Secteur Public

Data : les nouveaux champs des possibles pour transformer sa collectivité

13 Sep 2019

Dans le cadre de la loi pour une République Numérique du 8 octobre 2016, les collectivités de plus de 3 500 habitants, et qui comptent plus de 50 agents ou salariés en équivalent temps plein (ETP), sont soumises depuis le 7 octobre dernier à l’obligation légale d’ouvrir au moins un jeu de leurs données publiques. Supervisée par la mission Etalab, rattachée aux services du Premier ministre, et du Service public de la donnée, la mise en œuvre de l’open data adresse un triple objectif : améliorer le fonctionnement démocratique, optimiser l’efficacité de l’action publique, et proposer de nouvelles ressources pour l'innovation économique et sociale. Un changement culturel profond pour les collectivités mais qui leur ouvre néanmoins de nombreuses perspectives d’innovation vis-à-vis des citoyens et de leurs agents.

Le partage des données publiques s’inscrit pleinement dans le programme de transformation numérique et de dématérialisation des processus du secteur public, Action Publique 2022. Une digitalisation des services qui s’opère néanmoins à deux vitesses selon la taille des collectivités.

En effet, l’ouverture des systèmes et le partage des données impliquent une profonde réorganisation interne. Toutefois, si les collectivités moins importantes tardent à mettre à disposition leurs données, elles peuvent s’appuyer sur les intercommunalités et sur les open data existantes sur la plateforme data.gouv.fr pour accélérer leur propre transformation !

Mutualiser pour mieux se transformer

Voilà le premier avantage de l’open data : la mutualisation ! Qu’il s’agisse des données, des compétences, des services ou des bonnes pratiques, l’open data va permettre à toutes les collectivités, quelle que soit leur taille, de disposer gratuitement des mêmes informations et de se référer à des outils existants pour proposer de nouveaux services aux citoyens. Un atout considérable car en 2020, un système d’évaluation des services publics sera mis à disposition des usagers pour « noter » la qualité des services proposés par leur collectivité.

Ainsi, sur les 4 510 collectivités territoriales concernées par la loi, seules 343 avaient ouvert un jeu de données publiques au 8 octobre dernier, soit à peine 8 % selon l’Observatoire opendata des territoires. Cependant, le nombre de ces collectivités a augmenté de 33 % en un an ouvrant ainsi le champ des possibles en termes d’innovation.

Ouvrir le champ des possibles

Par le large périmètre d’informations couvert, l’open data concerne la majorité des données échangées au sein de la collectivité, sauf les données personnelles soumises au RGPD et les informations relatives aux questions de sécurité. En conséquence, de multiples cas d’usages et exemples d’utilisation s’ouvrent aux collectivités. Des innovations dont chaque organisation peut s’inspirer et tirer profit pour, à leur tour, accélérer leur transformation et s’inscrire dans une logique d’amélioration continue, l’open data ayant vocation à être alimentée en permanence.

Pour les services départementaux d’incendie et de secours (SDIS), l’open data favorisera par exemple une meilleure coopération de l’ensemble des services et une efficacité optimale grâce au croisement des informations aussi bien au niveau départemental que national.

Pour les citoyens, c’est aussi la possibilité de bénéficier de nouveaux services au cœur d’une « smart city » ou d’un « territoire intelligent » à l’image de Angers Loire Métropole. Parmi les nouveaux usages numériques rendus possibles grâce à l’ouverture et au croisement des données publiques, il est possible d’envisager :

  • Le recensement de tous les « points frais » d’une ville sur une carte interactive en cas de canicule,
  • L’indication en temps réel des places de stationnement disponibles,
  • Une meilleure prévention concernant les risques de pollution,
  • L’identification des zones à risque en cas d’inondation,
  • L’état du trafic routier en temps réel,
  • Etc.

Toutes les infrastructures et services publics ainsi regroupés et partagés permettront de recouper des données issues de sources multiples pour fournir une information complète et en temps réel au citoyen. Une véritable valeur ajoutée pour la collectivité comme pour le citoyen à l’heure où plus de 80 % de la population française vit en zone urbaine !

La data, socle de la ville de demain

Occupation du territoire, mobilité, trafic routier, risques de pollution… S’il est encore un peu tôt pour tirer des conclusions quant à ses bénéfices réels, d’ici 10 à 15 ans, l’open data ouvrira des perspectives de pilotage jusqu’alors impossibles à obtenir sans le partage et le croisement des informations. Un pilotage extrêmement fin qui impose néanmoins une gouvernance bien ancrée au niveau de la collectivité et une infrastructure adaptée pour piloter la donnée de manière efficace et innovante.

En effet demain, le pilotage du territoire s’effectuera à tous les niveaux offrant la possibilité d’anticiper les flux de déplacement des populations par exemple, d’ajuster le Plan Local d’Urbanisme (PLU), de dessiner une ville nouvelle au plus près des besoins des citoyens… Mais pour les collectivités les moins importantes, c’est surtout l’opportunité de bénéficier de retours d’expériences, de créer des synergies au sein d’un même territoire avec des communes de même taille, et de se réorganiser en interne autour de la donnée pour répondre aux enjeux de transformation imposés par l’État et par leurs propres citoyens.

Par conséquent, elles doivent d’ores et déjà commencer à analyser, classer, trier et organiser leurs données en interne afin de les partager, mais également préparer l’intégration de ces données « ouvertes » dans leurs propres systèmes d’information, étape indispensable à leur transformation. Ensuite, l’État met gratuitement à leur disposition un ensemble d’outils et de jeux de données publiques pour bénéficier pleinement des avantages de l’open data.

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