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Le métier de collaborateur en cabinet va-t-il disparaître ?

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Expertise Comptable

29 novembre 2023

L'automatisation, les robots comptables et l’IA générative menacent-ils les emplois des 170,000 collaborateurs en cabinet ? Pourquoi leur rôle restera déterminant ? Jusqu’où leur travail va-t-il se transformer ? Comment préserver leur employabilité ? Autant de questions auxquelles il est urgent d’apporter des réponses.

6 min

L’automatisation a connu un développement accéléré ces dernières années, grâce à l’arrivée d’outils comptables dopés à l’IA, de plus en plus performants et accessibles. Cette tendance est loin d’être terminée. La facture électronique va nourrir le mouvement. A la clé : gagner du temps dans la production de données, et le consacrer à les analyser et à les utiliser. Et ça fonctionne : le consensus s’établit sur un gain de productivité de l’ordre de 20%¹ la deuxième année, potentiellement bien plus ensuite.

Oui, le métier de collaborateur en cabinet comptable va disparaître s’il se cantonne à la tenue

Une étude récente de PwC² prévoit que les services financiers seront plus touchés que les autres secteurs par la première vague d’automatisation en cours – laquelle va s’amplifier jusqu’en 2030. De son côté, l’Institut Sapiens affirmait dès 2018 que les comptables font partie des cinq métiers « en voie de disparition³ ». Date d’extinction prévue : entre 2041 et 2056. Les collaborateurs comptables sont-ils donc des dinosaures ?

Cette automatisation concerne tout le premier pan de la chaine de production des cabinets. A savoir, la collecte et la saisie comptable. Mais son usage s’élargit à la révision, à la production de tableaux de bord, à la gestion des notes de frais, et même à la production du juridique.

L’automatisation largement en action dans les cabinets :

Récupération automatique des écritures bancaires

90% des cabinets

Récupération automatique des factures de ventes

57% des cabinets

Récupération automatique des factures d’achats

52% des cabinets

Révision assistée

55% des cabinets

Source : Les Actes du 78ème congrès, CNOEC, 2023 – enquête OpinionWay

 

Quand on sait qu’un cabinet moyen consacre plus de 60% de son volume horaire à la tenue comptable, on comprend qu’il va vite falloir donner un rôle plus large aux collaborateurs.

Oui, il va disparaître, s’il refuse l’obstacle

L’automatisation, les collaborateurs en parlent beaucoup… entre eux. Si certains sont enthousiastes à l’idée de ne plus saisir, d’évoluer, de faire davantage d’analytique, ou d’être plus utile qu’avant, par exemple, d’autres ont surtout l’impression d’assister impuissants à la disparition de leur raison d’être professionnelle.

Ils ne sont pas pour autant condamnés à perdre leur emploi. Les besoins de recrutement de la profession n’ont jamais été aussi importants. La qualité de vie s’y est très favorablement améliorée, on devient rapidement autonome, il est possible de télé-travailler, les horaires sont souples, et les salaires ont progressé. Mais la vieille image du métier vient obscurcir ces réalités. Et les candidats manquent à l’appel des cabinets. Alors pourquoi les experts-comptables voudraient-ils se séparer de collaborateurs rares, fiables et consciencieux ?

C’est certain, le travail de collaborateur en cabinet ne sera plus jamais comme « avant ». Mais après tout, le technicien d’EDF d’aujourd’hui rend le même service que l’allumeur de réverbère d’antan… en mieux !

Oui, il disparaitra, s’il ne construit pas son employabilité

La question clé pour un collaborateur, c’est comment conserver son employabilité.

La loi de Darwin donne la réponse : évoluer. Mais il faut en avoir les capacités. Qui n’a jamais entendu une phrase comme « le conseil, mais moi je ne sais pas faire ! » dans la bouche d’un collaborateur ? Ce qui n‘est pas forcément faux ; tout le monde n’est pas fait pour analyser les données, déchiffrer un bilan, ou faire une suggestion utile. Mais une formation peut peut-être changer la donne. Et heureusement, si le conseil est une voie, elle n’est pas la seule.

Oui, s’il sous-estime l’importance de l’humain

La relation entre un entrepreneur et son comptable est basée sur la confiance et la compréhension réciproque. « Notre métier, c’est d’accompagner les TPE et PME. Cette relation avec le client ne sera jamais automatisable », souligne Virginie Roitman, présidente de l’Ordre des experts-comptables de la région Ile de France⁴. La dimension humaine a tout autant sa place dans les travaux de conseil que dans les missions de services. L’androïde comptable façon Blade Runner, ce n’est pas pour tout de suite.

Oui, s’il ne donne pas la preuve de son utilité

La puissance des nouveaux outils permet de reprendre un coup d’avance sur le client au lieu de courir après les échéances déclaratives. Placer la trésorerie ? Escompter les factures clients ? Réduire certains frais généraux ? Autant de propositions de la part d’un conseiller en gestion qui associerait qualité d’écoute, initiative et pédagogie.

Le temps gagné sur la tenue et la profondeur des données recueillies par un outil métier comme Cegid Loop ouvrent grand les portes de la comptabilité analytique, longtemps le parent pauvre des cabinets. On mettra en place des indicateurs, eux-aussi produits de manière automatisés, et on apprendra aux clients à les lire et à s’en servir. Dans certains cas, un chef de mission sera RAF externalisé sur la base d’un volume horaire récurrent.

A ces nouvelles missions s’ajoutent toutes celles ouvertes par la loi PACTE, tout particulièrement sur ce qui concerne la RSE. Le cabinet peut ainsi être amené à établir des bilans carbone, ou à rédiger les rapports annuels relatifs.

Oui, s’il n’élargit pas sa palette de services

Pour un artisan ou une TPE, embaucher un comptable à temps partiel tient de la mission impossible. Conséquence : c’est le plus souvent le dirigeant qui exécute les deux ou trois heures hebdomadaires. En sous-traitant à son cabinet, à des collaborateurs qualifiés et de confiance, il pourra faire autre chose. « Petit à petit, nos collaborateurs de saisie vont devenir des assistants administratifs », estime par exemple Nathalie Dupont, du cabinet Dupont.

Le cabinet Dupont prend de l’avance
sur la facture électronique

Lire le témoignage

Les services externalisés sont appelés à se développer. Tous les clients ne seront pas prêts à produire les factures électroniques normalisées, mais un collaborateur du cabinet pourra les émettre à sa place. Il assurera peut-être en leur nom les nécessités de l’e-reporting (tous les 10 jours). Même chose pour le règlement des fournisseurs, le recouvrement, les virements de salaire… Il y a de quoi faire !

Est-ce si difficile de changer ?

Les collaborateurs comptables peuvent reprendre confiance. Si leur métier change, leur fonction demeure. Avec une amélioration notable : l’automatisation leur permet de mieux se concentrer sur les besoins des clients – sur ce qui leur est vraiment utile. Comment tirer le meilleur de la nouvelle situation ? Il s’agit d’une responsabilité partagée entre les dirigeants du cabinet et leurs collaborateurs.

« La routine de saisie n’est intéressante pour personne ! »

Lire le témoignage de Sara Allart
  • Les compétences professionnelles en constituent le premier volet. Les besoins classiques de formation (fiscale, sociale en particulier) vont demeurer indispensables pour suivre les changements règlementaires.
    Mais les besoins spécifiques, eux, vont évidemment varier d’un cabinet à l’autre, selon la clientèle et les individualités. Les soft-skills seront évidemment de la partie. Et avec le développement de l’IA générative (type ChatGPT) les formations traiteront bientôt aussi des bonnes pratiques pour tirer le meilleur d’une IA…
  • La confiance en est le second. Il faut apprendre à faire confiance à son robot comptable. Travailler avec lui, c’est comme travailler avec un assistant. Pour beaucoup, il s’agira d’une première expérience du management ! Il faut apprendre à déléguer, à moduler son niveau de contrôle au fur et à mesure que l’intelligence artificielle apprend, jusqu’à lui laisser les mains à peu près libres au stade de la tenue. L’éditeur de la solution d’automatisation peut être d’une grande aide, en organisant la formation à l’outil et en aidant à la mise en place de nouveaux process.

 

Lire aussi : Automatiser pour revaloriser les missions et les collaborateurs du cabinet

Dans son dernier rapport, le cabinet Sophos conclut : « A l’horizon 2040, les cabinets d’expertise comptable (…) seront devenus des sociétés multiservices, centrées et guidées par un objectif principal ; aider les entreprises à créer de la valeur et à piloter leur performance globale⁵  ». La route est ouverte pour les collaborateurs des cabinets !

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Sources

¹ La Profession Comptable.

² Will Robots really steal our jobs ? An international analysis of the potential long term impact of automation.

³ L’impact de la révolution digitale sur l’emploi, Top 5 des métiers en voie de disparition, Institut Sapiens, 2018.

⁴ Le Figaro, 1/12/2022

⁵ L’attractivité et l’avenir de la profession comptable à l’horizon 2040 – Sophos, septembre 2021