Gestion des notes de frais

Épisode 1/3 : “Et si vous abordiez le mobility management par les objectifs ?“

Le 5 septembre 2022

Modifié le 20 février 2026

7 min

Cegid Notilus vous propose une série de 3 articles sur le mobility management. Vous pensez certainement avoir déjà tout lu sur le sujet. Nous allons tenter de vous surprendre !
Encore un article sur le mobility management ?! Que va-t-il m’apprendre de plus que les quelques dizaines déjà présents sur le web ? Eh bien beaucoup de choses, nous l’espérons ! Le mobility management fait partie de ces buzzwords qui ont agité l’écosystème des mobilités depuis pratiquement 10 ans. Nombreux sont les concepts marketing qui ont fait – ou font encore – rêver les entreprises clientes : end-to-end, door-to-door, machine learning, IA omnisciente et omnipotente, etc. Le mobility management est lui aussi resté longtemps à l’état de chimère même si quelques entreprises en France s’étaient déjà emparées du sujet. Il aura fallu une loi, une crise sanitaire, une crise économique et des prescripteurs internes déterminés pour que les directions des entreprises engagent la transformation de leurs organisations internes. Ce n’est donc pas un article que nous vous proposons, mais une plongée historique, économique, analytique, conjoncturelle et prospective au sein de l’organisation efficiente des mobilités d’affaires !

Efficience ne veut pas dire efficacité !

À ne pas confondre avec l’efficacité qui tend à mesurer l’utilisation optimale des ressources ou l’atteinte d’objectifs prédéfinis, alors que l’efficience mesure le niveau de performance du résultat obtenu en fonction des ressources consommées.

Le mobility management, une tendance…depuis 9 ans ! 

Mais au fait, cela veut dire quoi exactement  ?

En 2013, l’Association Française du Travel Management (AFTM) faisait figure de précurseurs en consacrant son livre blanc annuel au mobility management. L’ouvrage explique et détaille de quoi il s’agit tout en proposant un modèle d’organisation. Très [trop] en avance sur son temps sans doute même si, quelques-unes des entreprises adhérentes d’alors tentaient de créer une direction mobilité avec un périmètre élargi pour l’époque, mais restreint avec notre regard actuel. D’ailleurs, la couverture du document est elle aussi visionnaire de l’organisation du travail post crise Covid avec quelques années d’avance. Un homme, décontracté, ordinateur portable sur les genoux, travaille en mode nomade et s’affranchit des murs de son entreprise…

Le mobility management d’alors est une vision rĂ©duite des mobilitĂ©s d’affaires d’aujourd’hui, voire, la dĂ©finition d’un tout autre pĂ©rimètre d’activitĂ©. Fait connu des plus anciens d’entre nous, le terme fut longtemps utilisĂ© pour Ă©voquer la gestion et le dĂ©veloppement de la tĂ©lĂ©phonie mobile en entreprise. Le concept fut ensuite utilisĂ© pour dĂ©crire la gestion de la flotte et du parc automobile de l’entreprise, aujourd’hui structurĂ©e autour d’un logiciel de gestion de la flotte automobile permettant un pilotage centralisĂ© des vĂ©hicules et des coĂ»ts associĂ© Comme souvent dans le domaine du business travel et des mobilitĂ©s plus largement, inspirĂ© par les firmes anglo-saxonnes, les directions renommaient alors leur gestionnaire de parc en mobility manager pour rĂ©pondre Ă  l’évolution du mĂ©tier. Dans de nombreuses entreprises, ETI et CAC 40, il n’était alors pas rare qu’un collaborateur – le plus souvent issu de la direction des services gĂ©nĂ©raux – occupait la fonction de mobility manager et gĂ©rait Ă  la fois le parc automobile, la flotte des appareils informatiques (ordinateurs portables pour l’essentiel) et de la tĂ©lĂ©phonie mobile.

Le saviez-vous ?

  • Le Mobility Management Entity (MME) est dans un rĂ©seau 4G, l’équipement qui gère la signalisation entre les terminaux et le cĹ“ur de rĂ©seau mobile.
  • Les Nations Unies ont publiĂ© un rapport intitulĂ© : Mobility Management, A guide of international good practices (2020), voir ci-dessous.

Quid de 2022 ? Il n’est pas aisĂ© de trouver une dĂ©finition unique du mobility management d’aujourd’hui. Les Nations Unies (via sa Commission Ă©conomique Europe) ont consacrĂ© un rapport sur le sujet nommé Mobility Management, A guide of international good practices (datant de 2020). MĂŞme si le document ne traite pas exclusivement des mobilitĂ©s d’affaires, il vise l’efficience des dĂ©placements professionnels, pilotĂ©s grâce Ă  un logiciel de gestion des dĂ©placements professionnels, ainsi que la durabilitĂ©, la dĂ©congestion des centres urbains et l’optimisation des coĂ»ts.

Une définition motivée par l’efficience avant tout !

La meilleure des définitions du mobility management est sans doute celle qui poursuit des objectifs et non celles qui visent à résumer le sujet à une organisation interne. Les résultats à atteindre peuvent être :

  • disposer d’une vision totale des mobilitĂ©s ;
  • mieux comprendre les attentes des collaborateurs, mieux cerner leurs usages ;
  • amener de la rationalitĂ© dans l’utilisation des ressources internes (humaines, financières, contractuelles, etc.) ;
  • optimiser les coĂ»ts des mobilitĂ©s ;
  • appliquer aux mobilitĂ©s d’affaires les actions des ressources humaines en matière de bien-ĂŞtre du collaborateur ;
  • sĂ©curiser tous les dĂ©placements des collaborateurs ;
  • intĂ©grer la stratĂ©gie RSE de l’entreprise Ă  toutes les formes de mobilitĂ©s et agir en faveur d’une rĂ©duction des Ă©missions carbones conformĂ©ment aux engagements pris.

Un périmètre à géométrie variable selon les entreprises 

La définition posée, quid du périmètre ? Les directions mobility management tendent aujourd’hui à se ressembler, ce qui n’était pas le cas il y a encore quelques années. À l’image des missions interministérielles au plus haut sommet de l’État, le mobility management est souvent conçu structurellement comme une mission transversale à laquelle les directions de l’entreprise prennent part. Ce modèle d’organisation a d’ailleurs été une des sources laissant croire que les entreprises n’avaient pas anticipé une vision plus large des mobilités de leurs collaborateurs. En effet, si peu étaient les entreprises qui instituaient dans leur organigramme une direction idoine, nombreuses étaient celles qui avaient déjà une vision élargie des mobilités en nommant un responsable chargé de projet.

Quelle que soit la forme retenue, direction, département, groupe de travail, mission transversale, les entreprises piochent parmi les thématiques suivantes pour composer “leur mobility management”.

 

Le cœur du réacteur du mobility management : 

  • les trajets domicile-travail ;
  • les dĂ©placements professionnels (le travel management) ;
  • la flotte de vĂ©hicules de l’entreprise ;
  • les micro-mobilitĂ©s ;
  • les mutations et les mobilitĂ©s Ă  l’international.

 

Les thématiques périphériques souvent incluses par les entreprises : 

  • la sĂ©curitĂ© des collaborateurs en mobilité ;
  • le M.I.C.E. (Meetings, Congress, Incentive & Exhibitions) ;
  • la prise en compte de la RSE et l’application de la stratĂ©gie de l’entreprise aux mobilitĂ©s des collaborateurs ;
  • les ressources humaines avec notamment les implications sociales et psychosociales des mobilitĂ©s, ou encore les enjeux de fidĂ©lisation des collaborateurs ;
  • Sans oublier les mobilitĂ©s virtuelles qui font leur entrĂ©e en force dans la sphère du mobility management Ă  l’ère des mobilitĂ©s post Covid. Nous y reviendrons.

 

N’oublions pas également tous les sujets “supports” qui soutiennent les mobilités comme les moyens de paiement ou encore les solutions technologiques liées aux mobilités (telles que la télématique embarquée). Cette énumération n’est évidemment pas exhaustive. Comme nous l’annoncions en début de paragraphe, le périmètre est à géométrie variable selon les stratégies adoptées par chacune des entreprises. 

 

 

Quelles sont les fonctions internes concernées ? 

Les fonctions concernées dépendent évidemment du périmètre qui aura été retenu par l’entreprise mais aussi du mode de structuration de son mobility management. Les interlocuteurs ne seront pas les mêmes si l’entreprise fait le choix d’une direction dédiée ou d’un groupe de travail transversal en mode projet. Cela dépend également du niveau de maturité de l’entreprise sur les différents enjeux de la mobilité et du prisme par lequel l’entreprise souhaite organiser ses mobilités (en savoir plus sur la gestion des notes de frais et indemnités liées au télétravail
, un sujet souvent rattaché aux directions financières et RH.) Le groupe mobility management sera forcément très “marqué” en fonction du leader (le travel manager, le fleet manager, etc.).

Si nous appliquons néanmoins une méthodologie mathématique qui consiste à faire une moyenne de ce que nous constatons au sein de nos nombreuses entreprises clientes, nous pouvons citer les directions suivantes :

  • l’environnement de travail (anciennement nommĂ©s les services GĂ©nĂ©raux) ;
  • la finance ;
  • les ressources humaines ;
  • les achats travel  ;
  • le travel management ;
  • la sĂ»retĂ© des voyageurs ;
  • les systèmes d’information ;
  • le fleet management ;
  • les achats MICE si la fonction existe.

D’autres fonctions internes peuvent être associées à la gestion du mobility management à l’instar de la direction de la communication qui est ponctuellement sollicitée en fonction des projets de l’entreprise (séminaire, congrès, etc.).

 

À paraître prochainement : “Les motivations des entreprises à adopter une nouvelle stratégie organisationnelle” et “Piloter sa stratégie mobility management au long cours”.

Cegid Notilus

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