Secteur Public

Transformation des organisations publiques : les DRH redoublent d’imagination pour préparer l’avenir

14 Déc 2018

Les directions des ressources humaines des organisations publiques concentrent-elles trop leurs efforts sur la gestion de l’existant, au détriment de la préparation aux changements structurants qui touchent déjà les agents sur le terrain ? Cette question interroge les missions de la DRH mais aussi les solutions qu’elle propose, à l’heure où les organisations publiques sont confrontées à la fois à des transformations règlementaires importantes, mais aussi au niveau de leurs usages numériques. Les DRH eux-mêmes sont prêts à sortir de l’image qu’on leur attribut souvent, pour y répondre.

Lors de son 27e colloque national, l’Association nationale des directeurs de ressources humaines des territoires (ANDRHT) a ainsi souhaité faire mentir les visions trop conservatrices. Les DRH présents se sont notamment positionnés comme des accompagnateurs imaginatifs de la réforme de la fonction publique territoriale, malgré les enjeux de pression budgétaire et démographique (un tiers des cadres prendront leur retraite dans la prochaine décennie, alors qu’en parallèle les jeunes générations ne se sont jamais aussi peu projeté dans des carrières publiques).

Les idées et expériences évoquées par la centaine de DRH des territoires réunis ont prouvé que ces acteurs clés dans les organisations publiques, ainsi que leurs équipes, savaient tourner leur regard vers l’avenir et proposer des recettes innovantes. Le format même des échanges s’est voulu dynamique, emprunté aux meilleures réunions agiles des start-up, post-it à l’appui.

S’éloigner des dogmatismes

Les pistes de travail pour l’année 2019 sont à l’avenant : elles adressent des problématiques connues de tous les DRH, mais proposent surtout des changements d’approche importants pour y répondre.
Ainsi, la Gazette des Communes souligne que les DRH ont fait « l’éloge de la porosité et de la fluidité » dans leurs organisations, afin de ne pas se positionner comme des facteurs de blocage face à la transformation. Amener de l’horizontalité dans les hiérarchies, favoriser les échanges public-privés dans les bassins de l’emploi, ou encore adopter une approche souple de management afin de préparer les agents à des évolutions majeures dans leur carrière, jusqu’à la redéfinition des métiers… Les engagements se sont voulus loin de tout dogmatisme.

On notera ainsi la volonté de définir des parcours d’employabilité qui prennent mieux en compte la diversité réelle des employeurs et métiers, et donc aussi l’entrée et la sortie facilitée de la fonction publique. Autre point mis en avant également : la volonté de faire émerger une véritable « culture du management » et de la proximité, bien différente de celle du « DRH technicien », quitte à automatiser les compétences techniques grâce au numérique, quand cela peut permettre de renforcer le volet relationnel et humain.

« Il est encore rare que l’agent soit à la source de la transformation »

Ces nouvelles philosophies pour les DRH dans les territoires les poussent donc à se positionner face à la question du numérique et de la donnée. Les administrateurs territoriaux ont ainsi osé la question du DRH « data scientist », qui doit jongler avec la numérisation des données RH dans un SIRH en pleine transformation, la prise en main de nouveaux outils favorisant l’engagement des équipes, le self-care, la mobilité, la transparence… mais aussi le (RGPD) Règlement Général européen sur la Protection des Données personnelles entré en application en mai 2018 ou encore les évolutions des compétences dans les équipes RH.

« Au-delà des outils, la transformation numérique demande un changement de compétences, pour passer de l’exécution à l’analyse. On a beaucoup de données, mais on n’en fait rien, en termes de prospectives, de mise en relation entre les besoins et les agents… et il est encore rare que l’agent soit à la source ou participe à la transformation » a épinglé ainsi Claire Sorrentini, directrice général adjointe du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, citée dans « Le Club RH » de la Gazette.fr.

Il y a déjà plus de deux ans, Johan Teuret, directeur général adjoint chargé du pôle ressources de Rennes Métropole et de la Ville de Rennes et président de l’association des DRH des grandes collectivités (ANDRH), avait déjà poussé à cette réflexion sur ce que serait la véritable essence de la fonction, demain – et même ensuite, jusqu’en 2030. L’essor du numérique était vu comme l’élément de transformation principal, tant au niveau des outils, que de l’ensemble des pratiques et des réflexes RH. Cette importance du numérique est encore plus vraie aujourd’hui.

Alors que l’année 2019 s’annonce encore pleine d’adaptations nécessaires au cadre réglementaire, de dématérialisation et de modernisation des outils, d’accompagnement des agents dans le changement… un point reste en tout cas certain : les DRH commencent à sortir du paradoxe qui voudrait que le numérique s’oppose à l’humain, et vice-versa. Au cœur de leur organisation publique, chacune des innovations qu’ils parviennent à mettre en place, prouvera chaque jour un peu plus le contraire.

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