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Boutique en ligne : 6 conseils d’expert pour réussir votre lancement

7 Mar 2019

Comme de nombreux commerçants, vous envisagez la création du pendant digital de votre boutique. Bonne idée ! Mais il s’agit d’un projet ambitieux, au fonctionnement différent du commerce « physique ». Comment s’y prendre ? Avec qui ? Quels écueils éviter ? Voici 6 conseils délivrés par Jean-Baptiste Bodard, expert en e-Commerce et fondateur d’iD Labs.

1. Pensez à la logistique dès le début

La vente par correspondance engendre des conséquences importantes en termes d’organisation. Si vous comptez profiter de votre boutique en ligne pour doper le nombre de références produits, avez-vous la place nécessaire à leur stockage ? Et surtout dans de bonnes conditions, qui permettront notamment de préparer les commandes rapidement, sans risque d’erreurs. Qui va emballer, étiqueter, puis expédier les colis ? À quel moment ? Avec quel(s) transporteur(s) ? Vous connaissez bien sûr la loi Hamon, qui permet aux clients de renvoyer leur achat dans les 14 jours. Mais saviez-vous que ces taux de retour sont souvent compris entre 30 et 50 % ? Leur gestion doit donc être parfaitement organisée. Et on ne vous parle pas des livraisons à l’international ! Bref, la logistique s’avère bien souvent le critère principal dans l’ambition d’une boutique en ligne, d’autant plus qu’elle nécessite rapidement des investissements (logiciel, matériel, personnel…), à moins de passer par des sous-traitants logistiques « tout-en-un » comme Supplyweb ou Wing.

 

2. Restez concentré sur votre métier

Même si vous disposez de compétences en informatique, un projet e-Commerce est suffisamment complexe et chronophage pour ne pas passer son temps libre à coder ou programmer, d’autant plus que deux solutions permettent de sous-traiter cette partie très efficacement :

  • Les plateformes logicielles : elles promettent la création de votre boutique « en quelques clics ». Vrai, mais il en faudra tout de même beaucoup plus pour obtenir un site attractif et efficace. Leur principal atout provient de leur programmation par paramétrage, de la facilité à ajouter des « plugins » (fonctionnalités additionnelles comme par exemple l’aide au choix de la taille d’un vêtement), et des importantes communautés d’utilisateurs, toujours prêts à s’entraider via des forums spécialisés (tutoriaux, FAQ, forums, news, évènements locaux dans toute la France…). Les plus connus : WordPress/WooCommerce, Magento, Shopify, PrestaShop… et bien sûr Shop-Application (partenaire de Cegid), dont la particularité est de s’interfacer parfaitement avec votre logiciel de caisse magasin.
  • Les agences web : incontournables si votre activité est très particulière ou si vous êtes vraiment allergique à l’informatique. Elles peuvent exploiter pour vous l’une des plateformes précédemment citées, ou programmer un site totalement sur mesure, qui ne sera d’ailleurs pas forcément plus cher. Attention cependant à bien choisir votre prestataire car il est plus compliqué d’en changer avec un site sur mesure (programmé) qu’avec un site plateforme (paramétré). Vérifiez aussi que vous êtes bien propriétaire du code source de votre site de vente en ligne.

 

3. Soignez le référencement naturel

Soyons clair, exister sur le net signifie « satisfaire » Google ! Et vous n’êtes pas seul à vouloir lui faire plaisir puisque le moteur de recherche concentre 92 % des requêtes des internautes en France. Il ne suffit donc plus de nommer méticuleusement vos pages et images, ni même de truffer vos fiches produits de mots-clés. Il faut aligner les planètes de la galaxie Google à votre avantage : création d’une fiche d’entreprise sur Google MyBusiness, hébergement de vidéo sur Youtube, localisation de votre boutique sur Google Maps… tout est bon pour rassurer l’algorithme. Attention à rester cohérent entre tous ces services (adresse, nom des produits, informations pratiques…). Un conseil : gardez un peu de budget pour l’analyse SEO (Search Engine Optimisation ou référencement naturel) d’un expert local. Enfin, soyez patient, les modifications peuvent prendre de quelques jours à plusieurs (loooongues) semaines pour produire leurs effets.

Pour aller plus loin : Comment développer votre visibilité sur le web ?

 

4. Levez les freins à l’achat

En 2004, le premier frein à l’achat en ligne des Français était la sécurisation des paiements . En 2017… rien n’a changé ! Pire, la confiance dans la sécurisation des paiements baisse à nouveau (35 % des français pensaient qu’elle n’est pas assurée en 2016 contre 38 % en 2017 ). Vous devez donc exiger de votre prestataire une solution parfaitement conforme aux règles de l’art (https, 3DSecure…), et le martelez dans votre communication : sur le site bien sûr, mais aussi en boutique.

Les autres craintes légitimes des acheteurs doivent aussi être levées : conditions et délais de livraison, politique de retour (gratuit ? payant ? délai supplémentaire…), SAV… Toutes ces informations doivent êtres non seulement d’une clarté absolue (pas en mode juridique), mais aussi faciles à trouver sur le site, par exemple depuis le « footer » (le bandeau de bas de page, visible sur toutes les pages). Retenez qu’en informant vos prospects de manière transparente et détaillée, vous facilitez le passage à l’acte tout en réduisant les « No Order Calls » (NOC), ces coups de fils qui prennent tant de temps « juste » pour rassurer le chaland.

 

5. Ne sous-estimez pas le poids du mobile

Qui l’eut cru ? La navigation web depuis un appareil mobile (smartphone ou tablette) atteint aujourd’hui près de 50 % des pages vues ! Et cela ne compte pas les applications. Moralité : pensez « mobile first » et adaptez a minima votre site pour qu’il soit parfaitement utilisable sur tous les mobiles : on parle alors de site « responsive », c’est-à-dire que son contenu est capable de s’adapter à l’appareil qui le consulte. Pour aller un cran plus loin, vous pouvez également développer tout ou partie des pages de votre site au format AMP – Accelerated Mobile Pages, c’est-à-dire des pages accélérées pour mobile (un format créé et valorisé par Google mais qui demande un développement supplémentaire). Par ailleurs, les conséquences concrètes de la visualisation sur un petit écran sont nombreuses, en particulier dans la façon de présenter vos produits : les photos doivent être assez « rapprochées » et dans un format carré ; les éventuelles vidéos sous-titrées ; les interfaces simplifiées ; etc.

 

6. Devenez un pro de Google Analytics

Comme dans tout projet, objectifs et performances vous permettront de piloter votre boutique en ligne. Et comme pour votre magasin, il vous faudra générer du trafic dans la boutique, puis le transformer en acte d’achat. Alors comme 80 % du marché mondial, vous installerez les outils de Google Analytics pour suivre la provenance de vos prospects, comprendre ce qu’ils achètent et ce via chaque canal, et créer des tableaux de bord pour suivre votre CA. La version de base est gratuite et déjà très puissante. De très nombreux tutoriaux permettent de s’y mettre en solo, et il existe forcément un prestataire local qui propose des formations.

En savoir plus sur les analytics

Vous voilà prêt pour lancer une boutique en ligne à succès ! Un dernier conseil : testez, testez, testez. Et testez tout : votre site avec différents appareils, les sites d’avis, les marketplaces, les sites concurrents… tout !

 

[1] 45 % des Français estimaient que la sécurité́ des paiements n’étaient pas assurée sur Internet (Crédoc 2004).

[2] Baromètre du Numérique 2017, Crédoc.

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Apprenez comment concilier commerce en ligne & boutique physique