Experts-Comptables

[Dossier IA] 2025 : Plus belle la vie d’expert-comptable

18 Juil 2019

Chronique d’une journée ordinaire dans un cabinet précurseur.

Lorsqu’elle arriva à son bureau ce matin du 5 mars 2025, Gwenaëlle Perudo, expert-comptable associée du cabinet qu’elle avait rejoint cinq ans plus tôt, ne fût nullement impressionnée par la longue liste des tâches qui l’attendaient en cette période de clôtures. Elle ignora la Une du quotidien Les Echos, qui titrait une nouvelle fois, sur les inquiétudes liées à l’intelligence artificielle, l’article révélant les conclusions de la quatorzième étude du World Economic Forum sur les emplois les plus menacés.

Gwenaëlle consulta le rapport de synthèse de son chatbot. Décidément un formidable outil pour gagner du temps !

 

95

% de ses clients

posaient les mêmes questions

 

L’antique espace FAQ de l’extranet, qui manquait d’exhaustivité et d’interactivité, avait été délaissé au profit de ce chatbot qui présentait l’avantage d’intégrer le contexte du client et lui apportait une réponse personnalisée – et instantanée – sans mobiliser des collaborateurs. Certes, sa mise en place ne s’était pas faite toute seule, mais le résultat était à la hauteur. Les collaborateurs du cabinet en avaient presque oublié l’époque où ils avaient l’impression de répéter vingt fois la même chose : ils ne traitaient désormais que les cas particuliers. Et c’était à celui qui aurait les meilleures idées pour résoudre le plus rapidement possible les problématiques des clients !

La dématérialisation intelligente avait été un autre axe d’investissement du cabinet.

Gwenaëlle Perudo avait calculé que le temps passé au classement et à la saisie des informations transmises par les clients avait chuté de 82 % ! Quant aux erreurs, elles avaient diminué de 97 %.

Le système reconnaissait automatiquement tous les champs des factures, pour identifier les clients et les fournisseurs, vérifier les taux de TVA, les classer, les imputer et les archiver, le tout en temps réel, Grâce à l’apprentissage automatique et au Machine Learning, l’outil était devenu presque incollable, même avec les factures multipages. Il scrutait les e-mails et les échanges des outils collaboratifs pour détecter les pièces jointes et les traiter en fonction de leur contenu. Sans oublier les rapprochements bancaires, eux aussi automatisés.

La tenue des comptabilités représentait toujours environ la moitié de l’activité du cabinet. Mais c’est surtout la fidélité des collaborateurs qui faisait envie à ses confrères moins bien équipés : un taux de turn over trois fois moins élevé que la moyenne ! Dans le même temps, chacun d’eux traitait désormais plus de 60 clients…  « Mais comment fais-tu ? lui demandaient ses confrères. Tes collaborateurs gèrent deux fois plus de comptes que les nôtres et ils restent… alors qu’ils ont deux fois plus de travail ? ». Gwenaëlle leur répondait en toute simplicité :

Simplement parce qu’ils trouvent que leur métier est devenu plus intéressant et plus valorisant, avec des missions diversifiées et beaucoup moins de tâches administratives à accomplir. Ils ont compris que l’intelligence artificielle pouvait le faire aussi bien à leur place !

Gwenaëlle Perudo

Expert-comptable

En buvant son thé-myrtilles, Gwenaëlle passa en revue sa journée, qui commencerait comme presque chaque jour par des entretiens en vidéo-conférence – et quelques conversations téléphoniques « à l’ancienne », avec différents clients. Elle aimait pouvoir consacrer du temps à ces échanges ; ces moments de partage et de proximité renforçaient son rôle de conseil auprès des chefs d’entreprises et des responsables financiers, qui n’hésitaient plus à lui confier des missions extra-comptables – la mise en place d’une politique RSE était tout particulièrement demandée.

Ensuite, elle passa un moment à étudier le tableau de bord clients : cet outil, élaboré à base d’analyse prédictive, lui signalait les clients auxquels il fallait porter une attention particulière. L’analyse croisée des données du big data et des signaux faibles détectait le niveau des risques (financiers, juridiques, fiscaux…) qu’il fallait anticiper, voire les incohérences à corriger au plus vite avant qu’elles n’entraînent des effets en chaîne incontrôlables.

« Vous n’êtes pas bons ou mauvais, disait souvent Gwenaëlle à ses clients, vous êtes meilleurs ou pires que les autres ! » La possibilité de se benchmarker – de se comparer à ses concurrents – était tout particulièrement appréciée, et l’outil de scoring que le cabinet mettait à leur disposition (en option) faisait recette.

« C’est un vrai différenciateur, expliquait la jeune femme à ses confrères, car vous gagnez à chaque fois : soit l’entreprise est bien positionnée par rapport à son environnement, et c’est en partie grâce à vous. Soit elle l’est moins, voire pas du tout, et alors vous apportez votre diagnostic et suggérez des pistes pour redresser la situation. »

Même les plus récalcitrants à l’égard de l’intelligence artificielle étaient désormais obligés de reconnaître que c’est là que se trouvaient les gisements de valeur pour le métier d’expert-comptable. Ils devraient mettre les bouchées doubles pour rattraper leur retard…

Gwenaëlle Perudo quitta son bureau à 16h30, confiante dans le fait que les machines continueraient à travailler à sa place pour lui fournir, dès le lendemain, les données et les informations nécessaires pour alimenter de nouveaux échanges avec ses clients.

Quand elle se remémorait ses débuts dix ans plus tôt, elle était toujours surprise du chemin parcouru si vite. Entre l’époque où Gwenaëlle passait plus de 80 % de son temps à traiter des pièces comptables et aujourd’hui, où elle s’était transformée en coach de dirigeants et de chefs-comptables, le métier avait changé… et elle était plus que jamais satisfaite de son choix de carrière.

Solution

Et si ce cabinet était le vôtre ?