TPE & Auto-entrepreneurs

Entrepreneurs : 7 pièges à éviter en début d’activité

23 Avr 2019

C’est décidé, vous montez votre boîte. Bravo ! À vous les soirées de travail sur le business plan, les discussions animées avec vos associés, et les négociations avec les investisseurs. Il y aura des hauts. Il y aura des bas (et des débats aussi). Et bien vite, vous serez comme un poisson dans l’eau au milieu de vos pairs entrepreneurs, avec qui vous échangerez conseils et expériences. En attendant, et pour vous faire gagner du temps (et vous éviter quelques cheveux blancs), notre expert Nicolas Geray, multi-entrepreneur et co-fondateur du MoHo, partage 7 écueils à éviter au moment d’entreprendre.

Piège n°1 : Jouer la facilité au moment de composer votre équipe

Point positif : il y a une équipe. Mais comment a-t-elle été créée ? On y trouve (trop) souvent des camarades de promotion, des amis d’enfances, des conjoints, des ex-collègues. Normal me direz-vous : on s’associe avec son réseau relationnel. Et pourquoi donc ? Qui a édicté cette règle ?

Des critères objectifs sont bien plus efficaces :

  • Les compétences : qui doivent être complémentaires et utiles (indispensables même !) au projet.
  • L’expérience : qui doit être adaptée à la tâche, et surtout crédibiliser l’entreprise.
  • Les personnalités : en phase avec la mission dans l’entreprise.
  • Et l’adéquation entre ces personnalités : autrement dit, la capacité à travailler ensemble, se dire les choses…

Pour cette analyse, certains entrepreneurs et investisseurs font appel à un psychologue du travail, qui en quelques heures avec l’équipe, peut établir (ou non) la compatibilité professionnelle de l’équipe et/ou des associés pressentis.

A lire aussi : Recrutement en temps partagé

 

Piège n°2 : Négliger les impacts sur la vie privée

Qu’on le veuille ou non, l’entreprise va entrer à la maison, et modifier les habitudes familiales. Comme tout changement apporte son lot de résistances, il y a fort à parier qu’une réorganisation de la sphère personnelle et familiale soit nécessaire, en posant simplement la problématique sur la table en amont, dès le début du projet :

  • Organisation concrète : enfants, sorties…
  • Priorités : financières, carrière, loisirs…
  • Étapes clés : en particulier le délai attribué à l’aventure, qui prend souvent plus de temps que prévu au business plan.

La création d’entreprise est aussi un important facteur de stress, qui aura nécessairement une incidence sur la vie privée. À l’instar des sportifs de haut niveau, prenez votre hygiène de vie en main : temps de repos, sommeil suffisant, sport…

 

Piège n°3 : Manquer de vision

La vie de l’entrepreneur est une succession ininterrompue de décisions. Mais comment prendre une décision rapidement et surtout sereinement sans savoir où l’on veut aller ? En amont de la stratégie, il faut donc une véritable vision pour votre entreprise :

  • Quel est votre point de vue sur votre marché ?
  • Quelle est votre mission ?
  • Quel impact positif voulez-vous avoir ? Pour qui, ou quoi ?
  • Quel(s) problème(s) allez-vous résoudre ?
  • Quels sont vos différenciateurs forts ?
  • Quelles sont vos valeurs ?

Cette projection sera également un garant de votre motivation.

 

Piège n°4 : Craindre l’échec

Probablement la plus grande différence entre les entrepreneurs européens et américains : ces derniers sont adeptes du fameux « Fail Fast, fail often to succeed sooner » – se planter tôt et souvent, pour réussir plus vite. Autrement dit, donnez-vous le droit à l’échec, n’hésitez pas à « pivoter » si votre modèle ne fonctionne pas comme prévu, changez sans attendre ce qui doit l’être… et mesurez objectivement les résultats de vos actions. L’échec est indissociable de la réussite, et bien peu d’entrepreneurs aujourd’hui célèbres ne l’ont pas connu.

Cette posture n’est cependant pas facile à adopter dans notre culture. Pour en faciliter l’adoption dans votre équipe, appuyez-vous sur la méthodologie Lean Startup, qui l’intègre de manière totalement dédramatisée.

 

Piège n°5 : Manquer d’ambition

Il ne s’agit pas ici de célébrer benoîtement des adages vantant l’absence totale de limites à chaque projet, en mode « si on veut, on peut ». Bien évidemment, à chacun de placer son curseur, et dans une limite en phase avec la réalité. Et personne n’attend d’une start-up qu’elle concurrence Amazon dans 6 mois ! Mais quand même… Inutile d’être diplômé en psychologie pour savoir que l’on se met naturellement des freins et des limites, qu’il ne tient qu’à nous de contourner. Alors comment placer le fameux curseur ? Commencez déjà par un petit cran au-dessus de votre intuition. Et n’oubliez pas de rêver à ce qui pourrait arriver si tout se passe bien…

 

Piège n°6 : Travailler avec des outils inadaptés

Certes, au début, il est très tentant d’utiliser les moyens du bord, en particulier pour les logiciels. Il s’agit d’un mauvais calcul car les outils non professionnels :

  • Produisent un résultat… non professionnel : qualité, coût de revient, sécurité, traçabilité…
  • Font souvent économiser un peu d’argent, mais perdre beaucoup de temps.
  • Sont parfois tout simplement illégaux (en particulier d’un point de vue normatif).

De plus, outils et organisation interagissent de manière très étroite. C’est particulièrement vrai pour les logiciels, qui doivent permettre un paramétrage correspondant à la réalité opérationnelle de l’entreprise (nommage, classification, gestion des stocks, des prix…). S’il est toujours possible de s’équiper après coup, lorsque l’activité décolle, cette option nécessite toujours des compromis et/ou des coûts supplémentaires. Moralité : équipez-vous bien, et sans trop tarder.

Pour aller plus loin : Adapter vos modes et lieux de travail

 

Piège n°7 : Rester seul

Oui, vous êtes le/la boss. Et l’autonomie fait probablement partie de votre virage entrepreneurial. Mais la solitude de l’entrepreneur n’est pas un mythe. Certains sujets ne peuvent être abordés ni avec des associés, ni avec ses proches, ni avec des conseillers. Heureusement, de nombreux club d’entrepreneurs, d’associations professionnelle, ou autres réseaux vous ouvriront facilement leur porte. Vous pouvez aussi choisir d’intégrer un espace de travail partagé (incubateur, accélérateur, co-working…). Profitez-en ! Échangez, avec vos pairs bien sûr, mais aussi avec des profils totalement différents du vôtre, car chaque regard différent, chaque analyse, porte une avancée potentielle pour votre entreprise.

 

Vous voici armés pour naviguer sans échouer sur les écueils de l’entrepreneuriat. Un dernier conseil pratique : n’oubliez pas que chiffre d’affaires ne rime pas toujours avec trésorerie ! Et même plus souvent avec Besoin en Fonds de Roulement en hausse. Marquez donc votre trésorerie « à la culotte » et surtout faites-vous accompagner d’un expert-comptable, ce sera indéniablement un allié précieux pour votre réussite. Tenez bon la barre vers votre cap et… bon vent !

Article

Découvrez les arnaques classiques auxquelles vous pourriez être confrontés