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La data et son usage : les 3 clés du succès

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Expertise Comptable

26 octobre 2021

Cegid organisait dernièrement une webTV largement consacrée à la data et à son usage par les cabinets d’expertise comptable. Y participaient un expert-comptable, des éditeurs français de logiciels, et un intégrateur Data. Synthèse.

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Au moment où l’enrichissement des données se démocratise grâce au cloud et aux progrès de l’intelligence artificielle, l’expert-comptable se positionne davantage comme un conseil du chef d’entreprise que comme un producteur de données – quelle que soit la taille de son cabinet. Mais pour que cette volonté se traduise dans les faits, il faut maîtriser les trois clés de la data et de son usage.

La donnée, un patrimoine à bâtir et à valoriser

« Pour moi la Data constitue un patrimoine, un actif fort, qu’il faut savoir valoriser. Pour cela, elle doit être collectée et enrichie, par exemple avec des informations externes. La question, c’est : comment parvenir à accompagner et à faire évoluer l’expérience des utilisateurs à travers les données qu’on peut leur fournir ? », pour François Dilly, directeur de Next Decision, société de service informatique spécialisée dans la Data.

Encore faut-il que ces données soient fiables et pertinentes. Imaginons par exemple un cabinet souhaitant éclairer son client sur sa situation financière en le comparant à son secteur. Réaliser un tel ‘benchmarking’ suppose trois conditions :

  • La fiabilité. Par exemple, si le client est un café du 10ème arrondissement de Paris, je dois pouvoir le comparer aux autres établissements du même arrondissement ;
  • La richesse. La base de comparaison est-elle suffisamment importante ? Les données collectées et utilisées sont-elles suffisamment représentatives ?
  • La fraîcheur. Pour avoir du sens, les indicateurs doivent être calculées sur des données mensuelles, voire hebdomadaires.

Cet enrichissement des données se démocratise avec le développement du cloud et de l’intelligence artificielle.

Le cloud permet de mutualiser le stockage et la sécurité des données au travers des datacenters. Les PME ont ainsi accès à moindre coût à des technologies qu’elles ne pourraient pas financer seules. Ce que souligne Laure de Coatgoureden, directrice générale de Sesha, éditeur de logiciels : « C’est dans le cloud qu’on trouve les mutualisations les plus importantes. C’est un peu comme dans un immeuble, on peut s’offrir des systèmes de sécurité, de la domotique, un gardien, de la surveillance… etc., parce qu’on est nombreux. Alors que c’est plus compliqué dans une maison individuelle ! Face aux cybermenaces, je crois beaucoup à la mise en commun des moyens pour assumer le coût de la sécurité, qui va grandissant. »

L’intelligence artificielle démocratise le traitement des données. Cegid dispose dans le cloud d’une importante base de données brutes, représentant la base d’information la plus riche du marché de de l’expertise comptable en France. Grâce à l’IA et à la puissance de traitement et de calcul, il est possible d’agréger, compiler, trier, produire des statistiques, générer des indicateurs comparatifs, tout en conservant l’anonymat des data.

 

« Nous allons enfin exercer le métier pour lequel nous avons été formés »

L’automatisation accélère la saisie que les collaborateurs faisaient manuellement jusqu’ici. Le robot ne remplace pas ce métier de la saisie, il le fait évoluer : il apporte un gain en productivité, mais aussi en qualité de la prestation. Et ce temps gagné peut être consacré aux clients. Les profils des collaborateurs vont de ce fait évoluer, pour être davantage orientés client, accompagnement et conseil.

La conséquence ? Sacha Ivanovic, expert-comptable associé chez Axe Partners, la résume ainsi : « nous allons enfin exercer le métier pour lequel nous avons été formés, et passer plus de temps à analyser la data plutôt qu’à la produire et à la traiter. Aujourd’hui la digitalisation de nos processus doit nous permettre de nous focaliser sur le pilotage financier, afin que nos clients prennent les bonnes décisions. ».

À une condition, précise Pierre Dutaret, CEO de l’éditeur Libeo : « Si l’expert-comptable sait construire et développer son patrimoine de données, il doit aussi savoir s’en servir. Il y a un vrai besoin de formation, et il faut bien choisir les outils qui aident à l’analyse de cette data. La chaine de production s’automatise de plus en plus. Les tâches manuelles disparaissent, au profit d’actions de contrôle, de traitement des alertes et d’analyse. Il en résulte une baisse des coûts et cela permet aux cabinets de proposer de meilleures prestations et donc d’augmenter les marges ».

 

« La clé du succès : le bon outil, la bonne organisation, et les bons collaborateurs »

La réussite en la matière nécessite une triple approche :

D’abord une approche compétences, pour répondre aux nouveaux enjeux du métier d’expert-comptable. Laure de Coatgoureden observe que, dans tous les cabinets, la question se pose de ce que feront ceux qui produisent aujourd’hui les données, alors que la production s’automatise. « Aujourd’hui nous proposons des solutions pour aider justement les collaborateurs dans cette nouvelle posture, dans ce nouveau rôle d’accompagnement. Il faut leur apprendre à s’appuyer sur la donnée pour avoir un discours pertinent vis-à-vis de leur client, l’accompagner, être en phase avec ses attentes, et l’aider à augmenter son chiffre d’affaires et sa marge. »

Ensuite, une approche organisationnelle, pour intégrer ces nouvelles compétences. « Nous investissons un temps significatif sur le plan managérial pour insuffler à nos équipes cette notion de l’analyse de la data, illustre Sacha Ivanovic. Celle-ci est transposable partout, pour nos clients mais aussi pour nous-mêmes. En analysant par exemple les chiffres de leur propre production comptable, nous les sensibilisons sur l’impact des données : que peuvent-ils en tirer comme conclusion sur le passé ? Que devons-nous corriger pour le futur ? Comment ? Avec quels outils ? Ils changent ainsi de posture et se mettent dans la peau d’un chef d’entreprise, qui se pose les mêmes questions à l’échelle de son organisation. Nos collaborateurs ne doivent plus être en réaction mais en anticipation. »

Enfin, une approche technologique, afin de choisir les bons outils. Sur ce dernier point, François Dilly remarque que « l’on parle d’outils métier et non plus d’outils informatiques. Les outils métier d’aujourd’hui permettent, sans grande compétence informatique, d’aller chercher l’information suffisamment facilement pour pouvoir la stocker, la consolider, l’utiliser pour des calculs et des analyses. Leur simplicité, leur agilité, permettent à de petites sociétés de faire évoluer en compétence leurs salariés pour pouvoir les repositionner autour de la data. »

« La clé du succès est donc d’avoir le bon outil, la bonne organisation et le bon collaborateur, conclut Sacha Ivanovic. Sans oublier bien entendu le client lui-même, qui est un acteur majeur de l’organisation mise en place. Nous le sensibilisons sur la fiabilité et l’exhaustivité de la data qu’il nous envoie, afin de lui restituer des indicateurs de qualité. »

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