L’expert-comptable, réducteur d’incertitude par ses conseils

Les entreprises font face aujourd’hui à un haut niveau d’incertitude : insécurité financière, fragilités de trésorerie, instabilité juridique et réglementaire, évolutions rapides du marché, changement technologique, changements sociétaux et RH... L’expert-comptable est le mieux placé pour aider l’entrepreneur à réduire cette incertitude à court terme en le conseillant dans le maquis des nouvelles aides, des évolutions légales et de la mesure du risque financier. Il est aussi un allié pour les plans à moyen et long terme en alimentant en données sa réflexion stratégique, notamment sur les investissements à venir et les ressources humaines.

Une boussole dans la brume

La mission de l’expert-comptable consiste d’abord à ordonner et analyser les données financières de l’entreprise. En cela, il apporte de la visibilité à l’entreprise : il l’informe sur sa situation financière, et il lui permet d’en prévoir l’évolution dans un avenir proche. Par son travail au quotidien, l’entrepreneur perçoit intuitivement les grandes tendances de l’évolution de son activité. Cependant, il ne dispose pas d’une représentation précise de ses finances. La première question qu’il pose à son conseiller quand il le rencontre est souvent : « alors, où en est-on ? »

 

Situer l’entreprise en temps réel grâce au digital

L’expert-comptable est à la fois un cartographe – il connaît et sait représenter l’environnement fiscal, légal et économique dans lequel évolue l’entreprise – et un navigateur, à même de situer l’entreprise, de la guider à travers les obstacles de la route, et de contribuer à définir les itinéraires possibles. Mais comme dans beaucoup de relations entreprise/cabinet, cette fonctionnalité est à l’état latent : l’expert-comptable et son client se rencontrent périodiquement, à fréquence faible, et l’entrepreneur découvre parfois trop tard que la trajectoire a dévié.

Avec le digital, pourtant, il est possible d’éclairer le chemin des entreprises au quotidien, en produisant automatiquement des tableaux de bord à partir des données collectées. L’expert-comptable est alors en mesure d’utiliser sa connaissance intime de la conjoncture et de l’environnement économique pour conseiller le chef d’entreprise dans sa stratégie de développement et son pilotage. Le cabinet peut également répondre en temps réel aux questions que se pose le chef d’entreprise sur sa trésorerie, son chiffre d’affaires, mais aussi sur des indicateurs sociaux comme la masse salariale, l’absentéisme…

 

Faire parler les données pour maîtriser les risques

D’après Constance Camilleri, directrice de l’innovation de l’Ordre des experts-comptables, le digital peut aider à réduire le risque – et donc l’incertitude – de 4 manières (SICMag n°399, p.18) :

  • en fiabilisant les flux de données comptables (du recueil au traitement en passant par l’extraction) ;
  • en facilitant considérablement la vérification des chiffres et les rapprochements pour détecter les anomalies ;
  • en apportant une aide à la décision (Business intelligence, benchmark sectoriel, comparaison de prix fournisseurs…) ;
  • en permettant de proposer de nouveaux services de conseil (stratégie financière, analyse prédictive…).

Selon le Data Security Confidence Index, 7 entreprises sur 10 dans le monde estiment ne pas être en mesure d’analyser leurs propres données. L’expert-comptable a les moyens de répondre à cette demande ; il est même sans doute le mieux placé pour le faire.

 

Un guide dans un environnement mouvant

L’environnement légal et réglementaire dans lequel avance l’entreprise est instable, et donc anxiogène pour l’entrepreneur. L’évolution des obligations déclaratives, les changements des règles fiscales, le caractère éphémère de certains dispositifs d’aide, mais aussi la réglementation sociale et administrative régissant la paie et les RH – cette volatilité du juridique génère une insécurité d’autant plus difficile pour le dirigeant qu’elle s’ajoute à la gestion d’une multitude d’autres risques, liés au métier, au marché, à la conjoncture…

Par les procédures qu’il met en œuvre, par les outils digitaux qu’il emploie, par son devoir de conseil et d’alerte, l’expert-comptable rassure les entrepreneurs quant au risque fiscal et aux aspects « conformité » de la comptabilité, de la paie et des ressources humaines. Il est amené à effectuer une veille juridique sur ces aspects : c’est un aspect ancien mais essentiel du métier de l’expert-comptable qu’il ne faut pas manquer de valoriser auprès des clients.

Il ne s’agit pas uniquement d’avoir l’assurance d’être « dans les clous » à l’instant « T ». Par sa connaissance du passé et des dossiers de politique fiscale et sociale en cours, l’expert-comptable est souvent en mesure d’indiquer quels dispositifs vont s’avérer pérennes, quelles évolutions sont à craindre, quelles mesures annoncées bruyamment dans la presse ne sont pas près d’être mises en œuvre ou ne correspondent pas exactement à ce qui est avancé… Avoir un interlocuteur sûr et averti sur ces questions représente, en soi, un service capital pour les entrepreneurs, et un facteur de fidélisation.

 

Un expert pour mettre à profit les opportunités

Au gré des législatures, les dispositifs d’aide aux TPE-PME se suivent et ne se ressemblent pas toujours. La connaissance des critères, des procédures, des interlocuteurs, des effets de seuil représente une somme de travail importante, et les TPE-PME n’ont pas toujours la compétence et la disponibilité pour s’y retrouver dans le maquis des aides anciennes et nouvelles. Pendant la crise, si le recours à l’activité partielle a été massif dans les entreprises, d’autres aides, comme les subventions du FNE-Formation, ont été négligées par excès de complexité, mais aussi parce qu’elles ne répondaient pas forcément à un besoin immédiat. En 2020, il était possible d’envoyer gratuitement en formation ses salariés en activité partielle (et même les autres) ; mais seuls 437 000 salariés en ont bénéficié en 2020, alors que le nombre de salariés en activité partielle était monté à 8,4 millions en avril.

Aujourd’hui, beaucoup d’entreprises risquent d’être impactées, directement ou indirectement, par le reflux progressif du soutien de l’Etat. Il est d’autant plus important de savoir mobiliser les aides existantes, qu’elles soient financières (prêts TPE, prêts participatifs relance, aide à l’investissement…), fiscales (crédits d’impôts…) ou sociales (réduction des cotisations, subventions formation…). « Il faut préparer l’après avec les aides et les fonds de solidarité », affirme Mohamed Sbia, expert-comptable dans l’Hérault. « Mon rôle, justement, c’est d’orienter les entrepreneurs vers les dispositifs mis en place par l’État ou la Région, et d’être réactif dans la prise de décision. […] La machine bureaucratique en France est très lourde, nous essayons de simplifier tout cela en redonnant du courage aux entrepreneurs, c’est le pragmatisme qui permet d’avancer vite. »

« L’attente des entrepreneurs vis-à-vis de leur expert-comptable va évoluer », nous explique François Méro, Directeur des marchés experts-comptables et TPE chez Cegid. « D’une part, l’expert-comptable a plus que jamais l’opportunité d’apparaître comme le sachant de référence et de confiance sur des domaines dont la technicité et la complexité sont grandissantes. D’autre part, l’expert-comptable, par la compréhension et la connaissance fines qu’il peut avoir de l’activité de son client, va voir s’élever le niveau d’attente de la part des entreprises en matière de conseil personnalisé, de moyens de pilotage et d’aide à la prise de décisions. » Par ces deux versants de son action, apporteur de savoir et consultant stratégique, l’expert-comptable contribue à réduire le champ de l’imprévisible et à accompagner l’entrepreneur dans son pilotage.


Rester informé

Recevoir gratuitement la newsletter Cegid

S'abonner