Finance & Fiscalité

Retour d’expérience de Renault dans le contexte exceptionnel de la campagne fiscale 2020

7 Déc 2020

Peut-on parler d’un avant et d’un après Covid-19 ? Comment les équipes comptables et fiscales du groupe Renault ont-elles traversé le début de la pandémie de Covid-19 ? Servanne Richard, responsable du département fiscal France, partage son expérience lors de la première Web TV Fiscalité de Cegid.

Covid-19 : comment les équipes fiscales ont-elles fait face à l’incertitude ?

La direction fiscale du groupe Renault a dû s’adapter à cette période inédite. L’objectif ? Apprendre à travailler différemment, tout en gardant la même réactivité. « Le défi était d’autant plus important que le confinement est arrivé pendant le démarrage de la campagne fiscale », explique Servanne Richard.

Premièrement, il s’agissait de recenser les mesures permettant d’aider les sociétés du groupe en difficulté financière : accélérer le remboursement de crédits d’impôts et de créances de carry-back, reporter le paiement d’impôts, suspendre les contrôles fiscaux, etc.

Deuxièmement, il fallait expliquer ces dispositifs aux correspondants et les mettre en œuvre. « Nous avons dû faire preuve d’agilité pour bénéficier de ces mesures qui sont arrivées au fur et à mesure. Les bons chiffres devaient être remontés à la direction générale au bon moment ! », précise Servanne Richard lors de la Web TV Fiscalité de Cegid.

Quel rôle la digitalisation a-t-elle eu dans le pilotage fiscal ?

La digitalisation de la direction financière du groupe Renault s’est encore accélérée à cette occasion. « Les outils digitaux nous ont permis d’accompagner le changement managérial », explique Servanne Richard.

Quid de l’administration ? Pour la responsable du département fiscal France, le lien avec le vérificateur a été maintenu. La DGE a d’ailleurs permis un allègement des procédures et un suivi proactif des dossiers.

Des prévisions sont-elles possibles en matière de fiscalité ?

Rien n’est certain. Quel est le plan de relance et comment sera-t-il financé ? Le taux de l’impôt sur les sociétés sera-t-il égal à 25 % en 2022 ? Va-t-on modifier la progressivité de l’IS d’ici 2022 ?

Avec la crise, de nombreuses sociétés vont être déficitaires. Il faut donc réfléchir à d’autres mécanismes. Quels sont-ils ? Les débats sont en cours concernant la troisième loi de finances rectificative. « Je pense que l’aménagement proposé pour le report en arrière des déficits est trop faible pour avoir un impact. Il peut cependant être un outil de relance intéressant, s’il est aménagé de manière plus profonde », explique Servanne Richard.

De nombreux fiscalistes attendent aussi des mesures quant aux impôts de production.

La digitalisation passe par le Cloud

Aujourd’hui, des solutions qui garantissent agilité et accès aux données sont indispensables au sein des entreprises. C’est le cas du Cloud qui permet un accès simple et rapide à l’ensemble des données, même lorsque les serveurs locaux sont saturés. Aucun paramétrage n’est nécessaire sur site, ce qui est un plus.

Que retenir de la fiscalité post-covid ?

La période est compliquée pour les équipes comptables et fiscales. Selon la responsable du département fiscal France du groupe Renault, il est indispensable de retrouver une énergie pour faire face aux incertitudes de demain. Cela peut passer par de nouvelles méthodes : « peut-être plus d’outils digitaux, plus de télétravail, etc. » 

« On espère des évolutions fiscales favorables au contribuable et à la reprise économique. On souhaite aussi une simplification des procédures, des déclarations et des nombreux dispositifs fiscaux », conclut Servanne Richard.

En bref :

  • Date de création : 1898
  • 5 marques : Renault, Dacia, Renault Samsung Motors, Alpine et LADA
  • Chiffre d’affaires 2019 : 55 537 M€
  • Nombre de véhicules vendus en 2019 : 3 753 723
  • Nombre de collaborateurs : 179 565

 

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