TPE & Auto-entrepreneurs

Bilan comptable : les conseils d’un expert-comptable pour bien l’exploiter.

9 Mai 2019

Il revient tous les ans, en général avec l’hiver, et sa lecture a de quoi refroidir, en particulier quand on débute dans le business : le bilan comptable. Comment l’aborder, le dompter, et l’adopter ? Olivier Gaudin, expert-comptable associé du cabinet lyonnais[1] Aliantis, nous aide à dédramatiser.

Préambule : le bilan Kesako ?

Levons d’emblée une confusion fréquente entre :

  • La liasse fiscale, obligation annuelle pour les entreprises, les professions libérales et les artisans, et qui contient une trentaine de chapitres dont le bilan, mais aussi le compte de résultat, les provisions, les dettes et créances…
  • Le « Bilan » au sens entrepreneurial du terme, qui reprend l’ensemble des tableaux comptables permettant à la fois de réaliser la liasse fiscale, mais aussi de mesurer les performances de l’entreprise :
  • Le bilan donc, qui est une photo des possessions et des dettes de l’entreprise
  • mais aussi (et même surtout) le compte de résultats, qui relate les flux relatifs à l’activité : chiffre d’affaires, coûts de production, salaires…
  • et enfin le compte de trésorerie et le fonds de roulement: qui permettent de s’assurer que l’on dispose d’assez de « cash » disponible pour faire tourner l’entreprise

 

Utile… si on le fait pour les bonnes raisons et avec la bonne posture

Au-delà de l’obligation légale de fournir une liasse fiscale, pourquoi faire son bilan ? « Parce que le passé éclaire l’avenir, répond Olivier Gaudin. En analysant votre activité, vous repérez les dérives, les erreurs, les évolutions de marché… bref, vous tenez le manche au lieu de subir. » Le bilan est ainsi un outil de pilotage, au même titre que les tableaux de bords (commercial, suivi de production, performances marketing) que vous avez mis en place. Certains utilisent même leur bilan comme outil de communication. « À manier avec précaution prévient Olivier Gaudin, le bilan doit, ou en tout cas devrait, être objectif et neutre pour donner une représentation fidèle et honnête de l’entreprise et de son activité. L’embellir artificiellement n’est pas recommandé, tant d’un point de vue légal qu’en matière de pilotage. Et s’avère souvent le marqueur d’un certain déni de la part de l’entrepreneur… souvent le début de la fin…  Seule la prise de conscience d’éventuels problèmes permet de les résoudre.»  Entrepreneurs, restez lucides !

A lire aussi : La communication financière, votre meilleur allié

 

Comprendre et prévoir

Concrètement, comment faut-il donc appréhender et lire son bilan ? D’abord en l’analysant pour comprendre ce qui s’est passé lors de l’année écoulée. « La lecture s’effectue tout simplement dans l’ordre proposé par votre expert-comptable. En général le compte de résultat d’abord, puis la trésorerie, et enfin le bilan comptable en lui-même. J’apprécie tout particulièrement les présentations graphiques, qui permettent de voir d’un coup d’œil les éléments clés de manière plus claire et sympathique qu’un tableau de chiffres long comme le bras ! » propose Olivier Gaudin.

Direction donc chiffre d’affaires, résultat, marge, trésorerie, encours client, dettes fournisseurs, seuil de rentabilité, et capacité d’auto-financement… « Cette dizaine d’indicateurs permet d’avoir une bonne idée de l’état de santé de l’entreprise. Mais il faut ensuite creuser, en se focalisant non pas sur les valeurs mais sur les écarts avec l’année et le prévisionnel précédents. Car si l’on veut comprendre, c’est bien pour agir : réviser un prix, renégocier des achats, changer un équipement… Au final, l’intérêt ultime du bilan est de pouvoir construire un prévisionnel. » conclu Olivier Gaudin.

 

3 conseils pour exploiter au mieux son bilan

Conseil n°1 : Les petits ruisseaux font les grandes rivières : ne traitez pas seulement les gros postes. Penchez-vous plutôt sur ce qui présente une incohérence par rapport à l’exercice précédent ou par rapport à vos prévisions.

Conseil n°2 : Comparez-vous avec des entreprises de même activité (code NAF), dans la même région, et de chiffre d’affaires similaire. Via la base de données Diane et avec l’aide de votre expert-comptable.

Conseil n°3 : Utilisez des tableaux de bord mensuels : le bilan annuel n’est pas suffisant pour piloter l’activité, en particulier la trésorerie, surtout si votre modèle économique présente une corrélation forte (et dans le même sens) entre chiffre d’affaires et besoin en fond de roulement. Une prévision annuelle des données de l’exercice en cours et un suivi budgétaire mensuel vous permettront d’anticiper les difficultés et de corriger les éventuels écarts avec une réactivité suffisante.

[1] Présent à Lyon, Saint-Etienne, Chasse-sur-Rhône et Givors.

Article

Les 5 indicateurs clés à surveiller pour gérer sa trésorerie