’appli mobile Cegid Flow, et va à l’écran « lier sa banque ». De son côté, le cabinet équipé de Cegid Loop n’a plus qu’à renseigner l’onglet du compte bancaire… et ça marche ! Après consentement, Cegid Loop sera alimenté des flux bancaires au fil de l’eau », explique Damien Mahinc.
  • Le client donne son consentement directement dans l’application, sans plus de formalités. Ce consentement est, pour le moment, valide 90 jours. L’European Banking Authority (l’EBA) s’est prononcée en faveur d’une évolution pour passer à une pérennité de 6 mois d’ici à début 2023.
  • L’application Cegid Flow alerte l’utilisateur, 3 jours avant expiration du consentement. Le renouvellement est alors effectué sans délai. Et même si ce dernier est accordé quelques jours après expiration, l’historique des données bancaires sera toujours repris, aucune transaction ne sera perdue.
  • Jusqu’ici le consentement bancaire était limité à une banque par client. Il sera disponible en mode multi-banques début juillet 2022.
  • Le coût d’utilisation de l’API est limité : moins d’1 euro par IBAN et par mois – et même gratuit si l’entrepreneur est équipé de Cegid Flow.

Les experts-comptables connaissent la valeur du temps passé, et l’abandon du formalisme propre aux mandats EBICS ne devrait pas leur faire de la peine. Mieux encore, l’acquisition immédiate et sécurisée des données bancaires au fil des opérations, ajoutée à l’usage de l’intelligence artificielle dans la collecte et la saisie des pièces comptables, sans oublier l’arrivée prochaine de la facture électronique, permet dès aujourd’hui aux cabinets de gagner du temps sur les tâches comptables traditionnelles, toujours plus mal payées. Et d’offrir à leur client une vision claire à tout moment de leur situation, de sorte à leur délivrer le meilleur conseil.


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